lundi 20 novembre 2017| 35 riverains
 

La politique au secours du bar le Nouveau Carillon

Les gérants du Nouveau Carillon, un bar du 18e arrondissement de Paris, estiment avoir été victimes d’un contrôle policier « au faciès », en novembre 2009. Devant la menace de fermeture administrative de leur établissement, ils ont alerté Christophe Caresche, le député local (voir la vidéo), Daniel Vaillant, le maire et Ian Brossat, élu communiste du 18e.

Le contrôle remonte au 10 novembre 2009. À 1h45, trois policiers se présentent devant le bar le Nouveau Carillon, dans le 18e arrondissement de Paris. La gérante, Gitanjali Delrieux et une employée, Nacera Berrouba, ferment l’établissement. Les lumières sont éteintes. Les fonctionnaires souhaitent procéder à un contrôle de routine et, selon le témoignage du gérant, Pierre Delrieux, font entrer les deux femmes dans le bar.

Les policiers demandent alors à vérifier l’identité de Gitanjali Delrieux. Laquelle leur présente ses papiers. Selon plusieurs témoins, les hommes en uniforme raillent l’origine indienne de la jeune femme. Puis ils dressent plusieurs procès-verbaux concernant, en particulier des extincteurs qu’iles estiment périmés et l’heure tardive de fermeture du débit de boisson. « Je rappelle que le bar était initialement fermé à 1h45, explique Pierre Delrieux. Le contrôle de police en a finalement prolongé l’ouverture. »

Un médecin a délivré un arrêt de travail d’une semaine à Gitanjali Delrieux, victime d’un « choc psychologique ». Le gérant a déposé une plainte auprès de l’IGS (Inspection générale des services). Alerté par des associations locales, Christophe Caresche, député PS de la 18e circonscription, a saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité, avant d’écrire au Préfet de Police pour lui demander l’ouverture d’une enquête sur ce contrôle (voir la vidéo).

Le 11 janvier 2010, Ian Brossat, président du groupe communiste de Paris et élu du 18e, a lui aussi alerté le préfet : « Je veillerai à ce que la lumière soit entièrement faite dans cette affaire, » écrit l’élu. Daniel Vaillant, maire du 18e et Myriam El Khomri, élue de l’arrondissement et adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et de la tranquillité publique, avait été reçus par le commissaire du 18e dès le 18 décembre 2009. Il leur avait assuré suivre cette affaire « au plus près ».

Depuis, l’IGS a auditionné Gitanjali Delrieux. Onze témoins de la scène seront bientôt entendus. Les trois policiers seront aussi convoqués par leurs collègues de l’IGS. « L’affaire est prise au sérieux par les autorités, » estime la gérante. Qui s’inquiète pourtant : en effet, les procès-verbaux contestés pourraient entraîner la fermeture provisoire du Nouveau Carillon, avant même la conclusion de l’enquête. « Une telle mesure aurait des conséquences financières désastreuses, souligne Pierre Delrieux. Pourtant, nous n’avons rien à nous reprocher ! »

Partagez cet article:

7 commentaires
  • La politique au secours
    du bar le Nouveau Carillon
    19 janvier 2010 22:50, par BZHEG

    Décidemment, on se sent de plus en plus en sécurité dans notre beau pays ! La Police montre un visage plus en plus détestable, et s’étonne du peu de considération de la population. Par ailleurs, l’endroit est très sympathique ! Tout comme le reportage. Beau travail et bonne continuation.

    Répondre

    • La politique au secours
      du bar le Nouveau Carillon
      28 avril 2010 15:46, par Philippe Meunier

      Et personne ne s’étonne que dans ce restaurant "fermé depuis 1:45", à la porte duquel "il ne restait plus qu’à mettre le cadenas", on ait trouvé onze témoins des soi-disant insultes policières ?
      Je suis le premier à m’émouvoir lorsque les policiers se conduisent mal. Mais cette fois, le cas mérite une enquête un peu plus approfondie avant de conclure.

      Répondre

      • Oui en effet 11 témoins qui sortent du chapeau et un soit disant bar qui ferme à 1h45 alors que tout ceux qui habitent le quartier savent bien que le café est loin de fermer avant l’heure règlementaire.
        Etrange aussi la fin de l’article où la gérante s’inquiète des procès verbaux qui pourraient entrainer la fermeture de son établissement. N’est ce pas uniquement celà qui motive toute ses accusations de la gérante, pour éviter une fermeture qui rendrait surement du calme aux voisins.

        Répondre

        • La politique au secours
          du bar le Nouveau Carillon
          25 janvier 2011 12:57, par ed

          il n’y a pas 11 temoins sortis du chapeau !il y en a 4 qui ont entendu les propos racistes et 6 qui attestent que le bar etait ferme.il n’y a d’ailleurs pas de sujet a discussion puisque l’IGS et le procureur de la republique ont estime que la plainte de madame delrieux etait recevable.les policiers seront juges en avril 2011 pour leur attitude devant la 17eme chambre correctionnelle.le carillon n’a jamais ete condamne pour quelquonque nuisance sonore ou autre.bien au contraire a chaque fois que la police a tente de les incriminer,les gerants ont obtenu gain de cause !(controle urssaf abusif par exemple...)

          Répondre

  • La politique au secours du bar le Nouveau Carillon 31 octobre 2010 15:55, par KBL

    Tout à fait d’accord ! Une fermeture administrative ne ferait pas de mal à ce bar qui se croit au dessus des lois. Et nos élus n’ont-il pas mieux à faire que de "voler au secours" d’un bar de quartier dont les nuisances ne sont plus à prouver ?

    Répondre

  • La politique au secours du bar le Nouveau Carillon 26 septembre 2011 23:45, par badaboum

    au sujet de la nuisance sonore a abesse ou même de ce bistrot en question, vous êtes hors sujet...

    Répondre

  • Ca ne fera sûrement pas la une des journaux et pour cause :

    La 17ième chambre du TGI de Paris a rendu sa décision le 30 octobre 2012 :

    Pierre Delrieux et son épouse Gitanjali ont été déboutés de toutes leurs demandes.

    Le tribunal ne s’y est pas trompé. Toute cette affaire de soit disant " controle au faciès" a été montée de toute pièce pour échapper à une fermeture administrative d’un débit de boissons en infraction.

    Sur les 11 témoins qui avaient soigneusement pris le soin de remplir des attestations, jurant la main sur le coeur, qu’ils avaient tout vu, tout entendu, aucun ne s’est présenté aux audiences successives ( Tous souffrants, en déplacements......). C’est sûr qu’écrire un témoignage sous la dictée, et venir à la barre d’un tribunal le répéter......

    Gageons avec certitude que les articles de presse, les élus locaux, les associations qui abondaient largement dans le sens de Pierre et Gitanjali DELRIEUX, se feront l’écho de cette décision de justice. On n’en doute pas un instant !!!!

    Répondre


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes