jeudi 19 octobre 2017| 13 riverains
 

Immobilier : légère hausse des prix sur l'ensemble du 18e

Faiblesse de l’offre, demandes en progression : loin de baisser, les prix de l’immobilier dans le 18e arrondissement de Paris ont tendance, globalement, à s’harmoniser à la hausse. C’est le principal enseignement de l’enquête menée par Dixhuitinfo, dans un secteur où les principales victimes semblent être les agences immobilières elles-mêmes.

La baisse des prix de l’immobilier observée en France, ne semble pas concerner le 18e arrondissement de Paris. La faiblesse chronique de l’offre semble en cause. En revanche, l’harmonisation relative des prix entre les différents quartiers du 18e arrondissement apparaît comme la tendance la plus marquante en 2009.

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Il y a 15 ans, la différence de prix entre un appartement à la Goutte d’Or et à Jules Joffrin pouvait aller du simple au double.

Deux quartiers, Clignancourt et Grandes Carrières, figurent parmi le top 3 des quartiers parisiens enregistrant le plus de ventes au 2e trimestre 2009, selon un récent rapport des notaires de France. Même si le nombre de transactions a baissé, la crise semble n’avoir eu qu’un impact minime sur le marché de l’immobilier local. Privat Malherbe, agent immobilier installé rue Versigny depuis 7 ans, n’a d’ailleurs pas constaté de baisse majeure des prix des appartements qu’il a vendus courant 2009. La tendance serait même à l’augmentation qui accompagne l’affluence des demandes depuis août 2009, et plus encore depuis un mois.

Résultat, les appartements sur le marché s’arrachent en un temps record et à des prix inespérés. « On est surpris : des affaires, même beaucoup trop chères, partent très vite. Le fond du problème, c’est qu’il y a toujours peu de vendeurs et beaucoup d’acheteurs, » rapporte Privat Malherbe. En effet, si les acheteurs, probablement motivés par un effet psychologique d’aubaine et par des taux d’intérêt intéressants, semblent avoir repris confiance, les vendeurs se font toujours rares.

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Les agence immobilières se multiplient alors que l’offre de logement baisse.

Cette faiblesse de l’offre, combinée au doublement du nombre d’agences dans l’arrondissement depuis 10 ans, met en difficulté les petites agences immobilières, comme celle de la rue Versigny, où les agents ont été contraints de revoir leurs salaires à la baisse. Privat Malherbes confirme : « Ce n’est pas la crise qui nous porte préjudice, mais la multiplication des agences. »

La déconnexion de l’offre et de la demande actuelle a donc plus d’impact sur le marché que la crise elle-même. « Ce qui change en période de crise, explique Privat Malherbe, c’est que les gens sont beaucoup plus exigeants. Par exemple, un appartement au 1er étage sur cour, peu lumineux, aura beaucoup de mal à se vendre. » Les acheteurs sont aussi plus regardants sur les quartiers et acceptent de moins en moins d’aller s’installer à Marx Dormoy ou à la Goutte d’Or. D’autant plus qu’il est financièrement beaucoup moins intéressant d’acheter dans ces zones qu’il y a quelques années.

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La population qui s’installe dans le 18e arrondissement appartient de plus en plus aux couches sociales supérieures, y compris dans les quartiers les moins prisés.

En effet, il y a 15 ans, la différence de prix entre un appartement à la Goutte d’Or et un autre à Jules Joffrin pouvait aller du simple au double. Aujourd’hui, la fourchette des prix de vente effective s’est beaucoup réduite, globalement comprise entre 5000 et 7000/8000 euros le m2. Les logements situés dans les quartiers périphériques ont pris de la valeur, si bien que le marché de l’immobilier dans le 18e arrondissement tend à s’harmoniser à la hausse.

Conséquence directe, la population qui s’installe dans le 18e arrondissement appartient de plus en plus aux couches sociales supérieures, y compris dans les quartiers les moins prisés. D’ailleurs, ces cinq dernières années, les demandes de dérogations pour l’école primaire et surtout pour le collège ont explosé : si on veut bien s’installer dans les quartiers populaires, on souhaite cependant inscrire ses enfants dans les écoles des quartiers "favorisés". Ces indicateurs témoignent du basculement qui s’opère dans le 18e, autrefois caractérisé par la mixité de sa population.

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