jeudi 14 décembre 2017| 18 riverains
 

Une salle de consommation de drogues dans le 18e ?

Le 18e arrondissement pourrait accueillir le premier centre de consommation à moindre risque pour les usagers de drogue, dont le principe a été adopté, mardi 19 octobre 2010, par le conseil de Paris. La majorité municipale y est favorable. L’opposition est contre. Le débat est lancé.

Le conseil de Paris s’est prononcé, mardi 19 octobre 2010, en faveur de l’ouverture d’un centre de consommation à moindre risque pour les usagers de drogues. Dans ce type d’établissement, les usagers de drogues peuvent venir s’injecter des produits, dans des conditions plus sûres, plus hygiéniques, sous la supervision d’un personnel médical formé. Objectif : lutter contre l’augmentation de la toxicomanie et la transmission d’infections comme les hépatites et le VIH. Mais aussi préserver la tranquillité et la sécurité des habitants, riverains des lieux de consommation.

C’est la première fois qu’une ville française se prononce en faveur d’une telle initiative. Ailleurs en Europe, à Bilbao, en Espagne, ou à Genève, en Suisse, des lieux d’accueils sont mis à la disposition des toxicomanes depuis plusieurs années. Si le conseil de Paris n’a pas débattu de l’implantation géographique de cette structure, le 18e arrondissement de Paris est concerné au premier chef. Son maire, Daniel Vaillant, a d’ailleurs rappelé que « plusieurs secteurs du 18e, comme dans d’autres arrondissements du Nord-Est parisien, doivent faire face, au quotidien, aux dommages personnels et collectifs liés aux usagers de drogues. » A ce titre, a-t-il poursuivi, « il faut à la fois réprimer plus sévèrement le trafic de drogue et mener une politique de réduction des risques sanitaires ».

Seringues abandonnées
La consommation d’héroïne s’effectue à la vue de tous : « Nous sommes toutes et tous ici, en tant qu’élus, saisis régulièrement par des habitants, un syndic de copropriété, une association sur une seringue laissée dans une cage d’escalier, dans un local à un vélo, ou sur les nuisances en tout genres engendrées par des poly-toxicomanes », a rappelé Daniel Vaillant. Une telle salle permettrait d’éviter ces comportements. Dans le 18e, à l’image des associations engagées dans la lutte contre les toxicomanies, le PC est favorable. Les Verts aussi : « Nous souhaitons l’implantation de plusieurs salles, précise même Sylvain Garel, conseiller de Paris. Il est impossible de suivre dans un même lieu des consommateurs d’héroïne et de crack. Les comportements sont différents. »

Dominique Demangel, chargée de la santé dans le 18e, partage ce point de vue : « Les protocoles de soins et de suivis ne peuvent pas être identiques pour les héroïnomanes et les consommateurs de crack. Il faut des structures distinctes. » « Ces centres de consommation représentent un élément supplémentaire dans la chaîne des outils de prévention des risques liés à la toxicomanie, en particulier le fort taux de contamination par l’hépatite C, précise l’élue. Je ne suis pas hostile à ce qu’ils soient implantés dans le 18e., en concertation avec les arrondissements voisins, le 19e et le 10e, où sont situées les gares du Nord et de l’Est, lieux traditionnels de consommation. »

Zones de non-droit ?
Du côté de l’opposition, ça coince. « Ces salles de shoot posent des problèmes de sécurité, d’augmentation de la délinquance et du trafic de stupéfiants, estime Pierre-Yves Bournazel, patron de l’UMP dans le 18e arrondissement. Compte tenu de la législation en vigueur, nous serions en présence de zones de non-droit. » Pour lui, la France, en distribuant des seringues et des produits de substitution, poursuit actuellement une politique de réduction des risques efficace : « Il serait préférable de développer de nouvelles structures d’accueil dans les hôpitaux, réduire la consommation de drogue et lutter contre les trafics, plutôt que l’accompagner. »

Pourtant, en juillet 2010, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, avait déclaré vouloir lancer une concertation avec l’ensemble des partenaires concernés par ce dossier, après avoir reçu un rapport de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) favorable, à l’ouverture de centres de consommation à moindre risque pour les usagers de drogues. Mais François Fillon, début août 2010, s’était déclaré opposé à de tels équipements : « La priorité du gouvernement est de réduire la consommation des drogues en France, non de l’accompagner voire de l’organiser, avait déclaré le Premier ministre. La mise en place de ces centres de consommation de drogue n’est ni utile, ni souhaitable en France. » On comprend mieux pourquoi le conseil de Paris n’a pas établi de calendrier : d’un point de vue financier et légal, l’accord du gouvernement est indispensable pour ouvrir ce type d’établissement.

Lire aussi sur le site :
- Les échos du premier conseil d’arrondissement de l’année 2010
- Daniel Vaillant veut un débat sur la légalisation du cannabis

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

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11 commentaires
  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 20 octobre 2010 10:58, par Virot

    Oui pour la salle de shoot mais dans le quartier de Abbesses et pas à Château rouge !

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    • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 15 novembre 2010 12:45, par JAMILA KADDOUR

      Non mais ca va pas ! Pourquoi dans le 18ème NORD, il ne nous manquait plus que cela,
      C’est inadmissible, Allez la construire ailleurs que dans le 18ème NORD.
      J’appel les habitants du 18ème à un soulèvement massif, pour s’opposer à cette salle dans le quartier.
      On a besoin d’autres structures pour notre jeunesse, de la danse, du sport, des lieux de ressources et de culture,
      Quand on connait la misère de ce quartier c’est IRRESPONSABLE de construire cela dans le 18eme NORD !

      Je suis choquée

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  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 24 octobre 2010 09:53, par MrQuick

    Oui pour une salle de shoot, mais dans l’appartement de Delanoe et une autre chez Baupin.

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  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 24 octobre 2010 22:14, par Nouveau proprio dans le 18eme qui espère ne pas regretter son achat (...)

    Non pour l’accompagnement des drogués, Oui pour des centres de désintox et une répression plus ferme pour le trafique de drogue. !!!

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    • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 3 novembre 2010 09:37, par bibiche

      Les centres de désintox accueille des gens deja en demande de désintox, les lieu d’accompagnement accueillent des gens en demadne ou non et permettent a terme un accompagnement vers la désintox qu’aucun autre endroit ne permet.

      Le desir de désintox se construit par la mise en place de moyen et notamment d’accompagnement matériel et humain.

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  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 28 octobre 2010 14:41, par Stéphane Lavignotte

    Préférez-vous qu’ils se piquent dans la rue, devant chez vous, sans accompagnement comme c’est le cas actuellement, avec toutes les nuisances pour les riverains et pour eux ? Ou dans des salles, donc avec moins de nuisance pour les riverains et pour eux, une prise en charge sociale, médicale, sanitaire ? Les seringues, vous les voulez dans la rue ou dans les poubelles de la salle de shoot ? Les usagers, vous les voulez assez vivants pour avoir une chance de s’en sortir ou morts du sida, des hépatites ?
    Les usagers de drogues sont déjà dans le 18e, la question c’est : comment faire au moins pire ?

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    • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 3 novembre 2010 19:08, par Denis.Montmartre

      Aucun problème pour en ouvrir la premère salle à titre expérimental au rez de chaussée de votre immeuble. Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer les réactions de votre voisinage.
      Cette idée est sûrement un rêve pour certains, mais elle risque de devenir un cauchemard pour les autres !

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  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 3 novembre 2010 08:57, par GUILLAUME

    oui mais pas a la porte des POISSONNIERS un peu dans d’autre quartier

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  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 7 novembre 2011 10:57, par kaddour

    Non mais c’est bon maintenant, on se tape tout nous ici.
    Oui pour une salle au pied d’immeuble de DELANOE pas dans le 18ème

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  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 8 novembre 2011 18:15, par miclucas

    NON aux salles de consommation dans le 18eme et 19 eme . les arrondissements de PARIS NORD EST ont le plus d HLM , LA POPULATION LA PLUS PAUVRE,LA PLUS COSMOPOLITIQUE ( restons politiquement correcte) LA MOINS DIPLOMEE ,IL faut donc arreter tout cela et creer des hlm dans les beaux quartiers avec des populations migrantes et des salles de consommation de drogue chez les bourgeois ...........pourquoi les hommes politiques ne nous entendent jamais ?

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  • Une salle de consommation de drogues dans le 18e ? 1er avril 2016 15:40, par lapin

    Question sérieuse !la salle droguée c’est un peut rigolo

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