
La rue Joseph Dijon, mercredi 25 janvier, en soirée, lors de l’incendie d’une cave où vivaient une femme et ses deux enfants.
Les riverains de la rue Joseph Dijon, dans le 18e arrondissement de Paris, se plaignent régulièrement de la dégradation de leur cadre de vie. A la suite d’un nouvel incendie, mercredi 25 janvier 2012, ils sollicitent l’intervention de la municipalité.
Sous le ciel gris, la rue Joseph Dijon a mauvaise mine. Télévision défoncée sur le trottoir. Vieux matelas contre le parcmètre. Plus loin, des morceaux de bois entravent le défilé des passants. Et à la hauteur du n°8, une persistante odeur de brûlé. C’est dans la cave de cet immeuble du 18e arrondissement de Paris qu’un incendie s’est déclaré, mercredi 25 janvier 2012. Hébergée là depuis dix ans par son mari, gérant du salon de coiffure rez-de-chaussée, dont elle est la deuxième épouse, une femme et ses deux enfants l’ont échappé belle. Ils ont pu s’enfuir à temps.
Les habitants de l’immeuble, aux nombreux appartements noircis par la fumée, ont eu chaud. Le feu, provoqué, d’après les déclarations du gérant à la police, par un court circuit sur l’installation électrique qui reliait la cave au salon de coiffure, aurait pu gagner les étages sans l’intervention rapide de nombreux pompiers. Incommodée, une femme a néanmoins été hospitalisée.

- Rue Joseph Dijon, l’unique poubelle déborde régulièrement.
Une bombe sous l’immeuble
« On fait vraiment n’importe quoi dans cette rue, tout semble permis , dénonce Dominique Augiron, conseiller de quartier Jules Joffrin-Clignancourt et habitant de la rue depuis dix-sept ans. L’autre jour, dans mon immeuble, sur l’autre trottoir, un gars a installé au sous-sol un système de chauffage au gaz pour alimenter la laverie au-dessus. Sans autorisation. Une bombe sous l’immeuble ! Je suis intervenu à temps. »
De nombreux riverains savaient qu’une famille vivait dans la cave incendiée. « Qui est responsable ? A qui se plaindre ? » Dominique Augiron, qui n’a pourtant rien d’un foudre de guerre, enfonce le clou : « C’est comme si la loi n’existait pas dans cette rue. On ne voit personne, les élus municipaux ne se déplacent pas sur les lieux de ces faits-divers. A l’image des policiers, jamais là quand il faut. » Il disait déjà la même chose, en juin 2010, après l’incendie volontaire de plusieurs voitures dans la rue.
Que font les éducateurs ?
Mais cette fois, c’est la bonne. Myriam El Khomri, adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et de la sécurité et élue du 18e, a promis de rencontrer, « très prochainement », des habitants de ce quartier, situé à quelques centaines de mètres de la mairie. « La municipalité doit jouer un rôle pédagogique, poursuit Dominique Augiron. Par exemple, s’occuper des jeunes, qui traînent toute la journée dans la rue. Toujours les mêmes. Je discute souvent avec eux. Ils ne sont pas méchants. Ils disent qu’ils s’emmerdent. Que font les animateurs, les éducateurs ? »
Courte, trois cents mètres à peine, la rue Joseph Dijon n’a pourtant rien d’une enclave. Depuis le métro Simplon, sur la ligne 4, les nombreux piétons l’empruntent pour rallier la place Jules Joffrin, la mairie, la rue du Poteau et ses commerces. De nombreux bars et restaurants jalonnent la voie. « C’est plutôt sympa, mais l’endroit mérite un bon coup de peinture », soupire Julie, une jeune riveraine, en pointant les devantures dégradées des nombreuses boutiques abandonnées. « Ne laisse-t-on pas ce quartier pourrir volontairement en prévision d’une opération immobilière », s’interroge encore Dominique Augiron.
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