mardi 25 juillet 2017| 148 riverains
 

Les sex-shops de Pigalle se banalisent

À Pigalle, dans le 18e arrondissement de Paris, les sex-shops font partie du décor depuis plus de cent ans. S’ils ont longtemps traîné une mauvaise réputation, ces magasins se banalisent et veulent devenir des commerces comme les autres. Reportage.

Des formes marrantes et étonnantes. Des objets de toutes les couleurs. Une ambiance très détendue. Nous ne sommes pas dans un magasin de jouets pour enfants, mais dans une boutique de joujoux pour adultes : Rebecca Rils, situé 76 Boulevard Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris.

Finie l’époque ou les sex-shops étaient vus comme des lieux de perversion et de débauche. AUjourd’hui, les vitrines, plus excentriques que vulgaires, attirent l’attention de plus en plus de passants. La curiosité est forte et passer la porte (maintenant sans rideaux) ne demande plus trop de courage.

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Les adeptes des sex-shops sont en majorité des touristes. Mais les riverains y entrent aussi sans se cacher.

Pigalle a toujours été synonyme de quartier rouge parisien, mais sa réputation est en train de changer. Les habitants du quartier s’habituent à la présence de ces boutiques coquines (pas mal d’entre eux sont même devenus des clients). Le cliché demeure, mais sans les inconvénients. « Pigalle sans sex-shops, c’est comme Paris sans Tour Eiffel », explique Damien, employé de la boutique depuis presque un an.

À l’intérieur du magasin il y a un peu de tout. Et comme les objets vendus, les clients sont variés et curieux. Des couples, des jeunes, des vieux, des groupes de filles plus que de garçons. Moyenne d’âge, entre 25 et 45 ans.

« Le sexe n’est plus un tabou, affirme Damien. Les clients sont cools, le coté glauque de ce genre d’activité a presque disparu. » La montée en puissance d’Internet et les nouveaux phénomènes de mode sont porteurs pour ce secteur d’activité. Ils banalisent l’érotisme, comme la pornographie. Plus la peine de se cacher derrière un ordinateur, les phantasmes peuvent se matérialiser dans un magasin comme si on allait acheter une baguette ou simplement un cadeau original. « Les objets proposés sont de plus en plus colorés et variés, ils sont rarement vulgaires ou trop crus, explique encore Damien. Les clients recherchent certainement l’érotisme, mais c’est surtout le côté ludique de cet univers que les intéresse. »

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La moyenne d’âge des clients est comprise entre 25 et 45 ans.

Une grande partie des adeptes des sex-shops sont des touristes. En majorité des Italiens, Espagnols ou Russes. Mais le nombre de clients-riverains du quartier est en hausse. « Avant, ils étaient méfiants, poursuit Damien. Depuis quelques années, ils entrent jeter un coup d’œil, ils font leurs premiers achats, jusqu’à devenir de véritables habitués. »

Les sex-shops, grâce aussi à cette tolérance progressive, ne connaissent pas de crise économique. Leur chiffre d’affaires continue de progresser. Les périodes de l’année les plus rentables sont la Saint Valentin et les vacances de Noël. Pas d’inquiétude, le papier cadeau est d’une absolue discrétion.

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2 commentaires
  • Les sex-shops de Pigalle se banalisent 13 juin 2011 02:47, par GENERALTOUSSAINTLOUVERTURE

    camarade journaliste attention au terme "se banalisent"
    le ban, et l arriere ban...

    Répondre

  • Les sex-shops de Pigalle se banalisent 20 juin 2011 13:20, par ODILE G.

    Pour connaître Pigalle depuis 60 ans, je peux vous dire que votre reportage idéalise sacrément cette activité et cent ans, vous exagérez ! Mais en quelques dizaines d’années elle s’est tellement développée qu’on a frôlé la monoactivité (ou plutôt bi-activité avec les peep-shows) avec la transformation des cinémas, bars et commerces alimentaires, entraînant un refroidissement certain de l’ambiance de Pigalle. Ont fleuri des boutiques mal entretenues, sordides avec vitrines masquées, fermées sur l’extérieur, entraînant la baisse de la fréquentation des Blds par les riverains qui appréciaient plutôt la fête foraine et l’abandon de tout entretien par la municipalité. Si légère transformation il y a aujourd’hui, elle n’est que de vitrine, et plutôt même contrainte par la modification des Blds (réaménagement municipal, modification de la population par l’arrivée des trentenaires). Ont est encore très loin du festif .

    Répondre


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