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Un collectif de mal-logés occupe la mairie du 18e

Bernard et Antonin, membres du collectif des mal-logés du 18e sans frontières, sur le seuil de la mairie du 18e, jeudi 12 avril 2012.

Un collectif de mal-logés s’est invité à la mairie du 18e arrondissement de Paris, jeudi 12 avril 2012, afin d’alerter le maire, Daniel Vaillant, sur soixante cas de mal-logés et sans-abris dans l’arrondissement. Une liste de noms a été remise à son directeur de cabinet.

Le collectif des mal-logés du 18e sans frontières a occupé le premier étage de la mairie du 18e arrondissement de Paris, jeudi 12 avril 2012, dans l’après-midi, durant deux heures, afin de rencontrer Daniel Vaillant, maire de l’arrondissement, ou Michel Neyreneuf, adjoint chargé du logement. Avec eux, une liste de soixante cas de mal-logés et de sans-abris que le groupe estime prioritaire. « On était déjà venu jeudi dernier, explique Bernard, 68 ans, retraité. Ils nous avaient promis de nous recontacter. Ce qui n’a pas été fait. »

Aujourd’hui, la trentaine de militants veut un engagement écrit de la mairie. « J’ai insisté pour que Didier Vallet, le directeur de cabinet de Daniel Vaillant, signe et tamponne sa promesse de nous répondre, » martèle Antonin Horon, 22 ans, chômeur et engagé depuis quelques mois pour l’association. « Nous allons étudier cette liste attentivement, affirme Didier Vallet. Et voir, au cas par cas et en fonction des réglementations, quelle suite nous pouvons donner à ces demandes. »

Se loger dignement

Créé en 2001, le collectif regroupe une quarantaine de mal-logés du 18e arrondissement. Il s’engage sur plusieurs fronts, comme la régularisation des sans-papiers ou le droit du logement. « On lutte pour la possibilité de se loger dignement, une demande tout à fait naturelle, clame Antonin Horon. Nous voulons la fin des expulsions sans solution de relogement. Il y a des places mais, pour être exonérés de charges, les propriétaires préfèrent laisser les logements vides. Le système est fait pour privilégier les puissants. »

Tous réclament une volonté politique pour stopper la hausse des prix des loyers et favoriser l’accès des plus démunis aux logements, sociaux ou non « Droite comme gauche entretiennent la gentrification du quartier, explique Leïla, une militante. Les pauvres sont contraints de quitter l’arrondissement à cause de la logique spéculative de la mairie et des bailleurs sociaux. Nous ne voulons pas être relégués dans les taudis ou dans les fins fonds de la banlieue. »

12 000 personnes sur liste d’attente

Vers seize heures, après la médiation du commissaire de police du 18e, Matthieu Clouzeau, le collectif lève le camp dans le calme. Au pied de la mairie, la petite troupe se prépare à célébrer cette petite victoire, dans un café de la rue Hermel. Mais certains ne se font guère d’illusions. « Je sais très bien qu’il ne nous rappellera pas, déplore Bernard. Comme d’habitude, il nous a servi sa langue de bois, son hypocrisie. C’est comme se battre contre des moulins. »

« La situation reste tendue dans le domaine du logement, reconnaît Didier Vallet. Les cas désespérés existent. Mais nous travaillons : le 18e a dépassé, fin 2011, les 20 % de logements sociaux obligatoires fixés par la loi SRU. Nous visons 25 % avant la fin de cette mandature. » Mille personnes sont relogées tous les ans dans l’arrondissement, 12 000 autres patientent sur une liste d’attente. Et pour le directeur de cabinet de Daniel Vaillant, « il ne suffit pas d’envahir bruyamment la mairie pour passer devant tout le monde. »

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2 commentaires
  • Un collectif de mal-logés occupe la mairie du 18e 17 avril 2012 08:11, par Collectif des mal logés du 18ème sans frontières

    Merci pour cet article.J’aimerais toutefois y apporter quelques précisions :
    - Nous sommes un collectif "sans frontières" c’est à dire qu’il ne concerne pas que les personnes habitant dans le 18ème arrondissement.
    - Notre collectif n’est pas un collectif de militants. Il n’y pas de responsable, nous sommes tous responsables. Ce sont les personnes concernées qui prennent les décisions des actions à mener.
    - Nous avons également exigé un rendez-vous avec la SIEMP, dont Madame BOUYGUES, élue dans le 18ème, fait partie du conseil d’administration. Nous n’avons obtenu aucun engagement pour cela.
    - Enfin, pour répondre à M. Vallet : on ne prétend pas passer devant tout le monde, au contraire : on encourage tout le monde à faire de même !

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  • Un collectif de mal-logés occupe la mairie du 18e 20 avril 2012 13:37, par Philippe Bordier

    Nous publions sur dixhuitinfo.com la réponse que la mairie du 18e arrondissement a adressé au collectif : http://bit.ly/HXB3PV

    Répondre


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