samedi 21 octobre 2017| 16 riverains
 

Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs

La rue Dejean. Symboliquement, l’association La vie Dejean organise une opération carton, lundi 12 mai, devant la mairie, avant le conseil d’arrondissement.

L’association La vie Dejean a déposé un recours administratif préalable auprès de la préfecture et de la mairie de Paris, afin de les pousser à agir contre les nuisances générées par les vendeurs à la sauvette qui envahissent la rue Dejean et alentours. Un rassemblement est prévu devant la mairie du 18e arrondissement, lundi 12 mai, avant le conseil d’arrondissement.

Article actualisé samedi 10 mai - 17h00.

« Vivre normalement dans des rues ordinaires. » Voilà ce que veulent des riverains et commerçants des rues Dejean et avoisinantes (rue Poulet, des Poissonniers, de Panama...), à deux pas de la station de métro Château-Rouge, dans le 18e arrondissement de Paris. Ils se sont regroupés en association, La vie Dejean, créée fin 2013, afin de pousser les pouvoirs publics à traiter le problème des vendeurs à la sauvette, et des nuisances qu’ils génèrent.

Ces rues de la Goutte d’or, situées dans la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) mise en place en septembre 2012, sont envahies chaque jour par des étals illégaux, installés sur des cartons ou des palettes, où sont écoulés divers produits (bijoux, habits, aliments, jouets, etc.) « On y trouve aussi des portables volés », explique Yveline Piarroux, secrétaire de l’association.

Marché illégal

Pour les habitants de ces rues, et surtout ceux de la rue Dejean, la situation provoquée par ce marché illégal est devenue invivable : difficulté de circuler, immondices abandonnés sur place le soir (cartons, sacs plastiques, déchets alimentaires), nuisances sonores, mais aussi agressivité des vendeurs envers les habitants, et fréquentes bagarres entre eux pour des questions de territoires.

« Beaucoup d’argent circule, avec ce que cela implique, affirme Yveline Parrioux. Le climat est très tendu, une dame a même récemment jeté de l’acide depuis sa fenêtre. » Si les policiers viennent régulièrement les chasser, les vendeurs reviennent systématiquement et rapidement, dans un perpétuel jeu du chat et de la souris. « Nous aimons ces rues, mais nous en avons honte, aujourd’hui. Cela devient difficile voire impossible d’y faire venir nos amis », regrette Yveline Parrioux.

Recours administratif préalable

Cette situation est connue depuis longtemps. Pétitions et réunions successives n’ont rien changé. L’association a donc décidé de hausser le ton et de déposer, en mars 2014, avec l’aide de deux avocats, un recours administratif préalable auprès de la préfecture et de la mairie de Paris. Objectif : obtenir de la première de faire respecter le droit à la libre circulation, et de la seconde d’assurer le droit à l’hygiène publique.

« Si ni la mairie, ni la préfecture de police ne répondent favorablement à nos demandes (à savoir mettre un terme à l’occupation illicite de l’espace public par les vendeurs à la sauvette et assurer le nettoyage de nos rues de façon satisfaisante, et de façon durable), alors cette action sera poursuivie par un recours auprès du tribunal Administratif », précise l’association.

Opération cartons

La vie Dejean réclame 20 000 euros de dommages et intérêts à chaque administration, au titre de l’indemnisation du préjudice moral de l’Association. « C’est la plainte qui impose de demander des réparations, mais nous ne faisons pas ça pour l’argent du tout. Nous voulons des actes, avant tout », précise Yveline Parrioux. Une conciliation, comme c’est la règle dans ce genre de plainte, devrait avoir lieu en juin 2014.

En attendant cette échéance, l’association, une centaine d’adhérents à ce jour, souhaite se rappeler bruyamment au bon souvenir des pouvoirs publics. Lundi 12 mai 2014, à l’occasion du deuxième conseil d’arrondissement de la nouvelle mandature, une « opération cartons » est organisée, à 18 heures devant la mairie du 18e, place Jules Joffrin.

« Nous allons les harceler »

Les adhérents de l’association et toutes les personnes concernées sont invités à amener des cartons, symbolisant les nuisances vécues. Une première opération avait déjà été organisée en décembre. Une réunion organisée ensuite avec la mairie et le commissaire de police de l’arrondissement n’avait rien donné. « Nous allons les harceler », menace Yveline Piarroux. Qui réfute toute étiquette ou volonté de stigmatiser.

« Nous sommes apolitiques, et nous n’avons rien contre personne, ni aucune communauté, ni aucun type de commerce légal, poursuit la secrétaire de l’association. Nous savons très bien où nous vivons, nous avons choisi de nous installer ici pour beaucoup d’entre nous, et nous aimons ce quartier, notamment pour sa diversité. Mais nous en avons assez de ce qui se passe. C’est tout. »

Où ça se passe:

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9 commentaires
  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 20 mai 2014 00:24, par flower

    Bonjour,
    nous, riverains du boulevard de la Chapelle au dessus des voies ferrées de la gare du nord, pourrions dire exactement la même chose que les riverains de la rue Dejean. Il va falloir que nous aussi, nous nous constituions en association....Quel sentiment d’impuissance dans ce que je croyais être un pays de droit !

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 22 mai 2014 15:42, par marionP

    On peut comprendre l’agacement des riverains !!!

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 1er juillet 2014 16:10, par tang

    "et nous aimons ce quartier, notamment pour sa diversité."

    Faudrait savoir,non ?

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 3 juillet 2014 22:52, par marionP

    Aimer la diversité ne veut pas dire accepter n’importe quoi en bas de chez soi !

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 3 juillet 2014 22:53, par marionP

    Qu’attendez vous pour vous bouger ?

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 21 juillet 2015 18:58, par Voisins des Puces

    La rue Dejean n’est malheureusement pas la seule à être victime de la vente à la sauvette. Nous avons un marché sauvage qui s’installe 4 jours par semaine à la Porte Montmartre, 18e. Les milliers de personnes présentes génèrent 2 tonnes de détritus (uniquement enlevées le mardi) et 470 litres d’urine qui finissent sur nos murs. Les conséquences pour les habitants et la vie économique sont épouvantables (des photos et vidéos incroyables peuvent être vues sur notre page Facebook "Voisins des Puces" https://www.facebook.com/voisinsdespuces ).
    Le maire du 18e, refuse de nous recevoir et n’a engagé aucune action pour revenir à une situation normale. C’est une question d’égalité entre Parisiens : pourquoi une telle pollution de l’espace public est acceptable à la Porte Montmartre ou à Château Rouge, alors qu’elle ne serait pas tolérée une poignée d’heures Place des Vosges ou à la Concorde ?

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 31 mars 2016 02:17, par aurelien

    En effet il y a un problème dans le 18e,moi j’habite a coté du métro La Chapelle depuis 20 ans et je m aperçois que ce quartier devient invivable et dangereux,ce soir une amie s’est fait voler son portable a l’entré du métro.Je veux signaler que les deux petits squares en face le métro sont fermés !(je veux voir des enfants pas des voleurs)

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 9 avril 2016 00:23, par goldo

    je travaille rue Pajol et fréquente la station la chapelle régulièrement et effectivement ce quartier est crade et envahi de vendeurs à la sauvette. J’habite saint Denis et quand je passe là je me dis mais qu’est ce que j’ai fais pour me trouver dans des quartiers ou des villes pourries. la chapelle saint Denis sont jumelles par ce qui s’y passe.
    Pourquoi, parce que on entasse toute la misère du monde sur seulement certains secteurs.

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  • Les riverains de la rue Dejean à bout de nerfs 26 mai 2016 03:17, par Kanku

    La gentrification désigne une forme particulière d’embourgeoisement qui concerne les quartiers populaires et passe par la transformation de l’habitat, voire de l’espace public et des commerces. Cette notion s’insère dans le champ de la s sociale et implique un changement dans la division sociale de l’espace intra-urbain, qui passe aussi par sa transformation physique.À l’origine, gentrification est un néologisme anglais inventé en 1964 par Ruth Glass, sociologue marxiste, à propos de Londres. Le mot est composé à partir de gentry, terme qui renvoie à la petit noblesse terrienne en Angleterre, mais aussi, plus généralement, à la bonne société, aux gens bien nés, dans un sens péjoratif. Ce nouveau mot a donc à l’origine un sens critique par rapport au processus qu’il désigne. À Londres dans les années 1960, il s’agissait de la réhabilitation de l’habitat ancien populaire à travers son appropriation par des ménages aisés, en particulier dans le district d’Islington, au nord de la City.
    Ce n’est que dans les années 1970-1980 que la notion est reprise par des chercheurs anglais et nord-américains, principalement géographes, qui théorisent la notion. La gentrification est reconnue comme une bifurcation dans l’évolution sociale des quartiers centraux dégradés des grandes villes, à rebours des modèles d’écologie urbaine de l’École de Chicago. On parle alors de « retour au « centre » » des classes aisées, même s’il s’avère qu’il s’agit plutôt d’un non départ en banlieue que d’un véritable retour. Dans les années 1980-1990, les débats sont vifs et portent principalement sur les causes de ce processus : Neil Smith soutient que la gentrification est d’abord liée à un réinvestissement du centre par les pouvoirs publics et les acteurs privés de l’immobilier, produisant une nouvelle offre de logements haut de gamme dans les anciens quartiers populaires ; au contraire, David Ley, l’explique principalement par les choix individuels des ménages gentrifieurs, issus d’une nouvelle classe moyenne qui se caractérise par de nouveaux choix résidentiels....

    En réalité vous êtes des petits bourgeois qui viennent s’installer dans des quartiers populaires pour leur diversité , leur multiculturalisme etc... mais qui les transforment très vite en quartier insipide sans odeur et sans saveur. En vérité ce que vous souhaitez, c’est réinvestir votre quartier, votre ville, votre pays. C’est légitime j’en conviens. Mais à ce moment là appelez un chat un chat, et dites simplement que vous souhaitez que le quartier change de VISAGE. Il n’y a pas que les vendeurs à la sauvette qui vous dérangent. J’habite de l’autre côté du boulevard, je suis d’origine congolaise, et pour rien au monde j’irai habiter au dessus du marché Dejean. Vous n’avez qu’a faire comme moi. Aller loger dans un endroit plus calme, et laisser les commerçants de Dejean tranquilles. On a pas tous envie de voir la rue Montorgueil debarquer ici. A bon entendeur ! NM

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