mardi 25 avril 2017| 17 riverains
 

Un « ministère de la Régularisation des sans-papiers » dans le 18e

Près de 600 sans-papiers occupent, depuis vendredi 17 juillet 2009, des locaux appartenant à la sécurité sociale, rue Baudélique, dans le 18e arrondissement de Paris. Coordination, association et partis politiques qui soutiennent le mouvement, demandent une régularisation globale des sans-papiers en France.

Les couchages sont installés dans tous les recoins de l’immense hall. Les lits sont de fortune : une couverture posée sur le plateau d’un bureau démonté pour l’occasion, quelques cartons alignés sur des palettes en bois, parfois des draps à même le sol. Depuis vendredi 17 juillet 2009, entre 500 et 600 sans-papiers occupent toujours des bâtiments de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), rue Baudelique, dans le 18e arrondissement de Paris.

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De nouveaux sans-papiers arrivent tous les jours dans les locaux abandonnés de la CPAM.

« Tous les sans-papiers présents travaillent, explique Sissoko Anzoumane, porte-parole de la coordination des sans-papiers 75 (CSP 75). Nous demandons, dans un premier temps, la régularisation des 1200 sans-papiers qui occupaient jusqu’au 24 juin dernier la Bourse du travail, boulevard du Temple. Ensuite, il faudra régulariser l’ensemble des sans-papiers qui occupent un emploi dans le pays. » Partis politiques (NPA, Les Verts…), associations (Réseau éducation sans frontières, Attac, Solidaires…), syndicat (CGT du nettoiement…) soutiennent le mouvement.

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Les hommes dorment au rez-de-chaussée. Les femmes et quelques enfants, au premier étage.

De nouveaux sans-papiers arrivent tous les jours rue Baudelique. Les entrées sont filtrées : « Impossible d’accueillir les personnes uniquement en recherche de logement, » soulignent des responsables de la CSP 75. Les bâtiments désaffectés de l’assurance maladie n’accueillent donc pas un squat, mais « un ministère de la régularisation des sans-papiers », indique Sissoko Anzoumane. Au bout d’un escalier de fer, un bureau est consacré au traitement des demandes de régularisation. Le gouvernement s’était engagé, le 9 juillet, à examiner 300 dossiers. Aujourd’hui, les soutiens aux sans-papiers en réclament davantage.

La CPAM, propriétaire des lieux, a saisi, lundi 20 juillet, le juge des référés pour occupation illicite de ses locaux. Jugement, vendredi 24 juillet 2009. La mairie de Paris a tenté, voilà plusieurs mois, de préempter les bâtiments pour y construire, notamment, des logements sociaux. Mais, à 32 millions d’euros, ce n’était pas possible, commente la municipalité.

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La coordination des sans-papiers 75 demande la régularisation de 1200 dossiers.

Aux premières heures de l’occupation, les sans-papiers s’étaient installés dans les étages. Les vieux bureaux en guise de chambres. Pour des raisons de « visibilité du mouvement », dit la CSP 75, les hommes ont été invités à prendre place au rez-de-chaussée. Ils ont investi les plates-formes de déchargement de camions. Au premier étage, un espace a été réservé aux femmes. Elles sont accompagnées de quelques enfants.

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Les entrées sont filtrées, au 14 rue Baudélique.

Les différents niveaux des trois bâtiments, principalement dédiés au Comité central d’entreprise de la CPAM, ont aussi été neutralisés pour des raisons de sécurité. En effet, si ces immeubles à l’architecture disparate, abandonnés depuis plusieurs mois seulement, ne semblent pas présenter de dangers particuliers, le dédale de couloirs, des escaliers, ou le mécanisme des ascenseurs, sont autant de pièges. Côté sanitaire, les lavabos fonctionnent. Ni l’eau ni l’électricité n’ont été coupées. « De ce point de vue, c’est mieux que la Bourse du travail », assurent les sans-papiers.

Photo page d’accueil : ©Elodie Ratsimbazafy

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