mardi 26 septembre 2017| 20 riverains
 

Les sans-papiers du 18e veulent montrer qu'ils existent toujours


Les sans papiers qui occupent, depuis juillet 2009, les locaux vides de la CPAM, rue Baudelique, dans le 18e arrondissement de Paris, ont participé, lundi 1 mars 2010, à la journée « 24h sans nous ». Objectif : montrer l’impact des travailleurs immigrés, dans l’économie nationale et rappeler leur présence. Oumar, manutentionnaire titulaire de faux papiers, était solidaire. Rencontre.

Lundi 1er mars 2010, ils ont tenu à rappeler qu’ils étaient toujours là, les 1 000 à 3 000 sans-papiers qui occupent les locaux vides de la CPAM, rue Baudélique, dans le 18e arrondissement de Paris, rebaptisés « ministère de la Régularisation des sans-papiers ». Depuis le 15 juillet 2009, leur effectif sur place n’a cessé de croître.

Partis à 11h de la rue baudélique, les quelques 500 participants sont allés grossir les rangs du collectif « 24h sans nous », devant l’Hôtel de Ville, après un crochet place de la République. Le Collectif appelait les immigrés à cesser de travailler et de consommer pour montrer aux pouvoirs publics leur poids dans l’économie nationale.

Grossir, façon de parler, puisque les intéressés n’étaient pas très nombreux. Entre 500 et 1000, selon les premières estimations disponibles hier, en fin d’après-midi. « C’est la première fois qu’est organisée une journée comme ça en France. Et ça aura un impact sur l’économie. » Azoumane Sissoko, porte-parole du Collectif 75 des sans-papiers est plutôt optimiste. Pourtant, au vu du peu de mobilisation, la journée sonne plutôt comme un échec. « C’est confus, c’est pas clair, ils ont mélangé trop de choses, reconnaît d’ailleurs une des coordinatrices du Collectif 75 des sans-papiers. Beaucoup travaillent et n’ont pas pu se permettre de venir. C’est une utopie. »

JPEG - 33.5 ko
Oumar travaille avec de faux papiers

Oumar travaille avec des faux papiers

Oumar, 34 ans, est arrivé en France il y a six ans et demi. Après plusieurs demandes de régularisation, il est toujours sans-papiers. Il travaille avec des faux et témoigne à visage couvert

> Depuis quand travaillez-vous ?
J’ai un nouveau job depuis trois mois. Je travaille comme manutentionnaire dans une entrepôt à Savigny-le-Temple.
> Comment avez-vous trouvé votre emploi ?
Je me suis inscrit à une agence d’intérim, avec des faux papiers. On a chacun sa méthode et ses secrets pour travailler ! Certains travaillent au black, d’autres ont des employeurs qui acceptent de travailler avec des sans-papiers...
> Comment avez justifié votre absence aujourd’hui ?
J’ai dit à mon patron que c’était la journée sans immigrés aujourd’hui et que j’allais à la manifestation à Paris. Je suis quand même allé travailler ce matin, de 7h à 11h30 et j’ai rejoint la rue Baudélique pour partir avec le groupe.
> Votre patron a-t-il accepté votre décision ?
Oui et non. Il m’a dit que je devrais rattraper les heures perdues, mais j’ai refusé. Ça devrait être une journée normale. Pour l’instant, c’est un peu flou. Je verrai ça mardi, à mon retour. Mais c’est important pour moi, pour nous, pour montrer notre place dans l’économie française.
> Pensez-vous que cette journée a eu l’impact espéré ?
Bien sûr que non. Tout le monde n’a pas mon engagement et nous n’étions pas très nombreux, c’est sûr. Mais on a fait un effort...

Lisez l’interview d’Amel Mohammedi, membre du collectif « 24h sans nous » sur dixneufinfo.com

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes