mardi 28 mars 2017| 47 riverains
 

Les supermarchés dans le collimateur des riverains

Entre palettes déballées dehors et cartons qui s’envolent, les supermarchés du 18e arrondissement de Paris, et de l’ensemble de la capitale, sont dans le collimateur des riverains... et de la mairie. C’est ce qui est ressorti, entre autres points, du conseil de quartier Grandes carrières - Clichy qui s’est tenu jeudi 15 décembre 2011, axé sur la propreté.

Saletés produites par les supermarchés, ramassage des encombrants, déjections canines et tags, les sujets gravitant autour de la propreté, thème retenu du dernier conseil de quartier Grandes carrières - Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris, qui a eu lieu le 15 décembre 2011, étaient variés. Tour d’horizon des débats.

1. Les supermarchés

« Illégalité » et « tolérance », voila les deux mots qui sont ressorti du discours de Félix Beppo, adjoint au maire de l’arrondissement en charge de la propreté, concernant les déchets issus des supermarchés. « Le déballage des palettes se fait sur les trottoirs en toute illégalité. (...) On reconnait qu’il y une tolérance de notre part », explique-t-il face à une cinquantaine de riverains.

Un paradoxe à la limite de l’oxymore qui pourrait se résumer par la formule « peu d’agents pour verbaliser (quatre pour le 18e) = peu d’amendes ». Un constat auquel la mairie, et les riverains, souhaiteraient mettre un terme. « C’est toujours sale devant les supermarchés du quartier ! », râle cette riveraine, alignant une longue liste de noms et d’adresses des magasins incriminés. « Et ça rentre jusque dans ma cour », ajoute une seconde, habitante de la rue Marcadet.

Comment agir ? Avec de la prévention, en incitant les grandes surfaces à adhérer, et respecter, une charte locale de propreté, à la manière de ce qui a été fait, il y a deux ans, avec certains commerçants du 18e. Problème : les adhésions n’ont pas fait mouche, comme le reconnait l’élu à la propreté. Les commerçants signataires, sur la base du volontariat, risquaient de perdre leur terrasse en cas de non-respect. « Ce n’est pas engageant », précise-t-il, réaliste.

Autre piste évoquée : une verbalisation plus agressive, quitte à « faire du chiffre ». « On a rien contre », précise une riveraine dans l’assemblée. Avis aux supermarchés du 18e, et aux autres.

2. Nette améliorations sur l’enlèvement des encombrants

« L’enlèvement des encombrants se fait en 48 h désormais, contre 4 à 5 jours il y a quelques années. Il y a eu des avancées », s’est félicité Félix Beppo. Une évaluation qui semblait partagée par l’assemblée. « Quand je signale la présence d’un encombrant par Internet, c’est enlevé parfois dans la journée », s’est même étonné Didier, habitant et conseiller de quartier. « Vous avez de la chance. Ce n’est pas vrai pour l’ensemble du 18e », a soupiré, discrètement, une habitante.

Des points noirs persistent, encore et toujours. Un, parmi d’autre : le terrain vague de la rue Etex. « C’est constamment sale. Les encombrants déversés là restent longtemps, au moins autant que les ordures qui ne sont pas contenues dans des sacs plastiques et s’éparpillent. Il faudrait au moins interpeller le propriétaire ! », explique M. Müller, riverain. M. Gabriel, responsable du secteur Montmartre - Clichy - Grandes carrières auprès de la Propreté de Paris a précisé que les agents de la propreté nettoyaient et ramassaient ce coin. « Bien sûr, si les ordures ne sont pas dans un sac, je ne vais pas demander à mes hommes de les ramasser une à une ».

3. Dégradation du nettoyage des déjections canines et des tags

Partant sur le même manque d’effectif des agents verbalisateurs, Félix Beppo a reconnu la dégradation de la situation concernant les déjections canines. « Nous ne sommes pas assez efficace », a-t-il ajouté. Le sujet n’a pas provoqué d’houleux débats, jeudi soir. Pour rappel, le ramassage des déjections canines est obligatoire depuis avril 2002 à Paris, sous peine d’une amende de 35 €.

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La parole était souvent réclamée jeudi soir.

Concernant les tags, deux facteurs expliquent la dégradation de la situation. « Une recrudescence en 2011 », selon l’élu, et une détérioration des conditions de nettoyage. « La ville a changé de prestataire début de 2011 », au bénéfice de l’entreprise HTP - antigraffiti depuis le début de l’année 2011. Un changement qui ne convainc pas. « Il a fallu trois mois à l’entreprise pour se rendre compte qu’elle s’était vendue trop bas lors de l’appel d’offres ; la qualité de service n’était donc pas à la hauteur de ce qui était attendu (...). La ville a collé des pénalités à l’entreprise mais ça n’enlève pas les tags, concède-t-il. On pense à changer de prestataire si rien n’évolue ».

Désavoué
En milieu de soirée, le débat a bien failli dériver sur l’accès à Internet, emmené par un membre du public. « Tout à l’heure, quelqu’un disait qu’en signalant la présence d’encombrant sur Paris.fr, l’enlèvement pouvait se faire en 24h. Bon, Internet, c’est intéressant comme truc mais, y’a des gens qui l’ont pas ! » Brouhaha dans la salle, grognements et interrogations fusent. Et l’homme de réclamer un sondage, sûr de lui : « Qui a internet ici ? ». Au doigt mouillé, 80 % des membres de l’assemblée — moyenne d’âge autour de 45 ans — ont levé la main.

Lire aussi :
5.760 tonnes d’encombrants ramassés dans le 18e en 2009
La guerre au dépôt sauvage d’encombrants est déclarée

Où ça se passe:

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1 commentaire
  • Les supermarchés dans le collimateur des riverains 6 janvier 2012 15:35, par Chocolatine

    Bonjour,

    Je pense qu’il serait nécessaire un jour de réviser certains jugements... je vis dans le 18ème et j’ai un chien ; je ramasse systématiquement ses déjections et je trouve cela naturel. Par contre je suis outrée qu’on accuse toujours les animaux de salir la rue alors que je ne constate que présence de nombreux crachats, de vomissures , de canettes et bouteilles cassées par terre (on n’étend même pas le bras pour jeter ceux-ci dans la poubelle à côté !), d’encombrants, des mégots, d’ hommes qui urinent n’importe où (même sur des entrées d’immeuble ou..école) et qui ne sont... JAMAIS, JAMAIS inquiétés !!!

    je peux vous certifier que ce ne sont pas les chiens qui sont sales !!! et il m’arrive souvent de pestiférer car eux peuvent se couper les pattes ou se bruler sur des mégots non éteints.

    Merci d’avoir un peu plus le regard enfin tourné vers les vrais coupables !!! et de leur donner les amendes qu’ils méritent..

    Cordialement

    Une riveraine de longue date

    Répondre


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