jeudi 30 mars 2017| 36 riverains
 

Chloé, la vie comme sur des roulettes

Chloé Seyrès pose devant le mur de tags rue Ordener, non loin de chez elle.

Championne internationale de roller freestyle et joueuse de rollerderby, un sport américain peu connu, Chloé Seyrès vit dans le 18e arrondissement de Paris. La jeune femme raconte sa vie, ses passions, la musique en particulier. Portrait.

Qui peut imaginer que dans le 18e arrondissement de Paris, rue Marcadet, vit une championne de roller freestyle et joueuse de rollerderby ? La porte s’ouvre sur un « bonjour » chaleureux. Cheveux courts, t-shirt noir, jeans et baskets aux pieds, Chloé Seyrès, 26 ans et un palmarès surprenant, déborde d’énergie dès le matin. Chloé joue dans la ligue de rollerderby des Paris Roller Girls (PRG). Avant de devenir une PRG, elle a été trois fois championne d’Europe et quatre fois championne du Monde en roller freestyle, discipline qu’elle a mise entre parenthèses, pour se consacrer entièrement au rollerderby.

Le rollerderby naît aux Etats-Unis dans les années trente. Il mélange le roller, la compétition et le contact. Il se joue sur un track (piste circulaire). Deux équipes de cinq joueuses chacune s’affrontent. Une des filles est jammeuse (la plus rapide d’entre elles, c’est le cas de Chloé), les quatre autres sont bloqueuses. Leur rôle est d’empêcher la jammeuse de l’équipe adverse de passer entre elles. La jammeuse marque des points dès qu’elle dépasse les bloqueuses adverses. Les règles sont strictes.

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Chloé Seyrès lors d’une compétition de rollerderby.

Au milieu des cartons de déménagements dispersés dans son salon, Chloé confie qu’elle va bientôt quitter le 18e où elle vit depuis deux ans. Elle retourne à Bordeaux sa ville natale, première étape avant de partir vivre à Berlin, en Allemagne. « Dans le 18e, c’est surtout nos amis qui vont nous manquer », souligne-t-elle. Elle s’y est installée, d’abord séduite par les prix attractifs de l’immobilier dans le quartier. Ensuite son appartement se situe près du métro Marcadet-Poissonniers. « Ici c’est à échelle humaine, explique la jeune femme. On peut facilement aller les uns chez les autres. De nombreux amis du rollerderby vivent dans cet arrondissement, Sailor Blood ou Watzé par exemple. »

Ces noms sont en réalité des surnoms. Au rollerderby, chacun possède le sien. Celui de Chloé est Kozmic Bruise, en hommage à sa chanteuse préférée Janis Joplin, interprète, en 1969, d’un titre intitulé Kozmic Blues. Quant à son numéro de dossard, le B612, il se réfère au numéro de la planète du Petit Prince de Saint-Exupéry. Loin du stéréotype du sportif inculte, Chloé est chercheuse en linguistique comparée français/anglais de formation. Passionnée de musique, elle a suivi une formation musicale au conservatoire pendant son adolescence. Depuis l’âge de 14 ans, Chloé écrit des chansons. En 2005, elle rejoint Akouphen, un groupe créé par un de ses amis bordelais.

Paris Roller Girls_Compil 2012 from Marie Coquand on Vimeo.

Concentrée sur le rollerderby, Chloé n’a plus vraiment le temps de chanter. Plus qu’une passion, le roller tient depuis longtemps une place essentielle dans son existence. À peine sait-elle marcher qu’elle chausse très vite des patins à roulettes. En parallèle, comme toute petite fille, elle apprend la danse classique. À l’adolescence, elle découvre le slalom dans la rue. Ce sport urbain est plus libre, « moins cadré ». « Le slalom et le roller freestyle sont un art au même titre que la danse, explique-t-elle. On crée une chorégraphie, on doit se dépasser. »

La championne a toujours su lier ses passions : danse classique, freestyle, rollerdance, sont des activités « artistiques » où la musique est toujours présente. Certes, le rollerderby n’entre pas dans cette catégorie : c’est un sport d’équipe où la musique n’est pas déterminante. « Mais il me permet de mettre à profit toutes les techniques acquises en danse et dans la rue, dextérité et souplesse en particulier », souligne Chloé. Malgré son déménagement, elle compte finir la saison avec les PRG, quand bien même elle regrette l’absence d’une salle pour pratiquer son sport dans le 18e.

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