samedi 25 mars 2017| 27 riverains
 

La grève dans les crèches du 18e soutenue par les parents

Anne Duteil, 40 ans, devant la crèche des Amiraux en grève : « Je suis intermittente du spectacle. Heureusement, je ne tourne pas de film actuellement. Je peux donc m’organiser. »

À l’appel d’une intersyndicale, le personnel des crèches est en grève jusqu’au vendredi 22 mai 2011, dans le 18e arrondissement et le reste de la capitale. Les agents demandent une augmentation des effectifs. De leurs côtés les parents s’organisent comme ils le peuvent.

« Mon mari a pris un congé ce matin, jeudi ce sera mon tour. » Devant la crèche collective de la rue des Amiraux, dans le 18e arrondissement de Paris, Géraldine Bochaton confie, comme beaucoup d’autres parents, avoir du mal à s’organiser face à la grève des personnels de la petite enfance. Depuis lundi 16 mai 2011, tous les corps de métiers du secteur sont en grève, dans le 18e et dans la capitale. Des responsables de crèche, aux auxiliaires de puériculture en passant par les agents techniques, tous sont mobilisés. Ils font la grève chaque jour de la semaine à tour de rôle, « pour qu’un maximum de structures restent ouvertes », explique Maria Da Costa Pereira de la CGT Petite enfance.

Manque d’effectifs et mauvaises conditions de travail sont en cause. L’intersyndicale à l’origine de cette grève demande la création de 800 postes à Paris : l’équivalent de deux personnes supplémentaires par établissement. Une revalorisation du travail aussi : une prime petite enfance de 1500 euros reversée à tous sans distinction de poste. Enfin, les responsables des établissements demandent un allégement de leurs tâches administratives : « Elles veulent pouvoir accueillir les parents et faire leur travail d’accompagnement des équipes, commente-t-on à la CGT, et non plus être considérées comme des gestionnaires ou bien des secrétaires. »

Manque de personnel

Dans l’ensemble la grève est plutôt soutenue. « La crèche c’est un truc très bien, alors il ne faut pas critiquer », prévient Mathieu Nicol. Lui est à son compte. « J’ai dit à mes clients que je ne travaillerais pas jeudi. Je vais essayer de bosser à la maison, mais ça ne va pas être évident », dit-il le regard posé sur sa fille qui gambade à quelques pas de lui. Embêtée aussi par cette grève, Géraldine Bochaton pense à la sécurité de son bambin. Avec le manque de personnel, « les conditions ne sont plus réunies pour assurer la sécurité des enfants ». Malgré son soutien à la grève, elle a du mal à croire qu’elle va aboutir.

Car ces problèmes ne sont pas nouveaux. En 2006 et 2008, ils ont déjà donné lieu à d’autres conflits sociaux. « C’est un problème récurrent ». Avec 30 ans de métier derrière elle, Véronique Fauvel, auxiliaire de puériculture et membre de l’UNSA, sait de quoi elle parle. « Il n’y a pas de renouvellement, c’est un corps de métier jeune et féminin à 98 % ». Cela implique des congés maternité, mais aussi plus d’absences. Les jeunes mamans restent auprès de leurs enfants quand ils sont malades. Cette particularité ne serait pas suffisamment prise en compte par la mairie de Paris.

Solution pérenne

Autre difficulté, la fidélisation des agents. La capitale connaît un turn-over considérable. En 2009, pour 800 embauches, il y a eu 700 départs. Et des postes d’éducateur jeunes enfants ne sont pas pourvus. Les éducatrices ne restent pas sur Paris. Les conditions sont dures. Souvent ces femmes se retrouvent à faire le travail des auxiliaires de puériculture, obligées de mettre de côté leur rôle pédagogique. Quand l’occasion se présente, elles quittent la capitale pour se rapprocher de leurs habitations, en banlieue.

Lors des dernières élections municipales, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a fait de la petite enfance un élément-phare de son programme. Il a promis 4500 nouvelles places en crèches. « Pour tenir ses engagements auprès des Parisiens, il faut aussi mettre les moyens qui vont avec », tranche Maria Da Costa Pereira. Tous attendent maintenant la mise en place d’une solution pérenne.

La mairie de Paris a proposé la création de 60 postes de contractuels et le redéploiement du personnel remplaçant pour combler le manque. Toujours insuffisant pour les représentants du personnel. « Les remplaçantes sont déjà sédentarisées dans certaines structures du fait du manque d’effectif », constate la déléguée CGT à la petite enfance. Seule avancée pour les responsables du personnel : l’obtention d’un allègement de leurs tâches administratives. L’intersyndicale se réunira en AG ce vendredi pour décider de la suite à donner au mouvement. Un préavis a déjà été déposé pour le lundi 23 mai 2011.

Lire aussi sur le site : 700 places supplémentaires en crèche avant 2014 dans le 18e

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