mardi 16 septembre 2014| 46 riverains
 

Réactions et témoignages sur les faits de collaboration d'Albert Simonin, enfant du 18e

Dixhuitinfo.com a rappelé, mercredi 24 mars 2010,le passé trouble d’Albert Simonin, écrivain, condamné à cinq ans de prison à la Libération pour faits de collaboration. Son nom devait être associé à une rue du 18e arrondissement de Paris, à la suite d’un vœu adopté par le conseil d’arrondissement.
Nous publions la réaction de Daniel Vaillant, maire du 18e, ainsi que des témoignages d’historiens et des extraits d’une émission de radio où des amis de l’écrivain, sa famille et Simonin lui-même, racontent sa période trouble.

« Je confirme le passé de collaborateur d’Albert Simonin pendant la seconde guerre mondiale, explique à dixhuitinfo l’historien Pascal Ory, auteur du livre "Les Collaborateurs 1940-1945"(*), publié en 1976. D’ailleurs, cinq ans de prison, c’est une lourde condamnation pour un journaliste qui a pratiqué la collaboration intellectuelle. Il est peut-être allé plus loin... »

Contactés par dixhuitinfo, les historiens Serge Klarsfeld et Jean-Pierre Azéma ont expliqué avoir croisé le nom d’Albert Simonin au cours de leurs travaux consacrés à l’Occupation et à la déportation pendant la dernière guerre mondiale. « Albert Simonin a bien fricoté avec l’extrême droite sous le gouvernement de Vichy », a simplement précisé Jean-Pierre Azéma.

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La réaction de Daniel Vaillant, maire du 18 arrondissement, adressée à dixhuitinfo.com, dans la matinée du jeudi 25 mars.

Dans un communiqué de presse adressé à dixhuitinfo, Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement de Paris, tient à rappeler l’histoire du vœu adopté à l’unamité au conseil d’arrondissement lundi 22 mars 2010. Il précise aussi que les informations publiées par l’encyclopédie en ligne Wikipédia, notre première source, en effet (mais nous ne nous sommes pas arrêtés là...), sont parfois sujettes à caution. C’est exact. C’est pourquoi, bien évidemment, nous avions vérifié nos informations avant de publier notre article du 24 mars 2010.

Nous précisons donc que les fac similés de la brochure intitulée "Le bourrage de crâne" sont accessibles sur le site Internet Histoire & Mémoire. Ce document, rare, est prisé des collectionneurs, puisque vendu au prix de 1000 euros. Cependant, il est possible de le consulter librement au Mémorial de la Shoah, à Paris, où il est archivé sous la cote 1.25-506.

La biographie d’Albert Simonin est aussi disponible sur le site Internet de la Fnac.

Daniel Vaillant précise avoir demandé à des historiens de lui confirmer, ou non, les faits rapportés par dixhuitinfo.com. Et de conclure son communiqué : « S’ils sont confirmés, il va bien sûr de soi qu’aucun lieu du 18e ne portera le nom d’Albert Simonin. » Aux dernières nouvelles, selon Didier Vallet, le directeur de cabinet de Daniel Vaillant, le vœu sera effectivement retiré.

(*)Le Seuil, 1976, 331 pages,
Publié en poche en 1980, dans la collection « Points » - histoire

Deux élus du 18e arrondissement, Ian Brossat, conseiller (PCF) de Paris et du 18e, et Pierre-Yves Bournazel, président du groupe UMP du 18e, ont aussi publié un communiqué reprenant les informations de dixhuitinfo.

- Le communiqué de Ian Brossat, sur son blog, en cliquant ici.

- Le communiqué de Pierre-Yves Bournazel : « Ce vœu a été adopté à l’unanimité, dans une relative indifférence. Depuis, nous avons appris que cet auteur a participé à la rédaction de textes notoirement antisémites et a été condamné à 5 ans de prison, à la Libération, pour faits de collaboration. Il serait absolument inconcevable qu’une rue de Paris porte un tel nom. Ce serait une atteinte portée aux valeurs de Paris. Je demande au Maire du 18ème de renoncer à ce voeu et dès le prochain Conseil d’arrondissement, je demanderai que cette rue porte le nom d’un résistant afin d’honorer tous ceux qui se sont battus pour l’honneur de Paris. »

Simonin : « Je me suis efforcé de devenir vertueux »
Dans une émission intitulée "Albert Simonin, l’affranchi", diffusée sur France Culture le 24 avril 2008 et consacrée à la vie et l’œuvre de l’écrivain, des amis de ce dernier (Robert Sabatier, Alain Decaux), sa fille, sa deuxième femme et Simonin lui-même, évoquent ses années sombres et son séjour en prison.
Par Elodie Maillot - Réalisation : Céline Ters.

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Simonin : « J’étais peut-être un voyou. »
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L’écrivain Robert Sabatier et l’historien Alain Decaux évoquent les années sombres de Simonin.
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Françoise Simonin-Lucas, fille de l’écrivain, parle de son père en prison.
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Marie-Hélène Simonin, femme de l’écrivain : « C’est une parenthèse. »

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