mercredi 24 mai 2017| 21 riverains
 

Pigalle, sur les traces des cabarets disparus

Sylvanie de Lutèce raconte l’histoire de la Goulue, devant la tombe du sulfureux personnage, au cimetière Montmartre. Photo : © Alexandre Pieroni.

Aux beaux jours, Histoire de Paris organise, un dimanche par mois, des voyages dans le temps au cœur de la capitale. Le 20 mars 2011, l’association accompagnait un groupe à la découverte des maisons closes de la Goutte d’Or et des cabarets de Montmartre, dans le 18e arrondissement. Portfolio.

Par un dimanche ensoleillé de mars, Sylvanie de Lutèce, pétulante guide urbaine, membre du Cabaret des filles de joie et présidente de l’association Histoire de Paris, conduit une multitude de curieux dans une visite des maisons closes de la Goutte d’Or et des cabarets de Pigalle. Voyage dans le temps riche en anecdotes sur une époque dont tous les feux ne sont pas éteints.

La visite commence par le "106" (au 106 boulevard Rochechouart), qui fut jusqu’en 1946, la "Maison d’abattage" la plus fameuse du secteur. Un bordel où les filles alignaient les passes à la chaîne, plusieurs dizaines par jour. C’est aujourd’hui un immeuble récent, avec un parking Vinci au rez-de-chaussée. Les mères maquerelles ont changé d’horizon !

French Cancan
À Pigalle, au 84 boulevard de Rochechouart, le cabaret le Chat Noir n’existe plus. Le Trianon (au 80) et l’Elysée Montmartre (au 72), sont fidèles à leurs postes. Mais l’Élysée Montmartre vient de brûler. Reste à espérer qu’on ne laissera pas disparaître le berceau du French Cancan, où la Goulue fit ses premières armes.

Plus loin sur le même boulevard, au 63, le cirque Médrano est devenu un immeuble d’une robuste laideur, dont le rez-de-chaussée abrite un supermarché. Là où se produisaient Laurel & Hardy, et Boum-Boum l’homme-obus, on fait maintenant ses courses.

Enfer ou paradis ?
Idem pour le cabaret Le Ciel et l’Enfer, 53 boulevard de Clichy, établissement qui avait deux entrées. L’une menait au paradis, l’autre aux chaudrons de l’enfer. Dans les deux cas, la mise en scène avait un cachet irremplaçable, à base de déguisements, de danseuses légèrement vêtues, d’alcool et de fête jusqu’au matin. De nos jours, plus prosaïquement, c’est devenu un Monoprix. La grande distribution a supplanté les folies nocturnes.

Bien d’autres lieux pittoresques sont racontés, certains encore en activité : le Monico, le Rat mort, le Divan japonais, l’inévitable Moulin rouge. Bien des personnages mémorables émaillent ces récits : Nini Patte-en-l’air, Grille d’égouts, la Môme Fromage, le Père la Pudeur, Fregoli, Aristide Bruant, la Scoumoune, Mistinguett, et bien sûr la Goulue, danseuse de petite vertu, mais de grande envergure, sans laquelle Pigalle n’aurait jamais été Pigalle.

Et c’est d’ailleurs sur la tombe de la Goulue, cimetière Montmartre, que s’achève ce voyage dans le temps, à travers un quartier parmi les plus passionnants de Paris.

Voyages, mode d’emploi
Les voyages dans le temps ont été imaginés par Sylvanie de Lutèce et sont organisés par l’association Histoire de Paris. La saison commence aux beaux jours. La visite des maisons closes de la Goutte d’Or et des cabarets de Pigalle, fin mars 2011, a marqué son lancement cette année.

Les balades dans Paris, autour d’une époque, d’un événement ou d’un personnage parisien, sont organisées les derniers dimanches du mois. Une semaine avant chaque voyage, une énigme est proposée aux participants pour qu’ils trouvent le lieu de rendez-vous (15h ou 16h). Elle sont ouvertes à tous, moyennant une participation de 5 €.

Renseignements :
- histoiredeparis@yahoo.fr
- Histoire de Paris sur le Net en cliquant ici

L’association organise par ailleurs des conférences-discussions sur des thèmes aussi variés que Paris Gangsters, ou Paris Renaissance. Elles ont lieu les derniers lundis de chaque mois, au Baron Samedi,
12 rue des Goncourt - 75011 Paris.

Portfolio

Les visiteurs sous la ligne 2 du métro. Photo : © Alexandre Pieroni. L'Elysee Montmartre. Photo : © Alexandre Pieroni. Métro Anvers. Photo : © Alexandre Pieroni. La façade rénovée du Trianon. Photo : © Alexandre Pieroni. Sylvanie de Lutèce. Photo : © Alexandre Pieroni. Photo : © Alexandre Pieroni. Ci-git le cirque Médrano. Photo : © Alexandre Pieroni. Photo : © Alexandre Pieroni. Ci-git Le Ciel et l'Enfer. Photo : © Alexandre Pieroni. La tombe de la Goulue. Photo : © Alexandre Pieroni. Sylvanie de Lutèce raconte la Goulue. Photo : © Alexandre Pieroni.

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2 commentaires
  • Pigalle, sur les traces des cabarets disparus 28 août 2013 13:38, par fadia yared

    bonjour,

    je voudrais savoir si les cabarets LE CIEL et l’ENFER étaient aussi des bordels.

    et aussi à quoi servaient les jetons "monnaie de singe" que distribuaient ces deux établissements.

    ceci pour documenter une étude sur James Joyce qui était un fan :)

    Merci de me répondre.

    Fadia Yared

    Répondre

  • Pigalle, sur les traces des cabarets disparus 29 juillet 2014 18:55, par DUVAL BRUNO

    Bonjour,
    Je recherche des infos sur le cabaret " l’heure bleue" qui se situait 54 rue Pigalle et qui était tenu à la fin de la guerre par Roger Duchesne, acteur de théâtre et de cinéma, compromis à la libération du fait de ses relations avec Lafont, gestapiste de la rue Lauriston.
    Merci de vos infos sur le cabaret et sur Duchesne.

    Répondre


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