mardi 26 septembre 2017| 18 riverains
 

En mémoire des élèves du lycée Valadon, déportés, puis assassinés

Une plaque à la mémoire de onze enfants juifs morts en déportation a été dévoilée, jeudi 6 mai 2010, dans la cour du lycée Suzanne Valadon, où ils étaient scolarisés en 1942. La cérémonie s’est déroulée en présence des élèves du lycée, situé dans le 18e arrondissement de Paris.

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Onze ballons blancs, incarnation des onze enfants déportés, ont été lâchés dans les airs par les élèves du lycée.

« Soyez les passeurs de la mémoire. N’oubliez jamais cette cérémonie. » Noël Veg, président de l’Association pour la mémoire des enfants juifs déportés du 18e arrondissement, s’adresse directement aux élèves rassemblés, avec leurs professeurs, dans la cour de récréation du lycée Suzanne Valadon. En 1942, onze garçons de cet établissement scolaire du 18e arrondissement de Paris, ont été arrêtés, déportés, puis immédiatement gazés par les nazis. Jeudi 6 mai 2010, une plaque commémorative a été dévoilée dans l’enceinte du lycée afin de leur rendre hommage.

« C’est normal, c’était nos camarades », dit Aouni, élève de terminale A. « Nous devons éviter tout ce qui est raciste, reprend Hamadi, ne pas faire de mal aux autres. » Justement. Noël Veg rappelle que ce lycée, situé à deux pas de la mairie du 18e, rassemble aujourd’hui cinquante-trois nationalités différentes : « Respectez vos enseignants, vos camarades, quels que soient leurs origines et la couleur de leur peau. » Et, en désignant la plaque commémorative où sont alignés les noms, il poursuit : « En France, un élève sur deux ignore ce que fut la Shoah. Vous pouvez lire et relire le nom des onze garçons qui n’ont pas eu la chance, comme vous, de poursuivre leurs études. »

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La cérémonie s’est déroulée dans la cour du lycée Suzanne Valadon.

Des lettres écrites à la va-vite puis jetées hors des wagons plombés par des adolescents en route vers les camps de la mort, sont lues par trois jeunes filles. Silence. Puis, Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement, justifie la cérémonie au nom d’un « besoin de mémoire, que vous transmettrez à vos enfants ». Il incite ses auditeurs à la « vigilance contre tous les intégrismes, pour que les enfants d’ici ou d’ailleurs ne connaissent pas le tragique destin de ceux dont nous honorons la mémoire aujourd’hui. »

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« En France, un élève sur deux ignore ce que fut la Shoah. Vous pouvez lire et relire le nom des onze garçons qui n’ont pas eu la chance, comme vous, de poursuivre leurs études. »

Pour Catherine Vieu-Charrier, adjointe au maire de Paris, chargé de la Mémoire, « la Shoah est le résultat d’un long processus réactionnaire, fasciste et raciste ». Alors méfiance. « La réalité nous interpelle, insiste Noël Veg. Résistons aux amalgames et rejetons les discours tendant à nous diviser et à nous dresser les uns contre les autres. » Pour sa part, Jules, élève de terminale A, souligne : « Il nous faut veiller à ce que l’histoire ne se reproduise pas »

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Une nouvelle stèle pour commémorer la déportation des enfants juifs du 18e arrondissement

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