vendredi 22 août 2014| 53 riverains
 

L'Euro de foot 2012 avec les Portugais du 18e

Les fans de l’équipe de foot portugaise sont rassemblés devant le grand écran placé dans la grande salle.

Dixhuitinfo suit l’Euro de foot 2012 aux côtés d’une association sportive portugaise du 18e arrondissement de Paris, l’ACPAO 18, dont le siège est situé rue Championnet. C’est aussi un bar-restaurant traditionnel où se croisent plusieurs générations, en particulier lors des évènements sportifs où le Portugal est impliqué.

Dans ce bar appartenant à une association sportive portugaise, l’ACPAO 18 (*) (Associaçao Cultural Portuguesa Artes Oficios), on fait les choses simplement. Dehors, au 125 rue Championnet, dans le 18e arrondissement de Paris, pas d’enseigne, simplement une devanture peinte aux couleurs du Portugal, vert et rouge. À l’intérieur, aucune décoration ou presque, juste une étagère où paradent de nombreux trophées gagnés par l’ACPAO 18, le club de foot de l’association, créée en 1995 par les Portugais du quartier.

Un écran plat, ainsi qu’un vidéoprojecteur sont prêts à retransmettre le match de football, sous l’œil paternel du patron, José, qui a des faux airs de M. Propre tatoué. Il fait tourner le bar aidé par sa femme et sa fille. Ici, pas de Christian Jean-Pierre et de Bixente Lizarazu, les commentateurs de TF1, mais la chaîne portugaise TvSport1, où les commentaires sont en portugais, évidemment. Une heure avant le début du match, les supporters commencent à affluer dans la vaste salle. On s’affronte déja au baby-foot. À peine la partie terminée, on remet une autre pièce. Avant de pousser la balle en jeu, on la tape sur le rebord du terrain. Une superstition locale que chacun prend très au sérieux.

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José, le patron de l’association portugaise, tient le bar avec sa femme et sa fille.

« Cartao amarelo »

20h45, 9 juin 2012 : début du premier match du Portugal. Son adversaire, l’Allemagne, commence fort, mais cela ne dure pas et les deux équipes font une première mi-temps frileuse. « Vers l’avant les gars ! » supplie un spectateur exaspéré. Les joueurs l’ont entendu : un défenseur portugais place une frappe qui ricoche sur la barre transversale avant de rebondir sur la ligne de but. Tout le monde se lève et hurle, mais la joie est de courte durée. L’arbitre ne valide pas le but, le jeu continue. « Elle est rentrée, j’en suis sûr ! » proteste un ancien. À la télé, le ralenti prouve que non. « Au temps pour moi », marmonne-t-il en se rasseyant. À la mi-temps, certains font une pause clope, d’autres restent devant la télé, l’air anxieux.

La deuxième mi-temps est terminée, le match reprend. Le Portugal se réveille : à la 51ème minute, Cristiano Ronaldo, le joueur préféré des supporters, déborde un adversaire et centre. Mais le ballon ne trouve personne. Le match s’emballe, les duels aussi. Un joueur allemand commet une grosse faute. « Cartao Amarelo ! » (carton jaune) s’écrie un habitué. Dans la minute qui suit, l’Allemagne ouvre le score. « Qu’est-ce qu’ils foutent les deux défenseurs. Il faut qu’ils sautent ! » s’écrie un jeune. Le bar redescend sur Terre. Le match est perdu. Fatalistes, les Portugais du 18e se consolent avec une dernière partie de baby-foot enfiévrée. José résume en comptant les occasions perdues : « On aurait pu gagner. »

Quatre jours plus tard, le 13 juin 2012, le Portugal affronte le Danemark. Le match commence à 18h, le bar est pourtant plein. Mais la clientèle est moins jeune. Pour patienter, on ne joue plus au baby foot, mais on bat les cartes. Quand le match commence, toutes les activités s’arrêtent. On tire des chaises, on se place un peu n’importe où du moment que l’écran soit bien visible. Et comme d’habitude, les clients commentent. Ils n’hésitent pas à insulter leur propre équipe lorsque celle-ci joue mal ou lorsqu’un joueur reste au sol : « Caralho ! Joga ! » (traduisible par : « Connard ! Joue !).

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L’Associaçao cultural portuguesa artes oficios est située au 125 rue Championnet.

Manuel, 52 ans, s’inquiète. Après avoir perdu le premier match, le Portugal fait un début de match petit bras. « J’ai horreur de ça », râle t-il. Mais soudain, but du Portugal ! Puis un deuxième. C’est l’euphorie. Mais l’ambiance est vite refroidie quand le Danemark réduit le score juste avant la mi-temps. À la reprise, l’équipe portugaise craque, les Danois égalisent. Trois minutes avant la fin du match, nouveau coup de théâtre, le Portugal reprend l’avantage.

Le niveau des décibels explose. Un gamin se bouche les oreilles. Danilo, 34 ans, restaurateur et ancien joueur de l’ACPAO 18, relativise : « Il nous reste le match contre les Pays-Bas, qui ont mal commencé (2 défaites), mais peuvent avoir un sursaut d’orgueil. Je compte sur Cristiano Ronaldo pour enfin nous faire un grand match. » L’avenir des joueurs portugais se jouera dimanche 17 juin.

(*) L’ACPAO a été créée en 1995, afin de réunir les Portugais du quartier Championnet dans le 18e arrondissement, pour créer une équipe de foot. Quinze ans et une centaine de membres plus tard, le SL Benfica, club mythique de Lisbonne, envisage de créer une école de jeunes dans le quartier.

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