jeudi 25 mai 2017| 23 riverains
 

Les associations de la Goutte d'Or manquent de subventions

Les associations, au premier rang desquelles figurent les centres sociaux associatifs, sont en danger. Confrontées au désengagement de l’Etat en matière de financement, elles craignent, dans la Goutte d’Or, comme ailleurs, de manquer de moyens pour assumer leurs missions dans de bonnes conditions. Une manifestation est organisée mercredi 29 avril 2009, dans le 11e arrondissement de Paris.

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Un millier d’usagers, toutes générations confondues, suivent régulièrement les activités menées par l’association Accueil Goutte d’Or.

Accueil Goutte d’Or (AGO) regarde grandir le quartier depuis 30 ans. Le siège de l’association est situé rue des Gardes, à deux pas du square Léon, dans le 18e arrondissement de Paris. C’est une boutique aux murs bleu ciel et aux larges vitrines ouvertes sur la rue. Agréé centre social par la CAF (Caisse d’allocations familiales) depuis 2001, Accueil Goutte d’Or s’adresse à tous les habitants du quartier. Chaque année, 2500 d’entre eux poussent la porte d’entrée. Ils viennent quérir un renseignement administratif, s’inquiéter de l’orientation professionnelle du petit dernier, ou souffler entre deux expulsions : AGO est un lieu d’écoute et d’entraide.

Un millier d’usagers, toutes générations confondues, suivent régulièrement les activités menées par l’association. Permanence sociale, ateliers d’alphabétisation, plus particulièrement destinés aux femmes, accompagnement à la scolarité, halte-garderie, groupe de parents, activités culturelles, aides aux vacances, accompagnement des allocataires du RMI : une centaine de bénévoles (formés par le centre social) et 14 salariés œuvrent à l’insertion sociale et professionnelle des habitants de la Goutte d’Or, ainsi qu’au développement global du quartier.

À l’image des 29 centres sociaux parisiens associatifs, et comme la quasi-totalité des associations dont l’utilité sociale est avérée, le fonctionnement d’AGO repose presque exclusivement sur des financements publics. Or, les choix et les orientations du gouvernement en matière de financement des associations, inquiètent ses responsables. « Nous sommes dans le flou, souligne Christine Ledésert, directrice d’Accueil Goutte d’Or. Sous prétexte de redistribution des cartes en matière de politiques publiques, l’Etat se retire progressivement du financement des associations. »

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Les choix et les orientations du gouvernement en matière de financement des associations, inquiètent leurs responsables.

Le cas de l’Acsé est exemplaire. L’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, vise à financer toutes les actions en faveur de l’intégration des étrangers et de leur famille et favorise la lutte contre les discriminations. « Mais, à compter de 2009, les missions de l’Acsé concernant l’intégration des immigrés, dépendront de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du Ministère de l’Immigration, explique Christine Ledésert. Au passage, le budget de l’intégration sera amputé de 20 %. Les associations ne savent pas encore comment cette baisse sera répercutée sur leurs financements. Nous risquons de ne plus pouvoir assurer, par exemple, l’apprentissage linguistique, indispensable à l’intégration des femmes dans le quartier. C’est absurde. Une telle décision témoigne d’une méconnaissance totale de la réalité de l’immigration. »

« Mais AGO n’est pas l’association la plus à plaindre, admet Christine Ledésert. L’équipe d’Ados, par exemple, est passée de 8 à 4 salariés. Si l’association fermait, 300 jeunes n’auraient plus de structure de loisirs. » Et ainsi de suite pour la trentaine d’associations recensées dans la Goutte d’Or. La Ligue des Droits de l’Homme s’est inquiétée de la situation et a pris contact, à l’automne 2008, avec « Associations en danger Paris ». Il s’agit d’un collectif d’associations parti en 2002 de la Goutte d’Or et du 11e arrondissement de Paris. Il regroupe aujourd’hui une cinquantaine d’associations parisiennes et d’Ile de France, dont la Fédération Parisienne des Centres Sociaux. C’est ainsi que « Associations en danger, national » est né, regroupant plus d’une centaine d’associations. Ces collectifs ont multiplié les rencontres avec les élus et avec l’Acsé pour faire entendre leurs inquiétudes.

La mobilisation s’est traduite, le 4 avril 2009, par une journée d’action, à l’initiative des centres sociaux. Conduite dans les quartiers où sont implantés les 27 centres sociaux parisiens partenaires, la manifestation a rassemblé 5000 personnes. Près de 140 associations et syndicats ont soutenu l’initiative. Des pétitions ont circulé, des films ont été réalisés. Les réactions des habitants ont été recueillies. Pour enfoncer le clou, les centres sociaux ont décidé de présenter une restitution de tous ces témoignages aux élus, mercredi 29 avril, à la Maison des métallos, dans le 11e arrondissement. « Si une association ferme faute de moyens, prévient Christine Ledésert, l’effet boule-de-neige sera terrible. »

Et si on arrêtait tout…
Restitution publique de la journée de mobilisation des centres sociaux associatifs parisiens du 4 avril 2009.
Mercredi 29 avril 2009, 15h à 18h, à la Maison des métallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris. M° Couronnes ou Parmentier.

www.centres-sociaux-paris.org
www.ago.asso.fr
www.sallesaintbruno.org

Paroles d’habitants
Ces lignes ont été rédigées par des habitants de la Goutte d’Or lors de la manifestation du 4 avril 2009.

« C’est très important pour nous les pauvres, les étrangers ; si on a un problème, on va dans les assos. »
« Pour faire des choses toute seule. »
« Ne laissez pas les quartiers devenir inhumains. Non à un Paris pour touristes et oui à un Paris vivant, humain, avec de l’aide et des entraides pour tous ses habitants. »
« On trouve des milliards pour les banques, les patrons et les parachutes dorés et pas quelques miettes pour que les associations survivent. J’ai honte de ce gouvernement. »
« Les jeunes deviendront quoi dans cette vie très dure que nous traversons ? Nous les jeunes du quartier, on demande un peu de tolérance. » « Si vous arrêtez de subventionner les associations, vous condamnez le quartier. »

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