dimanche 23 juillet 2017| 15 riverains
 

Tendance, Pigalle se rhabille (1)

Les vieux sex-shops n’ont plus la cote. Photo : © Alexandre Pieroni.

Pigalle reste le quartier des touristes et des sex-shops. Mais une nouvelle population fait émerger commerces, bars tendances et salles de concerts relookées. Quand celles-ci ne brûlent pas, à l’image de l’Elysée Montmartre, fin mars. Adieu vieux rades et temples du sexe décatis ! La métamorphose ne fait que commencer. La suite du reportage a été publiée mardi 19 avril 2011.

Pigalle a changé. Le nouveau terre-plein central, dont les travaux ont été achevés en 2010, s’est doté d’une promenade plantée et d’une piste cyclable. L’éclairage a été modernisé et les passages piétons ont été sécurisés par des feux de signalisation. Même les sex-shops ont retrouvé une seconde jeunesse. Ce quartier, connu du monde entier, n’a t-il changé que pour ses touristes ?

Certains signes montrent que ce lieu mythique est en train de s’adapter à la nouvelle population qui y vit. Une population dite « bobo » identifiée depuis une dizaine d’années, mais difficile à circonscrire, semble correspondre aux nouveaux habitants de Pigalle : une population jeune (35-40 ans), aisée, qui recherche des produits originaux, branchés tout en gardant le goût de l’authentique et du pittoresque.

Épicerie fine

Des commerces spécialisés révèlent le changement des habitudes de consommation : l’alimentation biologique, par exemple. Le magasin Naturalia, ouvert en janvier 2010 sur le boulevard de Clichy, est spacieux, lumineux. « Il y avait une attente de la part des habitants du quartier qui jusqu’à maintenant se rendaient dans notre magasin de la rue Lepic, beaucoup plus petit », assure une vendeuse. Même si le panier moyen est moins élevé que pour le magasin des Abbesses, la fréquentation dans ce nouveau lieu reste honorable. Une épicerie fine, le Nouveau marché des gastronomes avec traiteur et produits biologiques, a aussi fait son apparition sur la place Pigalle en mai 2009.

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Au cœur du "SoPi", une sorte de Soho parisien. Photo : © Alexandre Pieroni.

D’autres enseignes se sont installées dans le bas de Pigalle, côté 9e arrondissement, dans un quartier surnommé "SoPi" pour "South Pigalle", une sorte de SoHo (quartier chic de New-York) parisien. Plusieurs magasins de vêtements de jeunes créateurs se sont implantés depuis deux ans rue Henry Monnier. La boutique Cancan, par exemple, propose une sélection de jeunes créateurs internationaux dont la plupart sont diffusés en exclusivité en France. Sur les vingt-sept marques choisies, dix sont scandinaves, et toutes proposent des habits décalés mais sobres.

La boutique propose également Warmi, une marque franco-colombienne de mode éthique. « Mes clientes recherchent des pièces originales, qui se différencient des chaînes de magasins chics que l’on trouve à Abbesses, confie Lisa Muscinési, gérante de la boutique. Ce sont en général des femmes d’une quarantaine d’années qui gagnent bien leur vie, J’ai choisi de m’installer à Pigalle car c’est un quartier vivant qui va continuer à se développer. »

Dans cette même rue se trouve Galls rock, une boutique dédiée à la culture rock féminine qui propose vêtements, CD, vinyls, livres et DVD musicaux. Des concerts pour un public d’une trentaine de personnes ont lieu dans une petite salle attenante à la boutique dans laquelle les clients peuvent aussi écouter des disques.

Bars, clubs branchés

« Notre clientèle est jeune : ce sont des personnes qui ont entre 25 et 40 ans et qui recherchent une relation personnalisée avec le vendeur. Ils aiment être conseillés », remarque Pauline Dutheil, l’une des créatrices du magasin. Les produits proposés dans ce magasin renouent avec la tradition musicale du quartier. « Nous nous sommes installées dans le quartier des magasins de musique, des labels et des salles de concert », se réjouit la jeune commerçante.

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Les vielles boîtes de nuit de Pigalle attendent-elles la démolition ? Photo : © Alexandre Pieroni.

Des établissements musicaux flambant neufs ont fait leur apparition ces deux dernières années. Le moulin rouge a racheté la discothèque La Loco et créé La Machine du Moulin Rouge qui comprend à présent un club et une salle de concert avec une programmation électro hip-hop, new wave, etc. À quelques mètres, les Trois Baudets, salle mythique de Pigalle, a rouvert en février 2009, mettant en avant la nouvelle scène de la chanson française qui attire un public jeune.

Des bars branchés sont apparus qui n’ont plus rien à voir avec les cabarets populaires et les établissements où se produisaient des danseuses dévêtues. Chez Moune, le nouveau club branché de la rue Jean-Baptiste Pigalle était depuis 1936 un cabaret lesbien. L’affluence de cette nouvelle discothèque a entraîné une hausse de la fréquentation du Sans-Souci, le bar situé sur le trottoir d’en face. « On vient boire un verre ici le soir avant d’aller chez Moune, explique Thomas, 23 ans, étudiant en sciences-politiques. Et puis ils passent de la bonne musique rock et électro. »

La nouvelle équipe du Sans Souci, en place depuis trois ans, a transformé en bar branché un bistrot de quartier dans lequel les clients venaient regarder des matchs de rugby. « On aime les bars branchés mais on aime aussi les vieux rades comme L’Arsouille, à Abbesses », affirme Fabien, l’ami de Thomas. (À suivre...)

Lire la suite :
Pigalle se rhabille (2)

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