mercredi 29 mars 2017| 22 riverains
 

Vers la fin de la prière dans les rues de la Goutte d'Or ?

La mosquée Al Fath, située rue Polonceau, dans la Goutte d’Or. Photo © Simon Gouin.

Sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur, la prière dans la rue, dans le 18e arrondissement de Paris comme ailleurs en France, c’est terminé. Vendredi 16 septembre 2011, les fidèles musulmans de la Goutte d’Or pratiqueront leur culte dans une caserne désaffectée du Boulevard Ney. Une solution temporaire, dont se félicite la mairie du 18e. Mais qui provoque un débat dans la Goutte d’Or.

Pas de prière dans les rues de la Goutte d’Or, vendredi 16 septembre 2011. Jusqu’en 2014, les musulmans du 18e arrondissement devront prier dans une caserne de pompiers désaffectée, située boulevard Ney, du côté de la porte des Poissonniers. C’est le sens d’un accord passé mercredi 14 septembre 2011, entre les préfectures de police de Paris et d’Ile-de-France et les imams des mosquées des rues Polonceau et Myrha. D’une surface de 1500 m2, le bâtiment pourra accueillir près de 3000 fidèles. Il sera loué 30000 euros par an, pour un bail de trois ans.

Ces dernières semaines, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a redoublé d’activité pour parvenir à cet accord. Après avoir interdit la prière dans la rue sur l’ensemble du territoire, mesure qui prend effet ce jeudi soir, à minuit, le ministre a tenu des propos d’une grande fermeté : « Je le répète, j’avais dit que la pratique des prières dans la rue devait cesser et elle cessera à la date prévue. Nous pourrions aller jusqu’à l’emploi de la force si nécessaire », a-t-il expliqué dans une interview au Figaro, jeudi 15 septembre 2011.

« Nous ne sommes pas du bétail »

Est-ce si simple ? Si les mosquées Khaled ibn al-Walid, rue Myrha et Al Fath, rue Polonceau ne devraient pas accueillir les fidèles à l’intérieur des locaux pendant plusieurs semaines pour ne pas envenimer la situation, le cheikh Mohamed salah Hamza, l’imam de la mosquée Khaled ibn al-Walid, n’a pas l’intention de quitter son lieu de culte. « Nous ne sommes pas du bétail, a-t-il expliqué à l’AFP. Les travaux ont pris du retard et les revendications des fidèles ne sont pas entièrement satisfaites (pose de moquette et mise en place d’une salle d’ablution pour les femmes, en particulier). »

Côté mairie du 18e, plutôt discrète sur le sujet ces derniers temps, on tente de reprendre la main. Dans un communiqué, le maire, Daniel Vaillant, explique être en contact depuis plusieurs mois avec le Préfet de police, afin de « trouver un lieu pouvant accueillir provisoirement et dignement les fidèles qui prient dans la rue aux bords des mosquées, faute de place à l’intérieur de ces lieux de culte musulman ». Et il poursuit : « Alors que la Préfecture envisageait la possibilité de réquisitionner un gymnase, ce à quoi je me suis fermement opposé, c’est moi qui ai suggéré au Préfet ce bâtiment, vide depuis des années, propriété de l’Etat à la porte des Poissonniers. »

« Je ne m’oppose donc pas à ce projet à partir du moment où l’Etat aurait trouvé un accord avec les responsables de ces deux mosquées », indique Daniel Vaillant. Lequel souligne « avoir travaillé et abouti, depuis plusieurs années à une solution définitive et pérenne à ce délicat problème », en lançant le projet de l’Institut des cultures d’Islam, dont les travaux des deux bâtiments ont débuté. Le premier sera livré en 2013, le second début 2014. Deux salles de prières « suffisamment grandes pourront accueillir tous les fidèles musulmans du 18e ».

Lire aussi sur le site :
- Voyage à l’intérieur de la mosquée Al Fath, rue Polonceau
- L’Institut des cultures d’islam, mosquée des temps modernes

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