lundi 25 septembre 2017| 163 riverains
 

Le Carré Versigny veut un quartier à son image

De gauche à droite, Stevy Lefranc, secrétaire général du Carré Versigny, Michel, Sarah et Lise, membres de l’association.

L’association Le Carré Versigny entend réveiller la vie de quartier entre Simplon et Jules Joffrin, dans le 18e arrondissement de Paris. Sous cette même bannière, habitants et commerçants veulent aussi dynamiser le commerce et débarrasser le quartier de ses nuisances.

Faire de la rue Joseph Dijon, à proximité du métro Simplon, « une deuxième rue du Poteau », animée et commerçante, c’est l’ambition affichée par Le Carré Versigny. Cette jeune association du 18e arrondissement de Paris a ouvert cet automne sa page Facebook et revendique une centaine d’adhérents parmi les riverains d’un périmètre délimité par la rue Ordener, la rue du Poteau et le boulevard Ornano.

« L’association est née du constat simple qu’il n’y a pas suffisamment de liens entre les commerces et les habitants du quartier, explique Stevy Lefranc, son secrétaire général. Alors qu’il y a un vrai potentiel et que l’attente est grande. » Ce trentenaire, père de famille et propriétaire récent dans le secteur, raconte avoir lancé l’initiative au gré de discussions renouvelées avec un voisin, patron de deux restaurants situés respectivement rue Duhesme et rue Joseph Dijon.

« Animer, au bon sens du terme »

Performances musicales sur les trottoirs les dimanches midis, apéros thématiques les jeudis soirs dans un nouveau bar à la mode du quartier, événements festifs au rythme du calendrier (défilé de Pères Noël, opération galettes des rois, carnaval…) et brocantes : tels sont les rendez-vous que l’association a commencé à programmer et qu’elle compte installer pleinement en 2014. « Il s’agit de mettre de la vie, sans créer de nuisances. D’animer, au bon sens du terme », commente Stevy Lefranc.

L’association poursuit un autre objectif. Celui de relayer auprès des pouvoirs publics les problèmes d’insécurité qui gangrènent selon elle la rue Joseph Dijon, « point noir du quartier ». Carré Versigny dresse la longue liste des doléances : prostitution, « nuisances intolérables », liés à « certains commerces », trafic de drogue, squats, « violence et délinquance », malpropreté.

« Recréer une dynamique de village »

Armée d’un gros dossier nourri de documents accumulés au fil du temps par des riverains (courriers adressés aux autorités, photos), Carré Versigny compte se faire entendre, en pleine campagne électorale, par les élus de l’arrondissement. Une première rencontre a déjà eu lieu lors d’un « apéros des voisins » avec Eric Lejoindre, premier adjoint et candidat à la succession de Daniel Vaillant. Le candidat UMP Pierre-Yves Bournazel a de son côté arboré manteau rouge et barbe blanche pour se glisser dans le défilé des Pères Noël organisé par l’association avant les fêtes de fin d’année.

Parmi les adhérentes de la première heure, Lise, qui a acheté son appartement rue Joseph Dijon il y a quinze ans, explique sa déception de voir « un quartier qui devait ressembler aux Abbesses et au bon Montmartre et qui finalement ressemble à Barbès ». « Dépitée », elle redoute que son logement perde de sa valeur à la revente. Sarah, propriétaire d’une boutique de bijoux et accessoires rue Hermel, se plaint de son côté de ne pas bénéficier des illuminations de Noël et de faire partie des « laissés pour compte ». « Ici, on n’a ni les touristes de Montmartre, ni les visiteurs des puces de Saint-Ouen, explique la jeune commerçante. Les magasins sont laissés à l’abandon, pas jolis. Il y a un potentiel de clients, mais pas assez d’offre. Pour amener les gens à consommer ici, il faut recréer une dynamique de village. »

« Mélange des genres »

Habitants inquiets, revendicatifs, et commerçants en recherche de clientèle se côtoient donc au sein de l’association. Un « mélange des genres » que relève Dominique Augiron, membre du Conseil de quartier Clignancourt – Jules Joffrin et habitant de la rue Joseph Dijon depuis 17 ans. « Carré Versigny risque de faire la promotion des commerçants, plutôt que défendre l’intérêt général », remarque-t-il.

Un questionnement légitime : le président de l’association est un restaurateur local, mais les cotisations se règlent aussi chez Sarah, la commerçante de la rue Hermel. Moyennant quoi, l’association propose à ses membres une « carte privilège » donnant droit à des remises chez les commerçants adhérents. « Sur ce terrain, le Conseil de quartier ne peut pas rivaliser », ironise Dominique Augiron. Lequel souhaite néanmoins à l’association la bienvenue dans l’arrondissement.

Subventions municipales

Pour Stevy Lefranc, réunir habitants et commerçants sous une même bannière est au contraire « une bonne chose ». « Ils sont motivés par les mêmes objectifs : animer le quartier et le rendre encore plus agréable ». Et le secrétaire général de Carré Versigny précise : « Nous ne favorisons pas un commerce plus qu’un autre. Nos événements s’organisent à tour de rôle chez les différents commerçants adhérents. » Le Carré Versigny espère « crédibiliser » rapidement son action pour réaliser son prochain objectif : obtenir des subventions municipales.

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2 commentaires
  • Le Carré Versigny veut un quartier à son image 18 janvier 2014 09:50, par Anne-Marie

    Je félicite chaleureusement ceux qui ont pris l’initiative de créer "Le Carré Versigny" !
    Il faut parvenir à éradiquer le côté glauque et le sentiment d’insécurité qui règne de la Rue Duhesme au Métro Simplon.
    Bravo à tous.
    Cordialement.

    Répondre

  • Le Carré Versigny veut un quartier à son image 17 juin 2016 09:02, par Cyril Mignot

    Quelques réflexions pour faire contre-poids à cet article assez complaisant.
    Des commerçants qui ont vitrine dans le quartier mais n’y habitent pas, des propriétaires qui craignent la baisse des prix immobiliers... les motivations de cette association ne font pas mystère.
    Par ailleurs, il suffit d’habiter dans ce quartier pour mesurer à ses dépens les nuisances sonores en rapport avec les animations proposées par cette association dans le but d’attirer les clients.
    Au final, c’est en faisant fuir les habitants vaincus par ces nuisances hebdomadaires que ce "Carré Versigny" parviendra à créer un quartier à son image, comme le suggère justement le titre de cet article. Un quartier homogène, blanc, éduqué, ayant assez de revenus pour satisfaire les commerçants.
    Ce n’est pas le quartier dans lequel je suis venu m’installer il y a 20 ans. C’est un bon exemple, je crois, de la façon dont la démographie parisienne des quartiers populaires s’est modifiée ces dernières décennies.
    Ceux qui aiment likeront. Les autres déménageront.
    Cyril Mignot

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