vendredi 20 octobre 2017| 17 riverains
 

Un mur qui tombe mal

Un pan de mur d’une vingtaine de mètres de long s’est effondré, jeudi 23 décembre, sur le talus qui borde les Jardins du Ruisseau, dans le 18e arrondissement de Paris. Pas de blessés, mais une grosse frayeur pour un riverain dont la maison jouxte le sinistre. A qui la faute ? Début de polémique.

Au réveil, Jean-Louis Paquet était aux premières loges : le pignon nord de sa maison de la rue du Ruisseau, dans le 18e arrondissement de Paris, était au bord d’un trou. Une vingtaine de mètres du mur qui délimitait sa propriété des voies ferrées de la petite ceinture, propriété de Réseau Ferré de France (RFF), avait disparu au cœur de la nuit. À la place, un trou béant, profond de 10 mètres. Et des tonnes de gravats projetés en contrebas, sur le talus qui borde les jardins du Ruisseau, l’association qui occupe cette portion de voie ferrée au profit de jardins pédagogiques. Régulièrement fréquentés par les habitants du coin, les jardins sont fermés la nuit.

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La maison de Jean-Louis Paquet est situé à moins d’un mètre du trou.

Nul passant, nul riverain surpris dans son sommeil, personne n’a été blessée. Mais Jean-Louis Paquet s’interroge : « Je vis dans cette maison depuis 1992, c’est dangereux désormais ? J’ai contacté mon assurance pour qu’une expertise soit menée afin de déterminer si je cours un risque. RFF va installer une palissade provisoire. La valeur de ma maison va baisser. » Sans parler d’une certaine dose de stress : vivre au bord d’un tel trou fait quand même froid dans le dos.

Alors pourquoi ce mur, érigé en même temps que les voies ferrées de la petite ceinture, voilà 150 ans, a-t-il brutalement cédé ? D’un premier coup d’œil, il ne semble pas en très bon état, en témoigne sa partie intacte. Ces dernières semaines, les intempéries ont pu le rendre instable. Jean-Louis Paquet pense autrement : « C’est la faute aux Jardins du Ruisseau. Dès le début de leur installation, en 2004, ils ont jardiné et arrosé le talus qui supporte le mur. Les infiltrations d’eau, le travail de la terre, ont rendu le talus instable. Il s’est écroulé. »

Jean-Jacques Anding, ancien administrateur des Jardins du Ruisseau, partage ce point de vue. « L’association a cessé d’occuper les talus en 2009. Sous la pression d’un courrier de la mairie de Paris (qui loue l’espace de 780 m2 à RFF) lui rappelant que la convention la liant à la Ville ne comprenait pas la gestion de ces fameux talus. » Dans sa lettre, la mairie affirme leur caractère « pentu » et « dangereux d’accès pour le public. » « De plus, poursuit la Ville, les talus sont surplombés d’arches et de murs de pierre plutôt anciens et le fait de cultiver dans cette zone tendrait à fragiliser la structure. »

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Pour Denis Loubaton, président des Jardins du Ruisseau, c’est le mur qui s’est écroulé. Pas le talus.
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« Depuis les recommandations de la mairie, nous n’occupons plus les talus, souligne Denis Loubaton, président de l’association Les amis des jardins du ruisseau. Ils n’ont pas bougé, c’est le mur qui est en cause. Il était fragile et penchait dangereusement. » À l’appui, Denis Loubaton produit le rapport d’une expertise menée par un assureur en août 2009. Lequel indique que « le mur de clôture de RFF présente toujours sur une portion un basculement important, préoccupant à terme ». Et de préciser : « Le début de ce basculement peut-être daté de 1992, alors que l’association occupe les lieux depuis 2004. »

Les relations entre les différents protagonistes de cette affaire sont tendues. Et seul un chat, sur la dizaine qui occupent régulièrement les lieux, a fait les frais de l’incident. Jeudi soir, le matou, probablement enseveli sous les gravats, était porté disparu par l’association chargée de gérer localement la vie sauvage de ces animaux domestiques. Les jardins du Ruisseau sont fermés jusqu’à nouvel ordre. « Je souhaite que ce mur soit rapidement réparé, espère Denis Loubaton. Nous devons pouvoir accueillir le public dans des conditions de sécurité maximales. »

Lire aussi sur le site : Trois ruches et trois essaims dans les jardins du Ruisseau.

Où ça se passe:

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3 commentaires
  • Un mur qui tombe mal 26 décembre 2010 12:33, par Isabelle Radenac

    Avec quelques amis, il y a quelques temps, nous avions à cet emplacement un petit lopin de terre baptisé ’Tralalère, le ver de terre’ qui était en friche au départ.
    Nous l’avons très peu occupé puisque la mairie a demandé rapidement de stopper l’occupation des talus.

    Les jardins du Ruisseau sont un lieu où l’on peut se ressourcer à deux pas du tumulte des puces.
    Vivre à proximité doit être fort agréable.
    J’espère que tout s’arrangera au mieux entre l’association et les riverains pour la sécurité de tous et la bonne entente.

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  • Un mur qui tombe mal 12 janvier 2011 16:13, par Collectif des riverains

    Début décembre, j’avais visité le lieu en compagnie de mme Pelissier présidente de l’ADDM sur une invitation de m Denis Loubaton auquel nous avions demandé une présentation du rucher du ruisseau. J’avais immédiatement remarqué le délabrement avancé (voire inquiétant) des contreforts de ce mur et fait part de cette observation à m Denis Loubaton. C’était un jour de froid vif, mais avant les intempéries. Cet effondrement était donc prévisible.
    Souhaitons que cet incident survenu malheureusement au moment où RFF et la Ville de Paris négocient la reconduction du bail n’aura pas d’incidence sur la pérennité de ce beau projet.

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    • Un mur qui tombe mal 20 janvier 2011 15:15, par Annabel Dathur

      À collectif de riverains
      Votre témoignage est sidérant. M. Loubaton a bien vu que le mur risquait de tomber ("inquiétant", "prévisible"). Et , au lieu de fermer le jardin, il a quand même organisé un goûter de noël pour des enfants le dimanche 19 décembre, soit 4 jours avant que le mur s’écroule !!
      C’est vraiment plus que de l’inconscience. Heureusement qu’on n’est pas venus avec les petits……
      Je sais qu’il y a eu un chat tué.
      Nous espérons des gens plus responsables pour la suite, sinon on ne viendra plus jamais.

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