mardi 28 mars 2017| 18 riverains
 

Le futur statut de La Poste en débat dans le 18e arrondissement

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Le bureau de poste rue Clignancourt en 1907.

Aujourd’hui, La Poste et la Ratp maintiennent leur projet d’ouvrir un guichet postal à la station de métro Simplon, dans le 18e arrondissement de Paris. Cette semaine, les élus de la majorité municipale contestent le nouveau statut des services postaux et soutiennent la votation citoyenne du 3 octobre 2009. Et voilà cent ans, les postiers défrayaient déjà la chronique...

Il sera possible de retirer ses recommandés postaux à la station de métro Simplon, dans le 18e arrondissement de Paris, dès le mois d’octobre 2009. Pierre Mongin, patron de la Ratp, l’a confirmé à Ian Brossat, élu PC du 18e, lequel a immédiatement déposé un vœu condamnant ce dispositif au conseil de Paris.

Cette affaire intervient dans un contexte agité pour la Poste. Lors du conseil d’arrondissement du 21 septembre 2009, les élus PS, PC et Verts du 18e ont adopté un vœu se prononçant pour le retrait du projet de loi postale 2009 (transformation du statut de la Poste en société anonyme) et soutenant la consultation citoyenne du 3 octobre 2009 sur la privatisation de La Poste (les élus UMP ont voté contre).

Service public de référence depuis ses origines, La Poste est régulièrement agitée de soubresauts. Exemple, en 1909, il y a tout juste cent ans, les guichets du 18e arrondissement étaient mobilisés contre le manque de reconnaissance de leur travail par les pouvoirs publics. A l’époque, il n’était pas question de privatisation. Mais les postiers, conscients de l’importance de leur rôle dans la société, souhaitaient être rémunérés à leur juste valeur.

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Le même bureau de poste dans les années 20. Celui-ci a fermé en 2006 et le bâtiment a été vendu par la Poste.

Nous sommes en 1909. Depuis des mois, le feu couve : les employés des Postes, télégraphes et téléphones (PTT) sont mécontents. Il y a peu d’avancement, et on parle de « favoritisme » dans les promotions accordées. De son côté, le ministère refuse d’élaborer un nouveau règlement. Le 12 mars 1909, des centaines d’employés descendent dans la rue. Ils se rendent rue de Grenelle (Bureau central des télégraphes) et, au cours des échauffourées qui vont suivre, le préfet Lépine est malmené.

Le lendemain, premiers débrayages au central télégraphique rue de Grenelle. Le sous-secrétaire d’Etat aux Postes, Simyan, menace de révocation les grévistes. Les incidents se multiplient dans les jours qui suivent et une grève générale débute le 15 mars. Le 22 mars 1909, les représentants des grévistes obtiennent des promesses. La grève cesse alors. Mais, en avril, le président du Conseil Georges Clemenceau et son ministre Louis Barthou, ministre des travaux publics, prévoient des conseils de discipline et des acheminements de remplacement sont prévus par les Chambres de commerce.

En mai, ce sont les leaders syndicaux eux-mêmes qui sont traduits devant les instances administratives et révoqués. La Fédération nationale des PTT lance alors un appel à la grève générale des postiers. Celle-ci n’est pas très suivie et ceux qui la font sont sanctionnés. Le 20 mai, la CGT appelle à la grève générale. Celle-ci donnera lieu à quelques incidents, mais ne s’avèrera pas concluante. Et le 21 mai, c’est la reprise du travail. Cependant plusieurs centaines de postiers seront révoqués.

Dans le 18ème arrondissement, la mobilisation était pour le moins contrastée si on en croit cet extrait de texte du journal Le Matin, repris par le site CpaScans : « Un instant, dans le quartier de Clignancourt, les choses prirent, une tournure inquiétante. Les employés du bureau central du dix-huitième arrondissement, agents et facteurs, s’étaient en majorité refusés à prendre part au dernier mouvement. Les grévistes les mirent à l’index, les traitant de "renégats" et de "vendus". Hier matin, une quinzaine de facteurs ne prirent pas leur service dans ce bureau ; ils déclarèrent aux non-grévistes que s’ils ne quittaient pas le bureau, il leur en cuirait. Dans ces conditions, les non-grévistes demandèrent au receveur de les employer à un travail intérieur ou d’assurer leur sécurité. C’est pourquoi 120 hommes de troupes furent réquisitionnés et l’on organisa des patrouilles sous la protection desquelles les facteurs procédèrent aux distributions. Les grévistes furent, par la même occasion, remplacés par des militaires. »

Lire aussi sur le web :

- 13 mai 1909, 228 postiers révoqués

- Les actualités du 13 mai 1909, les postiers de nouveau en grève

Lire aussi le livre :

- Paris au jour le jour, 1900-1919, par Elisabeth Hausser, Editions de Minuit, 1968.

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