dimanche 22 octobre 2017| 25 riverains
 

Le bruit des terrasses au conseil de quartier Montmartre

Une cinquantaine de riverains ont participé au conseil de quartier Montmartre, mercredi 2 juillet 2014.

Les relations entre habitants et commerçants figuraient à l’ordre du jour du conseil de quartier Montmartre, mercredi 2 juillet 2014. La question récurrente des terrasses de café, considérées comme bruyantes par de nombreux riverains, a mobilisé les débats. L’idée d’une nouvelle charte fait son chemin.

Du monde dans les rues, de la musique à fort volume, des trottoirs partiellement occupés par des terrasses de café… pour certains riverains montmartrois s’en est trop. Ils ont exprimé leur ras-le-bol lors du conseil du quartier Montmartre, mercredi 2 juillet 2014. Les relations entre habitants et commerçants étaient à l’ordre du jour.

« L’objectif de cette réunion est d’avoir une discussion globale autour d’un sujet récurrent qui fait débat », explique Jean-Philippe Daviau, élu du 18e arrondissement de Paris,chargé de la vie associative, de l’animation locale et nouveau référent du conseil de quartier Montmartre. « Vivre ensemble » : l’idée est dans toutes les têtes, mais au début du conseil, les visages de l’assistance sont fermés.

Rappel des normes

La séance débute par un court rappel des normes actuelles concernant la place des terrasses, des étalages ou encore des enseignes, par un responsable de l’urbanisme à la mairie de Paris. Sa présentation est écourtée par des riverains énervés et pressés. « Vous pouvez faire vite ? », lance une habitante.

« En France, nous sommes les champions de la loi que l’on applique pas », s’insurge un homme d’une soixantaine d’année. « Les commerçants ne respectent pas leurs devoirs, assure une riveraine. Beaucoup de terrasses dépassent de leurs emplacements. »

Plus de bar, plus de vie

Un homme aux cheveux grisonnant demande la parole. Photos sur son téléphone portable à l’appui, il entend démontrer les nuisances provenant d’un bar situé à la porte de son immeuble, avenue Rachel. « En ce moment, avec la Coupe du monde de football ce n’est pas supportable, explique-t-il. Il y a du bruit jusque tard dans la nuit, alors qu’ils n’en ont pas le droit. » Beaucoup de riverains acquiescent.

C’est au tour d’une jeune femme de s’exprimer. Elle vit dans le 18e depuis de nombreuses années. Après la rue de Clignancourt, elle s’est installée rue des Amiraux dans le nord de l’arrondissement. « Avant, il y avait un petit bar en bas de chez moi. C’était sympa et il y avait de l’ambiance, dit elle. Aujourd’hui qu’il a fermé il n’y a plus personnes dans les rues. Il n’y a plus de vie. »

Deux points de vue s’affrontent

Si la plupart des personnes présentes semblent être en désaccord avec les propos de cette habitante, un « Merci ! » résonne dans le gymnase de l’école de la rue du Mont Cenis où est organisé le conseil. Clément Léon, élu maire de la nuit en novembre 2013, vient de prendre la parole. « Je vis dans le 18e depuis dix ans, dit-il. Avant c’était vivant rue de Clignancourt, mais avec toutes les restrictions, le quartier meurt petit à petit. »

Deux points de vue s’affrontent dans cette réunion : les partisans de la répression et les tenants d’une vie de quartier animée. La situation se débloque lorsqu’un hôtelier de la rue des Abbesses propose d’instaurer une charte commune : « Entre commerçant et riverains, nous ne nous supportons plus, alors qu’il faudrait que nous travaillions tous ensemble sur les mêmes règles. » L’auditoire approuve. « On peut avoir des idées chacun de notre coté, mais il faut les mettre en commun pour qu’un projet fonctionne », assure Afaf Gabelotaud, élue du 18e, chargée du commerce.

Défi de taille

Félix Beppo, élu du 18e, chargé de l’espace public, le garanti : « Nous ne sommes ni anti-bar, ni anti-commerce, mais pour une vie commune avec les riverains. » L’idée convainc une partie de l’audience, à première vue réticente. « Parfois, il faut des conflits pour déboucher sur de bonnes mesures, souligne Afaf Gabelotaud en souriant. Les conseils de quartier doivent être utilisés comme des laboratoires d’idées. »

Le défi est lancé. Et il est de taille : des chartes ont déjà été mises en place dans le quartier au fil des ans, mais aucune n’est parvenue jusque là à apaiser les tensions. Riverains, commerçants et élus devront pourtant s’entendre autour d’un projet commun pour mieux vivre ensemble. Mais aucun groupe de travail n’a été mis en place lors de ce conseil de quartier.

Lors du conseil de quartier de Montmartre, un nouveau membre de l’animation a été tiré au sort : il s’agit de l’association "Action Barbès".

Eric Lejoindre, maire du 18e arrondissement de Paris, s’est présenté aux habitants du quartier, en début de conseil. Il a insisté sur l’importance de maintenir une démocratie locale : « Un grand merci à vous qui vous engagez », a-t-il plusieurs fois répété.

Rappel de la réglementation
Toute autorisation d’occupation du domaine public par un commerce : terrasse, étalage ou encore enseigne, est donnée par la mairie de Paris. Avant cet accord, la demande du commerçant est présentée pour avis à la préfecture de police et à la mairie d’arrondissement.

Terrasses et étalages : La largeur d’une terrasse ou d’un étalage ne doit pas dépasser un tiers de la largeur utile du trottoir. Lorsque l’implantation le permet, la largeur peut être élevée à 50%. Une zone de 1m60 est obligatoirement réservée à la circulation des piétons.

Enseignes publicitaires : Quatre zones de publicité restreintes (ZPR) existent à Paris. La Butte Montmartre se trouve en ZPR C. Cela signifie que la publicité y est interdite, excepté celle supportée par des mâts porte-affiches (dimension maximum de 2m2) ou des colonnes publicitaires. Les pré-enseignes, indiquant un immeuble où s’exerce une activité particulière, sont régis par les mêmes dispositions.

Largeur utile du trottoir : la largeur utile du trottoir est sa zone praticable. Elle est se situe entre le pied d’un immeuble et le premier obstacle rencontré : grille d’arbre ou encore poteau.

A lire également : Les terrasses de café et la nouvelle règlementation

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1 commentaire
  • Tout du moins le quartier de Montmartre connaît une démocratie locale par ce conseil de quartier. Ce qui n"est pas le cas de certains quartiers sociologiquement moins favorisés. Et politiquement moins écoutés...

    Habitant une tour de la Porte de la Chapelle, je me consterne devant l’absence de lieu de participation citoyenne. Puis j’ai appris l’existence des conseils de quartiers, pour aussitôt retomber sur mon fondement de doute. Les conseils ne servent que comme cache-sexe de décisions prises en amont et comme commission gériatrique d’usagés dont la vision de l’intérêt général ne dépasse pas leurs géraniums.

    Une illustration ? Les comptes-rendus disponibles sur le site de la mairie d’arrondissement pour notre quartier :

    http://www.mairie18.paris.fr/mairie...

    Les réunions s’espacent, la dernière datant d’il y a un an. Aucune communication n’est faite pour avertir le citoyen non averti. Plus cocasse : les comptes-rendus des conseils de quartier du 01/02/12 et du 03/0712 sont pour l’essentiel les mêmes. L’utilisation du copier-coller dans une certitude de non-lire...

    Madame Hidalgo, vous avez été élue en prônant les budgets participatifs. Monsieur Lejoindre, vous écriviez qu’il faut développer l’utilisation des "nouvelles" technologies pour cette démocratie locale.

    De l’action !

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