mercredi 23 août 2017| 22 riverains
 

So Foot ou l'art du contre-pied

Né en 2002, So Foot est vendu à 50 000 exemplaires tous les mois.

Installée depuis plus de six mois dans le 18e arrondissement de Paris, la rédaction du magazine So Foot, consacré au ballon rond, figure parmi les plus professionnelles et insolentes de la presse écrite française. Son rédacteur en chef a répondu aux questions de dixhuitinfo. Interview.

Ils sont cachés au 13bis de la rue Versigny, dans le 18e arrondissement de Paris, à l’abri du bruit de la ville, dans un ancien parking réhabilité en bureaux. Mais ils sont bien là. Il suffit de descendre par un petit escalier en colimaçon, depuis le rez-de-chaussée. Un grand open-space en sous-sol (accessible aussi par une rampe de voitures !), des canapés en cuir style années 70. Ce n’est surement pas l’aspect d’une rédaction classique et pourtant vingt journalistes y travaillent depuis six mois. C’est la rédaction du magazine So Foot.

Créé en 2002, ce mensuel est devenu une référence dans le monde du football. Sa façon décalée et impertinente de traiter le milieu du ballon rond, comme un sujet sociologique plus qu’un simple sport, a bouleversé le journalisme sportif classique. Une ligne éditoriale et une philosophie qui charment désormais 50 000 lecteurs par mois, dont 10 000 abonnés. Aujourd’hui, So Foot c’est une affaire rentable. So Press, son éditeur, prévoit de lancer un magazine consacré au vélo, en juin 2011. Il devrait s’appeler Pédale.

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Stéphane Régy, rédacteur en chef : « Nous travaillons dans un quartier artistique et décontracté. » Photo : © Alexandre Pieroni.

Stéphane Régy, rédacteur en chef de So Foot, nous a ouvert les portes d’une rédaction très cool. Salariés (7), pigistes, stagiaires et patrons y travaillent les uns à côté des autres. Pas évident de les distinguer.

Dixhuitinfo - Pourquoi avoir décidé d’emménager dans le 18eme arrondissement ?
Stéphane Régy - La première raison est qu’une bonne partie de la rédaction habite dans le quartier (dont le directeur de la publication Franck Annese). La deuxième est qu’on était à la recherche d’une grande surface, atypique et charmante, en sous-sol, et le 18e est relativement riche de ce genre d’espace.

Depuis 6 mois vous êtes dans vos nouveaux locaux, quel a été l’accueil dans le quartier ?
Très bon. On aimait beaucoup aussi notre ancien quartier (Alésia dans 14e), mais ici, nous sommes moins isolés qu’avant. Dans cette partie du 18e, nous sommes entourés par plusieurs sociétés de Label de Musique ou de maisons de production. C’est un quartier artistique et décontracté.

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Wayne Rooney, footballeur, en couverture du numéro d’avril 2011.

Avez-vous vite trouvé des endroits sympas pour vous relaxer après le travail ?
Oui, très facilement. Le Village, le Diplomate ou La Timbale sont des bars très agréables dans le quartier. L’atmosphère est décalée dans ces lieux et les personnes qui y travaillent sont originaux et intéressants.

C’est important, pour une rédaction comme la vôtre, de s’implanter dans un quartier plein d’énergie comme le 18e ?
Un contexte dynamique est toujours fondamental pour nous, mais il est encore plus important de recréer cette énergie à l’intérieur de nos bureaux.

Justement, le magazine. Comment So Foot est-il venu au monde ?
C’est simple. On était un groupe de copains, tous passionnés par le foot, mais on n’avait pas de magazine qui nous représentait. Nous avons alors décidé d’en créer un nous-mêmes. Traiter le football comme un sujet de la vie de tous les jours. Raconter des histoires.

Un mensuel de 100 pages sur le foot sans aucun résultat ou statistique, c’est quand même étonnant…
On ne voulait pas justement faire comme les autres journaux, ce que nous trouvons insupportable. Les résumés de matchs, les classements de tous les championnats d’Europe, etc. Toutes ces informations, on peut maintenant les trouver facilement sur le Net. Libérés de cette obligation, nous pouvons nous consacrer d’avantage aux sujets qui nous intéressent. Notre philosophie est de nous faire plaisir, tout le reste est secondaire.

À ce propos, comment financez-vous autant de reportages à l’étranger ?
Le magazine va bien et une bonne partie de ce que l’on gagne, on le réinvestit dans des sujets foot autour du monde. Nous allons sur place : c’est une manière de pratiquer le journalisme à l’ancienne.

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Une vingtaine de journalistes travaillent à la rédaction de Soo Foot. Photo : © Alexandre Pieroni.

Quel est ton premier souvenir de foot ?
J’avais 5 ans, c’était pendant la Coupe du Monde de 1982. Mon grand père italien ne pouvait pas regarder les matchs car il risquait un infarctus. Du coup, la télé était éteinte quand l’Italie jouait, mais il n’arrêtait pas de se renseigner par téléphone sur le résultat des matchs, complètement surexcité. C’est à ce moment là que je me suis dit que le foot n’était pas qu’un simple sport.

Quelle est la chose que vous aimez dans le foot et celle qui vous énerve ?
J’aime beaucoup quand les joueurs perdent leur côté politiquement correct et qu’ils se laissent aller. Ils deviennent très drôles, parfois vulgaires et mal élevés, mais sincères, vivants. Zlatan Ibrahimovic, du Milan AC, est l’exemple d’un joueur qu’on aime bien.

La chose plus énervante est quand il y a une mode et que tout le monde y adhère, comme des moutons. Le mythe de Barcelone, de Guardiola, son entraîneur, par exemple. Tous adorent cette équipe et son jeu spectaculaire en ce moment. Moi je pense simplement que pour inscrire un but, il n’est pas toujours nécessaire de faire des dizaines de passes avant.

Quel personnage peut représenter So Foot à lui tout seul ?
Sans doute Maradona. Son côté gonflé, impertinent, comique, bouffon. Un vrai phénomène sociologique ! Tout ce qu’on aimerait traiter dans notre magazine est dans sa personnalité, sa vie. C’est le seul d’ailleurs à qui l’on a consacré un magazine entier (le N° 50).

Site Internet : www.sofoot.com

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