jeudi 20 juillet 2017| 26 riverains
 

« Les correspondants de nuit sont au service des Parisiens »

Myriam El Khomri, élue du 18e et adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et de la sécurité, dans son bureau de l’Hôtel de ville.

Agents de médiation sociale, les correspondants de nuit ont été créés en 2004 par la Ville de Paris. Ils travaillent dans 11 arrondissements, dont le 18e. Myriam El Khomri, adjointe au maire de Paris, chargée de la prévention et de la sécurité et élue du 18e, détaille le rôle de ces équipes de terrain, qui viennent de s’implanter place Stalingrad. Interview.

Depuis 2004, des correspondants de nuit arpentent les rues de 11 quartiers parisiens entre 16h30 et minuit. Après celle du 18e, en 2010, une nouvelle équipe de ces « médiateurs sociaux » est désormais implantée dans le quartier Stalingrad (19e), portant à 120 le nombre d’agents en fonction. Ils sont répartis en neuf équipes. Parmi eux, on compte 30 % de femmes. Ces fonctionnaires municipaux sont recrutés sur concours et suivent une double formation, théorique et pratique. Avant d’enfiler leur veste rouge estampillée « Correspondant de nuit », l’équipe de Stalingrad a ainsi pris connaissance du terrain pendant plus de deux mois. Élue à la prévention et à la sécurité auprès du maire de Paris depuis février 2011, et élue dans le 18e arrondissement depuis 2008, Myriam El Khomri explique qui sont ces correspondants de nuit et quel est leur rôle.

Dixhuitinfo - Pourquoi la mairie de Paris a-t-elle pris l’initiative de créer des équipes de correspondants de nuit ?
Myriam El Khomri - La première équipe de correspondants de nuit a été créée en 2004 dans le quartier du bas Belleville, dans le 19e arrondissement. Ce à partir d’un double constat : une absence des services publics dans les quartiers après 16h30 et de vrais enjeux de régulation dans l’espace public. La ville de Paris n’a pas de pouvoirs de police mais il nous semblait utile de réoccuper l’espace public dans les quartiers les plus populaires. L’idée des correspondants de nuit est donc intéressante, à la fois parce que c’est une présence sur un quartier et aussi, car ce sont des observateurs de l’espace public. Ils relèvent tous les dysfonctionnements (éclairage défectueux ou lieux d’encombrants), et permettent ainsi de lancer des actions de verbalisation par d’autres services. C’est une véritable plus-value et même si ça prend parfois du temps, il y a toujours une action derrière.

Quel est leur rôle ?
Ce sont des agents de médiation sociale. Concrètement, ils se baladent, ils sont sur le terrain. Pendant qu’un correspondant reste à la base pour répondre aux appels téléphoniques, 14 autres sillonnent l’ensemble du quartier par petites équipes, de 3 ou 4. Ils notent ce qu’il se passe. A 16h30, ils font la sortie des écoles et des collèges. Plus tard, ils interviennent quand il y a des bagarres entre personnes éméchées, sur des bruits de voisinage ou dans les commerces. Ils répondent aux sollicitations des riverains et vont dans les immeubles pour vérifier qu’ils sont bien fermés. Sur rendez-vous, ils peuvent également accompagner des riverains qui ont peur de rentrer seuls chez eux, en les attendant au métro. Après signalement, les agents vont voir les SDF, et peuvent appeller le Samu social. L’hiver, ils distribuent parfois des duvets quand il n’y a plus de place d’hébergement au 115. Ils invitent les personnes toxicomanes à s’orienter vers des structures sanitaires. On est vraiment dans une relation de confiance, et de discussion. Les correspondants de nuit, ce sont un peu les yeux et les oreilles de la ville de Paris dans les quartiers populaires.

Quels sont les pouvoirs de ces correspondants de nuit ?
Ils n’ont pas de pouvoir de verbalisation, ils n’ont pas de pouvoir de police et ce ne sont pas des services de secours. Ils n’ont pas non plus de pouvoirs juridiques mais ils doivent répondre à toute demande d’accompagnement. Ils sont aussi soumis à l’obligation d’assistance et au secours.

Comment sont-ils accueillis par les habitants des quartiers ?
Ils sont plutôt bien accueillis par la population. Il n’y a pas de méfiance à leur égard, que ce soit de la part du public SDF, toxicomane ou du public jeune. Certains habitants demandent à ce qu’on étende le service d’intervention des correspondants de nuit. Je pense que c’est un service utile justement si le territoire n’est pas trop étendu. Les équipes ont ainsi une meilleure visibilité. Ce que reprochent les gens en revanche, c’est le manque d’effectifs de police.

Justement, les correspondants de nuit sont-ils une réponse au manque de police de proximité ?
Moi, je ne le formule vraiment pas comme ça, parce qu’il ne faut pas que les gens s’attendent à ce que les correspondants de nuit aient des pouvoirs de police. Je pense qu’il faut être extrêmement clair. Ils ne remplacent en aucun cas les services de police. Ils assurent simplement une médiation sociale.

Avez-vous pour projet d’augmenter le nombre d’équipes ?
Nous souhaiterions créer deux nouvelles équipes sur Paris, dont une dans le 17e arrondissement, au niveau de la porte Pouchet. Reste la question du financement. Actuellement, pour l’ensemble des correspondants de nuit, salaires et charges comprises, la mairie consacre 4,5 millions d’euros par an. D’autre part, on est en train de réfléchir avec les correspondants de nuit, à une adaptation des horaires le week-end et en fonction des saisons. Ca peut être intéressant l’été de déborder un petit peu au delà de minuit.

Lire aussi sur le site : Une soirée ordinaire avec les correspondants de nuit du 18e.

Infos pratiques
L’équipe de Stalingrad est joignable au 01-42-06-32-06
Plus d’infos sur le site de la mairie ici

Portfolio

Secteur de l'équipe des correspondants de nuits Stalingrad.

Où ça se passe:

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