lundi 26 juin 2017| 27 riverains
 

Avant l'ouverture, visite chez Gibert Joseph à Barbès

Ultime témoignage du passé Virgin, la dénomination Megastore va bientôt disparaître pour laisser l’enseigne Gibert Joseph briller seule sur le boulevard Barbès.

L’enseigne culturelle Gibert Joseph ouvre son premier magasin rive droite, mercredi 11 décembre 2013, dans les locaux de l’ancien Virgin Megastore, situés boulevard Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris. Visite exclusive et reportage au milieu des cartons avant l’ouverture officielle.

Mercredi 11 décembre 2013, à 10 heures, c’est le top départ pour Gibert Joseph à Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris. Ce nouveau magasin dédié à la culture succède au Virgin Megastore qui a baissé le rideau en juin 2013, après onze ans de service, suite à la liquidation du groupe. Tout est allé très vite dans ce dossier : l’enseigne Gibert Joseph, connue pour son magasin vedette du 26 boulevard Saint-Michel, dans le 6e arrondissement, avait été retenue voilà un mois à peine suite à un appel à projet lancé par Paris-Habitat, propriétaire des murs.

Gibert Joseph a emporté la mise devant d’autres dossiers, comme celui de Rougier & Plé, spécialiste des loisirs créatifs, malgré une offre moins alléchante au niveau financier. Paris Habitat avait accepté « de revoir ses exigences à la baisse contre la promesse d’obtenir une partie du chiffre d’affaires », raconte la mairie de Paris sur son site Internet. Le défi d’ouvrir avant la fin de l’année a donc été relevé. « Mission accomplie ! » se réjouit Olivier Sinson, directeur du nouveau magasin, lequel propose à Dixhuitinfo une visite deux jours avant l’ouverture.

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Les cartons sont à peine déballés, mais il faut faire vite : le magasin ouvre dans deux jours.

Les rayons sont déjà bien remplis, les salariés du magasin s’affairent à déballer les cartons, placer les livres, disques et DVD. Ils sont aidés par des collègues venus en renfort d’autres magasins de l’enseigne. « Contrairement à Virgin, on ne vendra pas de produits high-tech, genres consoles de jeu ou téléphones, explique Olivier Sinson. Le rez-de-chaussée sera consacré aux livres jeunesse, aux BD et aux mangas, à la musique et aux DVD. Le sous-sol accueillera le reste de la librairie (livres de poches, ouvrages scolaires) et la papeterie. Nous aurons deux fois plus de livres que notre prédécesseur. On s’est adapté à l’espace, et nous avons ajouté du mobilier. Il y aura, comme dans les autres magasins Gibert Joseph, du neuf et de l’occasion sur tous les produits. » Ceux d’occasion, évidemment moins chers, représenteront environ 60 % du total proposé à la vente.

Ce nouveau Gibert Joseph ressemble finalement au Virgin : les lieux (2 000 m2) n’ont pas été réagencés. « L’endroit est parfait pour un magasin comme celui-ci, c’est spacieux, ouvert, lumineux, souligne Olivier Sinson. Pas besoin de changer grand chose. » Malgré tout, les clés n’ayant été livrées qu’il y a trois semaines, il n’a pas fallu chômer. « La difficulté a été de remettre à niveau le magasin (peinture, électricité, sécurité, informatique, climatisation) et de concevoir une offre qualitative et quantitative en aussi peu de temps, poursuit le responsable. Il a fallu passer commande rapidement. Nous avons désormais près de 130 000 références de livres à Barbès. »

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Olivier Sinson, directeur du Gibert Joseph Barbès, met la main à la pâte, comme tous les salariés.

Une course contre la montre imposée par l’approche des fêtes de fin d’année, cruciales d’un point de vue commercial. Nicolas Vielle, responsable opérationnel du réseau Gibert Joseph, confirme : « On souhaitait ouvrir pour Noël. C’est une période d’intense activité pour nous. L’attente est forte dans le quartier. Les gens passent devant le magasin et nous interrogent sur la date d’ouverture. D’où le défi d’aller aussi vite. Sinon, nous aurions sans doute pris notre temps, un mois de plus. »

En effet, qu’ils soient simples curieux ou habitués à pousser les portes de l’enseigne précédente, de nombreux passants tentent d’entrer dans le magasin. « Je n’étais pas au courant que le Virgin avait fermé », explique James, qui habite avenue Junot. Il venait parfois y acheter des livres. Matthieu, juriste, était au courant mais n’y pensait plus : « Je sors du métro, je me suis dit que j’allais passer. Je ne savais pas que Gibert venait s’installer dans le quartier, c’est plutôt une bonne nouvelle. Je préfère cette marque au Virgin pour la diversité culturelle. C’est un cran au-dessus. » Un ancien habitant du quartier : « Je me demande si ça va marcher. Les gens du quartier vont-ils venir ? En tout cas, c’est bien qu’il y ait cette offre culturelle. J’espère qu’il y aura des disques d’occasion, c’est ce qui est intéressant avec Gibert. »

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60 % des produits vendus seront d’occasion : c’est l’une des caractéristiques de Gibert Joseph.

Pour le groupe Gibert Joseph cette ouverture est un défi au moment où les enseignes culturelles sont en difficulté (le groupe a lui-même fermé son magasin de Beauvais, dans l’Oise, fin 2012). Marc Bittoré, directeur d’exploitation du réseau Gibert Joseph, est clair : « Le secteur est sinistré. Regardez les librairies Chapitre, mises en vente et menacées de liquidation judiciaire. Notre nouveau magasin de Barbès est un bastion de résistance. Il y a un risque, rien n’est jamais gagné, mais on y croit. On se bat. » Si le directeur refuse de parler chiffres, le président du directoire du groupe, Olivier Punit-Gibert, a justifié l’implantation de l’entreprise à Barbès dans les colonnes du journal Les Échos : « Nous sommes condamnés à grossir pour nous maintenir. »

Trente personnes vont faire tourner la boutique. Une dizaine sont des anciens de Virgin. D’autres viennent du boulevard Saint-Michel. « Le marché de l’occasion, c’est un métier à part, indique Marc Bittoré. Pour le lancer dans un nouveau magasin, les salariés doivent y être familiarisés. » Nicolas Tathe est de ceux-là. Il s’occupe du nouveau rayon livres scolaires et sciences humaines : « C’est une belle aventure, je voulais en être. J’ai hâte de voir ce que cela va donner. Il y a beaucoup d’enfants et d’écoles dans ce quartier. » Lequel, avec le cinema Louxor récemment rénové et la future brasserie Barbès, est en plein renouveau.

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Près de 130 000 livres sont référencés dans les rayons du Gibert Joseph de Barbès.

Jeudi 11 décembre 2013, le nouveau Gibert Joseph sera en ordre de marche... à 99 %. « Le service de rachat de produits d’occasion ne sera ouvert qu’après les fêtes », prévient Nicolas Vielle. La billetterie ne sera pas non plus disponible dès le premier jour. Pour le reste, les équipes sont prêtes et dans les starting-blocks pour recevoir les premiers clients. « On souhaite drainer la clientèle du quartier, mais aussi, plus largement, celle de Nation jusqu’à Châtelet, voire au-delà du périphérique, espère Olivier Sinson. Nous allons aussi organiser des dédicaces avec des écrivains, des manifestations musicales. » Nicolas Vielle ajoute : « Face à Internet, à la culture dématérialisé, il faut proposer de la valeur ajoutée. C’est par exemple la qualité de l’accueil et de véritables échanges culturels. »

Gibert et Gibert, toute une histoire
Il existe deux enseignes Gibert : Gibert Joseph, d’une part, et Gibert Jeune, d’autre part. Il ne faut pas les confondre, même si leur histoire est liée. En 1886, Joseph Gibert, professeur de lettres classiques au Collège Saint-Michel à Saint-Étienne, décide de monter à Paris où il ouvre, en bord de Seine, quatre boutiques de bouquiniste. En 1888, il inaugure sa première librairie sur le quai Saint-Michel, spécialisée dans le négoce du livre scolaire d’occasion. À sa mort en 1915, ses deux fils prennent sa succession.

En 1929, la société est scindée en deux, et le fils aîné Joseph ouvre sa propre librairie sous son nom. Le cadet, Régis, conserve la librairie originelle sous le nom de Gibert Jeune. L’enseigne Gibert Joseph a plus tard ouvert des magasins en région parisienne (Versailles, Saint-Germain-en-Laye), en province (Dijon, Poitiers, Toulouse...) et s’est diversifiée dans la vente de disques et de DVD. En 2005, la société a ouvert son propre site de vente sur Internet. Gibert Joseph est implanté dans 18 villes en France, et exploite une trentaine de magasins, dont trois à Paris (Saint-Michel, dans le 13e et désormais le 18e). L’enseigne génèrerait environ 120 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon Les Echos.

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8 commentaires
  • Avant l’ouverture, visite chez Gibert Joseph à Barbès 10 décembre 2013 10:02, par Jean-Pierre Espérandieu

    Voilà une très bonne nouvelle pour le quartier (et pour moi !). La fermeture Virgin ma paraissait désastreuse mais l’enseigne Gibert est plus prestigieuse, et les livres moins cher ce qui n’est pas un mince avantage ;
    Donc bravo à Monsieur le Maire du 18e d’avoir fait le choix de la culture plutôt que celui du commerce et bonne chance à l’équipe .

    Jean-Pierre Espérandieu (du 18e)

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  • Avant l’ouverture, visite chez Gibert Joseph à Barbès 10 décembre 2013 11:50, par bernard Massera

    Je me réjouis de voir un libraire reprendre les locaux de Virgin...qui nous manquait déjà dans le quartier ... et heureux de savoir que des ancien salariés de Virgin sont repris ...
    A très bientôt ... en espérant même que des partenariats pourront se construire avec la vie associative du quartier ...

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  • Avant l’ouverture, visite chez Gibert Joseph à Barbès 10 décembre 2013 11:54, par clément

    Cool, hâte que ça ouvre !

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  • Une bonne nouvelle pour cette fin d’année :)

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  • Yes ! Fini de voir le Virgin fantôme, ce coin de Barbès va retrouver son enseigne culturelle !

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  • Avant l’ouverture, visite chez Gibert Joseph à Barbès 11 décembre 2013 10:33, par Daniel

    Bravo à la municipalité d’avoir encouragé et choisi une enseigne culturelle !
    Ras le bol des magasins bas de gamme à Barbès

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  • Avant l’ouverture, visite chez Gibert Joseph à Barbès 11 décembre 2013 19:09, par karine * m

    J’y suis allée de suite et j’ai lâché mes premiers sous, je crains d’y aller tous les jours ! :) C’est grand, agréable (plus encore que le Virgin) et les étiquettes jaunes des occasions un vrai cadeau. Quelle chance d’avoir ce lieu près de chez nous et que l’espace n’ait pas été cédé à de la confiture mais bien à la culture. Merci !

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  • Si (et seulement si) dans votre quartier vous ne trouvez pas votre bonheur chez le bon petit libraire ou le bouquiniste qui sont les premiers endroits à privilégier, allez chez cette vraie grande maison qui vient de s’ouvrir chez nous, car c’est ce que l’on fait de mieux (accueil, prix, diversité, .....).
    Sinon....allez y quand même....pour découvrir, trainer.

    Bravo et bonne chance à l’équipe

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