vendredi 22 septembre 2017| 32 riverains
 

Des lecteurs en herbe au salon du livre du Jardin d'Éole

Anaïs Vaugelade en dédicace samedi 25 juin 2011. C’est la troisième fois qu’elle participe au Salon du livre pour la jeunesse du Jardin d’Éole.

Le salon du livre du Jardin d’Éole, samedi 25 juin 2011, a permis à ses organisateurs de faire le point sur "lecture 2 +" un projet dont l’objectif est de familiariser les jeunes enfants à la lecture. Une idée née dans le 18e arrondissement de Paris. Reportage.

Du haut de son mètre dix, Lenny déclame à une petite fille l’histoire du livre qu’il a réalisé cette année avec le reste de sa classe de l’école Charles Hermite. Appliqué, il pointe son doigt sur le texte et en donne une version personnalisée. En deuxième section de maternelle, le petit garçon ne sait pas encore lire. Mais, samedi 25 juin 2011, sur un stand du quatrième Salon du livre du jardin d’Éole, dans 18e arrondissement de Paris, il est "lecteur conseil". De toute évidence, Lenny est fier de sa mission.

Comme 1520 élèves cette année, Lenny a participé à "lecture 2 +". Ce projet, destiné aux classes de la petite section au CM2 – et plus récemment à quelques classes de 6e – a vu le jour il y a cinq ans. Impulsée par Anaïs Massola, libraire récemment installée rue Riquet, et Sylvie Meyerdreux, alors conseillère pédagogique, cette initiative part d’un constat. « Trop souvent à l’école, la littérature est un prétexte à la lecture », explique cette dernière. Elle part d’une envie aussi. « Le but est que les enfants deviennent des lecteurs et non des liseurs, de faire en sorte qu’ils développent leur point de vue. La lecture, c’est pour réfléchir, cela doit être une ouverture sur le monde. »

JPEG - 37.9 ko
"Le voyage de Sarah", livre réalisée par la maternelle Charles Hermite.

Ce n’est pas sans raison que le projet s’est forgé dans le 18e. Dans cet arrondissement, de nombreuses écoles sont classées en ZEP (zone d’éducation prioritaire). « La lecture est un facteur d’écart entre les élèves, souligne Sylvie Meyerdreux. En fonction du milieu familial, du milieu social, l’exposition aux livres est différente. » La littérature jeunesse, comme celle pour adultes, comporte de l’implicite. « Il faut des clés pour le comprendre », poursuit-elle. Des clés qu’un noyau dur de passionnés, des enseignants, deux libraires et des bibliothécaires, s’est chargé de transmettre aux enfants du quartier.

Concrètement, cela se traduit par des ateliers tout au long de l’année. D’abord, un comité sélectionne quatre titres par niveau. Une quinzaine de livres sont offerts à chaque classe. Les enfants les lisent, les relisent. S’enchaînent des débats hebdomadaires : des "chocolats littéraires" qui rassemblent des élèves de différentes classes et parfois, de différentes écoles. Puis, des rencontres avec des auteurs et des professionnels du livre. Parfois des productions. Pour Sylvie Meyerdreux, le salon est le point d’orgue du projet, « le moment de donner à voir le travail réalisé dans l’année ».

JPEG - 38.1 ko
Les textes rédigés par les enfants, ont été présentés au Salon du livre des jardins d’Eole.

Plantée dans le sable du Jardin d’Éole, une dizaine de tentes de toutes les couleurs accueille les familles. Tables de jeux, atelier de fabrication de masques, expositions de travaux des enfants ou encore coin jeu vidéo (conçu avec l’aide d’un informaticien à partir d’une histoire étudiée) côtoient le stand d’information, les tables pour les auteurs et les étals de deux librairies militantes, le Rideau rouge et l’Attrape-cœurs. Les poussettes s’y croisent. Des enfants tirent leurs parents par la manche pendant que d’autres pique-niquent. Le tout sous le regard d’enseignants investis dans le projet.

« Ce projet prend beaucoup de temps », raconte Emilie Tournyol, enseignante à l’école Charles Hermite. Coordination entre enseignants, formations de 15 heures organisées par le rectorat : "Lecture 2 +" est organisé en collaboration avec l’Académie de Paris. Le dispositif s’inscrit dans les programmes de l’Éducation nationale. « Outre la lecture, il permet d’aborder l’orthographe, la grammaire ou encore l’histoire de l’art », argumente Sylvie Meyerdreux.

JPEG - 32.6 ko
L’ouvrage des CP-CE1 de l’école Evangile.

Anaïs Vaugelade, auteure-illustratrice, a pris place sous la tente dédiée aux dédicaces. Elle fait partie des neuf écrivains à avoir été conviés au salon cette année. Elle est très attendue. Assis sagement à côté d’elle, Elliott patiente depuis le matin. Il reste impressionné quand elle lui lit le mot qu’elle lui a glissé dans son livre. Quelques minutes plus tard, Lenny déboule, s’accoude à la table son livre dans la main, "Le matelas magique ". « Depuis qu’elle est venue dans leur classe, Lenny me parle tout le temps de ce livre », raconte sa mère, qui trouve son fils « plus motivé à lire ».

En cours de projet, Anaïs Vaugelade se souvient avoir eu affaire à des enfants « bien éveillés » : « Ça volait haut, les questions et les réactions étaient celles d’enfants avertis. » Une expérience qu’elle ne rencontre pas dans toutes les écoles, où les professeurs sont parfois débordés. « C’est d’autant plus remarquable quand cela marche dans des quartiers difficiles, souligne l’auteure. Quand les adultes ont un peu d’ambition, cela donne de beaux résultats. »

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes