lundi 22 septembre 2014| 85 riverains
 

Richomme - André Del Sarte, fin de la guerre des écoles ?

Une vingtaine de parents d’élèves de la maternelle André Del Sarte, dans le 18e arrondissement de Paris, ont refusé, pendant plusieurs semaines, de voir leurs enfants scolarisés à l’école élémentaire Richomme, dans la Goutte d’Or, pour la rentrée 2011. La mairie du 18e a finalement trouvé une solution. Fin du bras de fer. Mais pour combien de temps ?

« L’affaire est close. » Le soulagement était palpable hier à la mairie du 18e arrondissement de Paris, après trois mois de tension opposant l’administration à 18 parents d’élèves de la maternelle André Del Sarte. Lesquels refusaient que leurs enfants effectuent leur rentrée scolaire en septembre 2011 à l’école élémentaire Richomme, dans la Goutte d’Or.

Miracle : « Seize peut-être même dix-huit places », se seraient libérées en quelques jours à l’école élémentaire Foyatier, située au pied du funiculaire de Montmartre, ont-ils appris à la mairie lundi 16 mai. Les 18 familles vivant côté ouest du boulevard Barbès, ont pu dès le lendemain lever le recours administratif déposé en mars par leur avocat à l’encontre la mairie pour « excès de pouvoir ».

Campagne de dénigrement

Motif du conflit ? En raison d’effectifs trop importants à Foyatier, la mairie avait décidé (comme la loi l’y autorise) de déroger à la carte scolaire et d’affecter d’office les enfants originellement promis à Foyatier sur l’école élémentaire Richomme, dans le quartier de la Goutte d’or, dès la rentrée de septembre 2011. Certains parents en avaient perdu le sommeil.

Mais alors que le feu semble éteint de ce côté-ci du boulevard, Philippe Darriulat, l’adjoint au maire chargé des affaires scolaires, tente désormais de maîtriser la colère des parents qui gronde cette fois du côté de la Goutte d’Or. L’élu a prévu de rencontrer, mardi 24 mai 2011, les parents de l’élémentaire Richomme, très remontés après la campagne de dénigrement organisée selon eux par les parents d’André del Sarte pour justifier leur refus d’y scolariser leurs enfants.

Drogue et prostitution

Le premier argument de l’éloignement ne tenant pas (Foyatier est situé à sept minutes à pied d’André Del Sarte contre huit minutes pour Richomme, en descente), les attaques des parents du côté “ouest” avaient progressivement dérivé sur le terrain de la toxicomanie, de la prostitution ou de la saleté des rues, voire de la trop forte population étrangère de la Goutte d’Or (sans jamais aborder la qualité des enseignements de l’école), comme ils l’expliquaient dans un article du Parisien du 9 mai 2011.

À la sortie des classes, deux mamans d’André del Sarte décrivent ainsi Richomme comme une école située « au coeur d’un quartier vraiment différent du fait de la drogue et de la prostitution » (Marie), avec une « population à 80 voire 90 % d’origine africaine, ce qui veut dire que l’on a dans les classes des enfants dont les parents maîtrisent mal le français » (Catherine).


Marie et Catherine, mamans d’André del sarte par Hesterlala

Des arguments jugés « irrationnels » par Philippe Darriulat : « Rendez-vous rue Richomme dans la journée, vous verrez que vous n’avez pas à vous faufiler entre les toxicos et les prostituées. » De telles dérogations interviennent chaque année pour équilibrer les effectifs des écoles d’un même quartier, précise-t-il. « Je m’attendais à ce que ce soit difficile pour les parents de franchir le boulevard Barbès mais je dois reconnaître que l’angoisse était plus forte que je ne l’imaginais. »

L’article du Parisien reprenant les propos alarmistes des parents de la Butte sans jamais donner la parole aux représentants de l’école incriminée, a crée un vif émoi au sein des parents de la Goutte d’or. Le choc a été rude, y compris pour les enfants. A la lecture de cet article, Manon, scolarisée en CM2 à Richomme, a voulu écrire une lettre avec ses copines pour crier sa tristesse de voir ainsi représentée son école, raconte sa maman, Aurélie Barre. Or il se trouve que la famille qui habite du côté ouest du boulevard a elle aussi fait l’objet d’une dérogation lorsque Manon est passée en CP en 2006 :


Aurélie, maman de Richomme par Hesterlala

Les familles de Richomme se disent surtout consternés que l’on critique ainsi ouvertement leur école sans y avoir jamais mis les pieds. « Nous avons organisé une demi-journée découverte pour les parents des maternelles alentour, une seule maman d’André del Sarte s’est déplacée, regrette Fatima Hassoune, représentante des parents d’élèves. Je n’ai pas envie que ma fille de huit ans ait un jour à se justifier d’être allée à l’école Richomme ! »


Fatima, maman de Richomme par Hesterlala

Emmanuelle, autre maman d’une élève de Richomme, analyse quant à elle les peurs qui poussent certains parents à contourner la carte scolaire.


Emmanuelle, maman de Richomme par Hesterlala

« Je comprends que les parents aient peur mais il faut qu’ils viennent voir ce qu’il se passe réellement ici, qu’ils se promènent dans les couloirs pour apprécier la concentration des enfants au travail, conseille la directrice de l’école, Nathalie Claux-Ogienko, qui balaie au passage les rumeurs tenaces de racket et de violence : J’ai eu affaire à des cas de racket lors de ma précédente expérience dans une école du 12e arrondissement. Mais ici, rien depuis le début de l’année scolaire. Quant à la violence verbale et physique entre enfants, il y en a ni plus ni moins qu’ailleurs. »

« Il est vrai que le nombre d’enfants en difficulté est plus élevé à Richomme, mais le pourcentage de réussite aux tests de français et de mathématique a augmenté de 10 à 12 % cette année par rapport à l’an dernier, poursuit la directrice. Les parents doivent savoir que la réussite de leur enfant ne dépend pas d’un établissement situé dans un quartier plus propre ou plus valorisant. »

L’école présente en outre l’avantage d’effectifs très légers (une vingtaine d’élèves par classe, contre 25 à Foyatier) et d’une équipe d’enseignants jeune et très stable depuis plusieurs années, soulignent les parents. L’établissement classé Réseau ambition réussite (RAR) bénéficie enfin de moyens supplémentaires de la ville pour des sorties scolaires et des aides aux devoirs.

Lettre ouverte

Déjà réunis en février à l’occasion d’une manifestation victorieuse contre le rectorat pour empêcher la suppression d’un poste d’enseignant à Richomme, le groupe soudé de parents de Richomme a cette fois entraîné dans sa mobilisation ceux de Budin et d’Oran, deux autres écoles à mauvaise réputation du quartier, pour dire haut et fort leur ras-le-bol d’être « stigmatisés » voire « humiliés » publiquement. Une lettre ouverte circule dans laquelle ils expriment leur « attachement à une vraie diversité, qu’elle soit ethnique, sociale ou confessionnelle, au sein des écoles de la République, publiques et laïques (...) »

De son côté, évitant de trop balancer d’un côté ou de l’autre, Philippe Darriulat dit souhaiter que cette affaire « les gens à réfléchir » et envisage d’organiser une rencontre de pacification entre les parents des deux écoles avant l’été. « Il y aurait une thèse de sociologie à tirer de cette histoire », lâche t-il cependant.

Une nouvelle carte scolaire ?

Pendant ce temps, une dizaine de parents d’élèves de maternelle promis à l’élémentaire Houdon ont eux aussi reçu leur lettre de dérogation sur Richomme, et semblent s’y résoudre sans protester. « Là-bas, aucun désistement n’est annoncé, on n’a aucune solution », prévient la mairie.

Face à l’explosion des nouveaux arrivants dans toutes les écoles de la butte Montmartre (Foyatier, Clignancourt, Houdon, Mont-Cenis et Hermel), une remise à plat de la carte scolaire semble difficile à éviter à très court terme. L’adjoint au maire l’annonce d’emblée, il proposera au prochain vote du découpage (en octobre 2011) qu’un certain nombre de rues situées à l’ouest du Boulevard Barbès soient désormais sectorisées sur l’école Richomme à la rentrée 2012. Un tremblement de terre en préparation ?

L’auteure de l’article,Tatiana Kalouguine, est maman d’un enfant scolarisé à l’école élémentaire Richomme.

Où ça se passe:

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20 commentaires
  • La guerre des écoles n’aura pas lieu 24 mai 2011 17:42, par bénédicte

    oh les pauvres enfants de bobos de gauche qui devraient fréquenter des petits enfants de pauvres...oulalala on vit dans le 18e parce que ça fait bien de dire "je vis juste à côté de la goutte d’or", "oh ouais moi trop chic, je fais mes courses à Tati" et ça manifeste pour les sans-papiers et contre le racisme mais de là à traverser le boulervard "OMG !"
    pauvres de vos enfants aseptisés.

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  • Et oui en matière d’immigration, il y des limites ou les citoyens d’un pays non pas envie d’êtres assujettis. Je pense que la France n’a pas à rougir de son comportement.
    La question se poserait elle dans les pays Islamique ???
    Il faut comprendre que l’on n’a pas envie que nos enfants deviennent la variable d’ajustement qui permet à un Maire de dire dans cette école il y a encore une "mixité sociale". La goutte d’or à toujours était un ghetto, ce n’est pas la rénovation du quartier qui changera quelque chose (j’étais à Roland Dorgelès en 83 ou la drogue et les voles faisait partis des brèves de comptoir du bar le « papillon »).
    De toute façon ces polémiques et cette carte scolaire ubuesque font la réussite des écoles privées, donc messieurs, mesdames qui êtes pour cette mixité, je vous informe qu’étant un "riche et de droite" je rejoins pour une fois l’avis des bobos de gauche.

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  • On comprend les parents qui n’ont pas envie que leurs enfants servent de cobayes a des experiences de mixite sociale !!! En tant que parent, je partage tout a fait leur point de vue : on n’a pas la possibilite de "rattraper" aisement les problemes, alors autant les eviter.

    Ce qui est d’autant plus insupportable, c’est que ceux qui prennent arbitrairement ces mesures mettent les enfants des autres, pas les leurs, en situation de risque. Les leurs frequentent souvent les etablissements prives ou sont places dans les meilleurs etablissements publics.

    Si ces elus acceptent de vivre dans les memes conditions que ceux a qui ils imposent leurs diktats, on changera peut etre d’avis.

    Cela ne veut pas dire qu’on rejette les etrangers. Au contraire, pour eux, il faut des ecoles renforcees, avec plus de moyens, de profs, etc... Et les repartir, eux, a doses homeopathiques dans des etablissements d’autres quartiers. Au lieu de ca, on les concentre dans les ghettos, puis leurs ecoles deviennent des ghettos scolaires. C’est ca qui cloche.

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  • Quelle tristesse d’entendre cette mère dire qu’elle ne veut pas que ses enfants soient dans un classe à 90% composés d’enfants d’origine étrangère... La diversité culturelle, la richesse de parcours différents, cela ne pèse pas ?

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  • Eh bien moi j’habite rue Ernestine, pas loin de la rue Richomme. Le quartier est plein de prostituées (même en plein jour), et très sale. Il est impossible, à moins de n’avoir jamais mis les pieds dans ce quartier, de dire le contraire. Je comprends les parents de la rue A. del Sarte. J’aurais eu la même réaction. Pas la peine de chercher à voiler la vérité avec les éternelles accusations de racisme.

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  • L’auteure de l’article,Tatiana Kalouguine, est maman d’un enfant scolarisé à l’école élémentaire Richomme :

    Je trouve l’ article partisan.
    "Le premier argument de l’éloignement ne tenant pas (Foyatier est situé à sept minutes à pied d’André Del Sarte contre huit minutes pour Richomme, en descente)" : c’ est vrai que ça descend, mais au retour, ça monte sec !
    Chacun, en regardant le plan, s’ apercevra de la notable différence de longueur de trajet.
    J’ invite l’ auteur de l’ article à refaire avec moi ces deux trajets, et constater que le trajet André Del Sarte / Richomme est bien plus important que le trajet André Del Sarte / Foyatier.
    A moins d’ avoir des patins à roulettes dans la "descente", je ne vois pas comment l’ auteur de l’ article peut affirmer que la différence entre les deux trajets est minime et balayer d’ un revers de main cet argument.

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  • Mais ce sont des moyens qu’il faut ! Des moyens !
    Or la politique qui consiste à rogner sur les investissements dans l’éducation - car parlons d’ INVESTISSEMENTS et non pas de coûts - conduit à ce genre de situations et à ces réactions déprimantes et plus graves, préjudiciables à l’avenir des mômes, de TOUS les mômes.

    Fabionino dit plus haut que "que la France n’a pas à rougir de son comportement" en mettant en parallèle "les pays islamiques"... Si on continue sur cette voie, nos gosses, plus grands, se jetteront des pierres les uns les autres...
    Ce genre de réactions, de propos, témoignent bien, selon moi, du besoin criant d’éducation.

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  • Richomme - André Del Sarte, fin de la guerre des écoles ? 27 mai 2011 13:55, par louise michel

    Continuons à nous enfermer avec nos semblables : les riches blancs entre eux, les pauvres entre eux.. et on va avoir une belle société française où la violence va exploser ! Vous jouez avec le feu ! Et comme au 19ème siècle vous associez toujours systématiquement pauvreté et délinquance, c’est minable.Par contre, je parie que la délinquance du grand capital ne vous gêne pas elle puisque c’est des riches blancs, ils ne font ça que pour le bien du pays !

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  • Dans le message ci-dessus, "Fortuna" pinaille sur le temps de trajet, alors que celui-ci n’est qu’un prétexte, comme le montre ouvertement l’interview affligeante des deux mamans d’André del Sarte : l’une parle de ce qu’elle ne connaît pas en évoquant de manière irrationnelle la drogue et la prostitution, qui ne touchent en rien l’école en question ; l’autre affiche un racisme à peine refoulé, en inventant avec une grimace de dégoût une statistique de "90 % de population africaine"...
    Quant au reproche fait à l’auteure de l’article d’être elle-même maman d’une enfant de Richomme, voilà ce qui, au contraire, pourrait répondre à "MrQuick" qui pense que seuls les parents qui ne sont pas concernés font la leçon aux autres. Comme quoi, on peut être "blanche" et instruite ("bobo" ?), vouloir que ses enfants réussissent, et (néanmoins) les inscrire dans une école de la Goutte d’Or ... C’est mon cas : non seulement ma fille y apprend scolairement autant que dans une autre école, non seulement elle profite de conditions privilégiées (petits effectifs, sorties multiples), mais elle échappe en outre aux dangers d’un "ghetto" pour riches, parfois peu propice à l’ouverture d’esprit.

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  • Chere Mathilde :

    merci d’avoir attire l’attention sur les "dangers d’un "ghetto" pour riches, parfois peu propice à l’ouverture d’esprit."

    Pour faire des aller retours frequents entre la France et la Jamaique ou je travaille et ou je vois des conditions de vie souvent epouvantables qu’on n’imagine meme pas en France, je peux vous certifier que les dangers d’un ghettos pour riches sont infiniment moins grands que ceux de ghettos pour pauvres. Personnellement, si le monde entier pouvait etre un ghetto pour riches, j’en serais tres heureux !!! Le charme de la pauvrete et de la misere n’existe que dans les esprits des privilegies en quete de frissons ou de certains esprits chagrins qui font des complexes et eprouvent un sentiment de culpabilite vis a vis de leur propre aisance.

    D’autre part, parler d’un ghetto pour riches a propos d’Andre del Sarte rappelle les propos scandaleux d’un candidat PS a la Presidentielle selon lequel au dessus de 4.000 E/mois on est un riche ! N’importe quoi.

    Ce que vous faites de vos enfants vous regarde, souffrez que d’autres parents n’aient pas la meme approche que vous et merci de ne pas faire la lecon. Leurs raisons sont tout aussi legitimes que les votres. Donc merci de ne pas stigmatiser ces meres de famille.

    On n’est pas dans un concours de vertu.

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  • Vous vous les mettre où ces pauvres enfants francétranger ? A vous entendre pour certains la solution serait de créer dans notre pays un camp de concentration pour étranger. Un jour viendra ou quand nos putains de centrales nucléaires nous exploseront dans la gueule, nous irons tous chercher refuge sur leur terre d’origine.

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  • Mr Quick
    Pas plus que la Goutte d’or n’est un "ghetto pour pauvres", je n’ai jamais pensé qu’André del Sarte est un "ghetto pour riches" et j’ai dû mal m’exprimer si vous l’avez cru.
    Par ailleurs, vous avez tout à fait raison de dire que la pauvreté est un terrible fléau, qui touche en partie notre quartier, et qui n’a bien sûr aucun charme ; seule la diversité en a.
    Je trouve simplement dommage que plusieurs familles refusent de traverser le boulevard et préfèrent s’enfermer dans certains préjugés, plutôt que de juger par elles-mêmes, et en connaissance de cause, ce qu’il en est de cette école aujourd’hui.

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  • Richomme - André Del Sarte, fin de la guerre des écoles ? 1er juin 2011 15:49, par Tatiana Kalouguine

    Bonjour Fortuna,

    Concernant la distance entre les deux écoles, je ne me suis pas fiée à ma petite foulée, mais à l’outil Google Map. Et voici ce qu’il me dit (je vous invite à copier les liens qui suivent dans votre navigateur pour vérifier) :

    Itinéraire André del Sarte - Elémentaire Richomme : 7 min

    http://maps.google.fr/maps?f=d&...)&hl=fr&geocode=Fdvv6QId080jACEpGq5KpMH3FSnxBWO3Qm7mRzFN-8vEMqRuLA%3BFUDy6QIdnOMjACFlWwd2rBp-simLJ4kCZm7mRzHyd3TPdmqU-g&mra=pd&dirflg=w&sll=48.884896,2.34792&sspn=0.006307,0.013797&ie=UTF8&z=17

    Itinéraire André del Sarte - Foyatier : entre 6 et 7 min

    http://maps.google.fr/maps?f=d&...)&geocode=Fdvv6QId080jACEpGq5KpMH3FSnxBWO3Qm7mRzFN-8vEMqRuLA%3BFVPs6QIdGL4jACFF0a3f6enzrymB8wFtQ27mRzGcljsz73bDQg&hl=fr&mra=pd&dirflg=w&sll=48.88318,2.342444&sspn=0.02523,0.055189&ie=UTF8&z=17

    Effectivement, le site ne prend pas en compte la pente.
    Bien cordialement,
    Tatiana Kalouguine

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  • Bonjour à tous,

    J’apporte un témoignage positif en faveur de l’école Richomme où mes deux filles ont fait toute leur scolarité. Nous habitions alors le côté est du bd Barbès et c’était donc notre affectation. Contrairement à d’autres parents, nous n’avons pas voulu faire des pieds et des mains pour les faire inscrire dans une autre école. Mes deux filles ont eu des enseignants très motivés et de qualité, une directrice formidable, très à l’écoute et qui menait l’école en grande concertation avec les parents d’élèves. Elles y ont noué des amitiés qu’elles ont encore. Moi-même, en tant que parent, j’ai également des amitiés qui datent de cette époque. Oui les différences culturelles éveillent la curiosité et ouvrent l’esprit.

    Il y a certes de nombreux cas sociaux mais n’y en a-t-il pas ailleurs ? Les violences et les bagarres, il y en a aussi, pas plus qu’ailleurs selon les enseignants. La prostitution et la drogue existent, on ne peut pas le nier. Mais pas sur ce trajet et aux heures scolaires. Et une de mes filles qui est allée ensuite au lycée Chaptal s’étonnait de ce "groupe de petits mecs qui fument leur pétard avant d’aller en classe et ne fichent rien en cours". Donc, la drogue n’est pas une spécialité de la Goutte d’Or, il y en a aussi dans les "beaux quartiers".

    Question réussite scolaire, cela dépend plus de l’entourage familial que de l’école. J’étais confiante en nos possibilités de transmission de valeurs (culturelles et éthiques). L’une de mes filles est maintenant infirmière, l’autre est attachée de recherches cliniques dans un hôpital.

    C’est en stigmatisant une école, un quartier, une population qu’on les enferme dans un ghetto.

    Cordialement à tous

    Anne

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  • Pour la distance, sachez qu’on part de chez soi, et non pas de la Maternelle.

    Plusieurs familles concernées habitent rue d’Orsel ( n° 22, 24, 26, 28 etc) c’est assez loin de Richomme, il faut au minium 25 mn.

    Le souci, c’est qu’il n’y a pas de possibilité de prendre un Bus ou le métro. On peut comprendre qu ça fait loin !

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  • Bonjour,
    je suis étranger (italien) et j’habite dans la Goutte d’or depuis un an avec ma compagne, française. On attend un enfant que nous essayerons de scolariser ici, car on trouve tout simplement stupide d’aller dans un autre quartier.
    Je travaille à un programme mis en place par plusieurs grandes écoles françaises, indiennes et japonaises où l’on essaie de faire comprendre, généralement à des jeunes issus de la grande bourgeoisie française, ce qu’est l’interculturel. C’est un programme qui coute de centaines de milliers d’euros, et sa réussite n’est pas sûre, il aurait sans doute mieux marché si ces étudiants futurs managers avaient pu fréquenter un école élémentaire de la Goutte d’or. Et ça, c’est le futur. Je rigole en pensant que ces mamans qui ne veulent pas envoyer leurs enfants à l’école élémentaire de l’autre côté du boulevard bientôt seront obligées de se ruiner pour envoyer leurs rejetons dans des grandes écoles où l’on essayera de leur apprendre ce qu’ils ont raté tout jeunes. C’est tout simplement une ancienne image trompeuse de la France, du français et de l’école que ces parents rétrogrades sont en train de défendre lorsqu’ils voient comme un danger le fait d’envoyer leurs enfants dans des classes où les élèves sont issus à 90% de l’immigration. Ils pensent d’envoyer leurs enfants à l’école pour apprendre le français, alors que l’école doit leur apprendre à vivre ensemble. Ce sont à la fois de mauvais parents, des mauvais citoyens et des mauvais éducateurs.
    Par ailleurs, je trouve très bien la solution de la Mairie. Je n’ai aucune envie que mon enfant soit obligé à fréquenter des enfants dont le parents sont ouvertement racistes. Car une personne qui choisit l’école des ses enfants en fonction de la pourcentage d’étrangers peut être de gauche ou de droite, elle est en tout cas raciste, je suis désole. A mon sens ces mamans d’André del Sarte sont bcp plus dangereuses des "foules de prostitués ou de drogués qui peuplent les rues de la Goutte d’or" : elles rêvent d’une société que mon enfant ne devrait pas pouvoir connaître.

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  • 1 - Mais Tatiana, les parents n’habitent pas a l’école d’André del Sarte !!! Il y en a plein, concerné par la dérogation, qui habitent au marché Saint Pierre !

    2 - Je découvre avec cette expérience, qu’on peut aimer un quartier, ses habitants, sa vie agités, nocturnes, ses bars, et ne pas vouloir y adhérer pour la scolarité de ses enfants ! Un paradoxe qui m’a fait réfléchir !

    3 - Je suis espagnole, mon mari est afro antillais, nos enfants métis.

    4 - Il est vrai qu’il n’y a plus de drogue dans la goutte d’or ? Parce qu’il y a 8 ans, j’habitais rue Myrha, et j’avais mal au cœur pour les toxicos dans la rue, des couples perdus prêt à tout, bref....

    5 - Tous les parents de l’école André del Sarte ne sont pas bobo, à vrai dire, c’est l’inverse, il y en a maximum trois ( si on est d’accord sur le terme bobo).

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  • André del Sarte, comme la plupart des écoles de ce coin du XVIIIème sont des exemples de mixité sociale. C’est en zone d’éducation prioritaire. Toutes les classes sont très mélangées. La question n’est donc pas là.

    Il y a pour certains parents un éloignement difficile à gérer parce qu’ils ont plusieurs enfants, et toutes les écoles ouvrant et fermant à la même heure, il peut être complexe de déposer, en même temps, quand on est seul, un enfant au collège à Dorgelès, par exemple, et un autre rue Richomme (ou ailleurs d’ailleurs). C’est du cas par cas et je ne suis pas sûr que l’administration scolaire puisse vraiment traiter le cas par cas.

    Il y a bien sûr l’angoisse de certains parents de traverser un boulevard qu’ils ne traversent jamais. Mais ils prennent le métro à Château-Rouge ou à Barbès, et se sentent sûrement oppressés par la densité de population, par la prostitution, par le trafic de drogue, le trafic de cigarettes et la présence policière, parfois agressive. Ils ne peuvent que difficilement comprendre que la goutte d’or est un quartier formidable, où la population en souffrance du boulevard n’entre pas ou peu.

    Nous avons sûrement besoin d’une politique encore plus volontariste de transferts d’un côté à l’autre du boulevard, mais j’imagine que c’est le souci permanent des gens qui sont en charge de ce problème...

    Il faut aider à la déghéttoisation de ce quartier, c’est sûr. Et que nos enfants s’épanouissent dans ce coin de Paris que nous avons choisi. Mais c’est loin d’être le cas, puisque même les profs des collèges de la goutte d’or expriment qu’eux-mêmes ne mettraient pas leurs enfants dans leurs propres collèges... Mais le collège c’est une autre histoire.

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  • Bonjour,

    Je suis issue de la génération précédente, celles des mamans d’aujourd’hui. D’une famille très modeste, je suis "franco française" sur au moins vingt générations avant la mienne, je n’étais pas aidée par mes parents dans mes apprentissages et j’ai grandi dans un quartier très très modeste, très populaire où bien des habitants de la ville craignaient de mettre les pieds. Mon quartier était surnommé "la zone" ou "Chicago".

    Mon école a eu pour objectif, pour "projet d’établissement" (même si cette notion de projet n’avait pas la même consistance, le même poids méthodologique et bureaucratique qu’aujourd’hui) d’intégrer simultanément, soudainement, en son sein et bien au-delà (dans la société tout simplement) les enfants arrivant en masse d’une Loraine confrontée à la fermeture de ses mines, les enfants débarqués des boat people en provenance du Vietnam, ceux nés en France post guerre d’Algérie, nombre d’enfants d’espagnols, de portugais, d’italiens, etc. Mes classes successives ressemblaient à un kaléidoscope. Des enfants ont appris le français avec moi, dans ma classe, souvent même démarraient leurs apprentissages de la France, de son école, de sa langue, au beau milieu de l’année… Ils apprenaient vite, vous n’avez pas idée.
    Aujourd’hui, je dispose d’un niveau intellectuel tout à fait honorable (Universitaire) je viens de reprendre des études pour enrichir mon parcours, lorsque je retrouve ces camarades de tous bords de l’époque, ils n’ont ni plus ni moins réussi que d’autres, ils ont fait leur vie avec le bagage pluriculturel qui était le leur comme le mien. Bien sûr je ne relève pas les soucis logistiques que peut générer un changement d’école et qui n’ont rien de choquant. Ce qui me choque davantage, c’est l’argument des 90% d’enfants d’Afrique, ces mêmes enfants français ( ils sont nés en France pour la plupart), ont leur place dans nos écoles au même titre que des enfants d’italiens ou d’espagnols ou de Dupuis-Dupont-Ducon. Cela ne fait pas d’eux des tares, des débiles, des destructeurs du niveau intellectuel d’autrui.
    Les enfants, sans le discours des parents ne se posent pas la question de la mixité sociale et culturelle, il la traversent comme elle vient et savent en faire un outil de croissance intellectuelle. Tout dépend aussi de la qualité, de la richesse du corps enseignant et de la dynamique scolaire. Tout dépend encore du regard des parents sur leur école, du recul et de la réflexion qu’ils génèrent sur leurs propres enfants.

    Je dirais aussi : les putes ne tapinent pas encore dans nos cours de récré, et j’ajouterai qu’il y a de vrais cons plein les rues de tous nos quartiers de France, faut-il y faire circuler nos enfants ? La connerie y compris la votre "Madame des 90%" est bien plus contagieuse, bien plus dangereuse que la prostitution. Si le 18e a ses boulevards de pauvreté, je ne vois pas pourquoi ses écoles seraient d’office des ghettos. Un quartier pauvre et son paysage, cela peut aussi s’expliquer aux enfants, ils sont capables de comprendre ce qu’ils voient si on veut bien leur mettre des mots dessus et pas uniquement des œillères ou des étiquettes.

    Enfin, je ne suis pas devenue délinquante, je ne suis devenue analphabète en côtoyant des enfants étrangers dans un quartier modeste, l’école franco-française ne peut plus exister dans un monde tel que le notre, faites en votre deuil, envisagez la mixité comme une nouvelle donne. Il me paraît dévastateur d’en faire - et devant nos enfants témoins - cette espèce de gloubiboulga médiocre et stigmatisant, terriblement humiliant pour les enfants qui apprennent dans ces écoles, terriblement humiliant pour leurs parents qui, je vous annonce un scoop, n’ont souvent pour ambition que d’avoir des enfants aussi instruits et heureux que les vôtres.

    Aucun des parents (sauf une mère si j’ai bien compris) n’a fait l’effort de rencontrer l’équipe pédagogique de Richomme, cela en dit long sur la profondeur, l’objectivité de bien des raisonnements de leur part. Le nivellement par le bas ne se situe pas toujours où l’on croit.

    Bien à vous.

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  • J’ai eu la "chance" de grandir en banlieue, à une époque d’arrivée massive d’africain (surtout du Nord), et d’être, au final, l’un des seuls "petits blancs" de mon école. Vous voulez que je vous parle de mon quotidien de l’époque ? Vexation en nombre, vols et maltraitantes, racket systématique à la sortie de l’école et insultes racistes au quotidien...
    Je détestais l’école, tombais malade à répétition pour ne pas y aller, jusqu’à ce que mes parents réagissent. Et que leur a t’on répondu ? Il FAUT de la mixité sociale, si vous n’êtes pas content, allez dans le privé. SIC...
    Ce qu’ils firent.

    Alors quand j’ai emménagé dans le quartier, par principe de précaution (mots très à la mode), j’ai mis mes enfants dans le privé, et je m’en félicite, au vu de leurs résultats.

    Quant au savoir vivre ensembles, croyez-moi, l’école de mon enfance m’a laissé des marques difficiles à effacer...

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