vendredi 24 mars 2017| 34 riverains
 

Où sont les sans-papiers de la rue Baudelique ?

Les sans-papiers qui occupaient les locaux de la CPAM dans le 18e arrondissement de Paris se retrouvent désormais tous les jours, place de la République. Qu’en est-il des promesses de régularisations de la préfecture ? 133 d’entre eux ont obtenu des papiers. Mais ils étaient 2000, rue Baudelique, entre juillet 2009 et août 2010...

Il y a trois mois, ils se retrouvaient tous les jours dans les locaux abandonnés de la CPAM, rue Baudelique, dans le 18e arrondissement de Paris. Après plus d’un an d’occupation, les 2000 sans-papiers avaient décidé de quitter les lieux, le 7 août 2010. Une sortie pacifique, négociée avec la préfecture, contre une promesse de 300 examens de dossiers en vue de régularisations.

« Jusqu’à maintenant, on a obtenu 133 régularisations, indique Djibril Diaby, porte parole de la Coordination 75 des Sans-papiers (CSP 75). Même si la lutte doit continuer, c’est une petite satisfaction. On n’avait jamais vu ça ! »

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Djibril Diaby, porte parole de la CSP 75 : « Même si la lutte doit continuer, c’est une petite satisfaction. On n’avait jamais vu ça ! »

De la rue Baudelique, les sans-papiers se sont rendus à la place de la République. Ils sont une quarantaine à s’y réunir du lundi au samedi. Pour échanger des informations, remplir les dossiers, organiser la lutte. Tous les mercredis, ils se rendent au Ministère de l’Intérieur, depuis la disparition du Ministère de l’immigration. Ils manifestent aussi devant la Préfecture de Paris, pour ne pas se faire oublier, et devant les commissariats, quand un des leurs est arrêté : « On se rassemble, on fait du bruit, raconte Djibril Diaby. Quand les policiers en ont assez, nos amis sont libérés. »

Antoine Lagneau a suivi l’aventure de la rue Baudelique, après celle de la Bourse du travail. Pour le secrétaire d’Europe Ecologie Les Verts du 18e arrondissement, les sans-papiers ont perdu la position de force qu’ils possédaient avec l’occupation des locaux de la CPAM : « C’est triste, car l’occupation de la rue Baudelique avait assuré, à leur arrivée, une médiatisation de leur combat, explique-t-il. Leur départ leur a permis d’obtenir quelques régularisations. Mais elles sont d’un nombre dérisoire par rapport au nombre de sans-papiers qui attendent. Il faudra retrouver un lieu de mobilisation pour recommencer la lutte. C’est à chaque fois la même chose, et la politique du gouvernement envers les sans-papiers, elle, n’évolue pas. »

Les sans-papiers cherchent désormais un nouveau lieu de rassemblement : « On discute avec l’Hôtel de Ville », note Djibril Diaby qui se souvient positivement de l’occupation des locaux de la CPAM : « A la rue Baudelique, on donnait des cours d’alphabétisation, on organisait des concerts de musique. C’était un sacré boulot. Et la population du 18e était accueillante, humaniste. »

Lire aussi sur le site :
- Un ministère de la régularisation des sans-papiers dans le 18e
- Les sans-papiers de la rue Baudelique sur le départ ?

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