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Les bars du carrefour Ramey - Clignancourt sous surveillance

En quelques années, le carrefour Ramey - Clignancourt est devenu un des hauts lieux de la vie nocturne du 18e arrondissement.

Silence on fête, la charte de la vie nocturne signée mardi 10 mars 2015 entre la mairie du 18e arrondissement de Paris et plusieurs bars, encadre désormais les pratiques des débits de boisson situés dans le secteur Clignancourt - Ramey - Muller. Les terrasses de café sont particulièrement visées.

Une charte de la vie nocturne a été signée, mardi 10 mars 2015, entre la mairie du 18e arrondissement de Paris et les patrons de plusieurs bars situés dans le secteur Clignancourt - Ramey - Muller. Ce document de douze pages vise à « veiller à la tranquillité publique en soirée au carrefour des rues Ramey - Clignancourt - Muller et des rues adjacentes ». Il entre dans le cadre des Etats généraux de la nuit parisienne, lesquels préconisent la rédaction de chartes comme outils de négociation.

La portion de la rue Clignancourt située entre Barbès et le carrefour Ramey est devenue au fil des ans un lieu stratégique des soirées du 18e. En 2013 et 2014, les riverains du secteurs ont pétitionné à tour de bras pour protester contre les nuisances générées par les bars du coin. Résultats, sous la houlette de la préfecture de police, les fermetures administratives sont tombées et la direction de l’urbanisme de la Ville de Paris a retiré à plusieurs établissements l’autorisation d’exploiter une terrasse.

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Objet de promotion de la charte, cette affichette sera posée sur la devanture des bars signataires le 25 mars 2015.

La terrasse, sujet sensible

« C’est dans ce contexte que la charte a été élaborée, explique Mario Gonzalez, élu du 18e, chargé des relations entre les locataires et leur bailleur, et de la médiation. Il fallait composer avec les intérêts des riverains comme avec ceux des gérants de bars. Un établissement auquel on a supprimé sa terrasse perd de l’argent. Quand on a des salariés, c’est difficilement tenable. »

La gestion d’une terrasse, parfois bruyante, est un sujet sensible pour un bistrot. Les patrons de bars du quartier, censés avoir signé la charte, évoquent tous cette question. « Je n’avais pas le choix, explique Mouloud Boussaïd du Troquet, rue de Clignancourt. Ma terrasse a été supprimée en 2014, juste avant les élections municipales. Motif officiel : débordement sur le trottoir. Huit mois de fermeture pour ça... »

Respect de règles strictes

Le Troquet peut à nouveau exploiter une terrasse. Moyennant le respect de règles strictes. La charte de la vie nocturne, baptisée Silence on fête, ne mégote pas sur le sujet : les exploitants signataires bénéficiaires d’une autorisation de terrasse s’engagent à la fermer à minuit. « Cet horaire intégrant le temps de rangement du mobilier de terrasse, y compris les vendredis et samedis, et les veilles de fêtes. »

Du coup, Le Café du commerce, dont le nom apparaît pourtant en bas du document, n’a pas signé la charte. « Pas intéressé, dit Cédric, le gérant. Je n’ai aucun problème avec le voisinage. Je travaille avec un agent de sécurité et un "chuteur" (qui dit aux clients bruyants de se taire). Si j’avais signé, je me serai retrouvé dans l’obligation de fermer ma terrasse à minuit. Or, pour moi, c’est toujours 1h30 ».

Collaboration avec le voisinage

« Sans terrasse, j’ai perdu la moitié de mon chiffre d’affaires l’année dernière, reprend Mouloud dans un soupir. C’est un produit d’appel, je ferme à minuit, je tiens mes engagements, voilà pourquoi je vais demander à la mairie, lors de la première commission de concertation qui devrait se tenir mi-avril 2015, de prolonger l’ouverture de ma terrasse jusqu’à une heure du matin. »

Pourquoi pas. Instance de suivi, « cette commission décline trois objectifs, indique Mario Gonzalez : vérifier le respect des engagements pris dans le cadre de la charte et procéder à des ajustements, la mise en place de travaux visant à réduire encore davantage les nuisances, et le travail en faveur d’une vie nocturne de qualité. En collaboration avec le voisinage, par exemple. »

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Téléchargez le texte de la charte de la vie nocturne.

De leur côté, les associations de riverains adoubent le texte, mais ne l’ont pas signé. Elles participeront pourtant aux commissions. « Ce document doit engager les commerçants et la mairie, mais pas nous, précise Elisabeth Carteron d’Action Barbès. Notre position repose davantage sur la discussion et la négociation. Nous avons des adhérents dans le quartier. » Autrement dit, si des coups doivent être donnés, il reviendra aux Pouvoirs publics de tenir le bâton.

« Cette charte est un compromis qui arrange tout le monde, relève Karim Benyahia, patron de la Chope Ramey, qui, en plus d’une interdiction de terrasse pendant un an, a dû fermer son bar deux semaines, comme Le clair de lune en face, ou le Rosie, rue Muller. Je souhaite que les riverains soient satisfaits et que les plaintes cessent. Au pire, je préfère fermer moi-même ma terrasse avant l’heure si la clientèle déborde sur la chaussée. »

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10 commentaires
  • Les bars du carrefour Ramey - Clignancourt sous surveillance 16 mars 2015 18:10, par Fabienne Gauthier

    Il est incroyable qu’à Montmartre, on vienne faire fermer les bars et les terrasses alors qu’ils existent depuis le XIXème siècle !!! Montmartre est un quartier de fêtes et d’artistes et le peu qu’il reste de cet état d’esprit, on aimerait bien pouvoir le garder ! Je connais parfaitement bien le carrefour dont vous parlez et je le fréquente depuis plus de 30 ans et il n’y a jamais eu de problème jusqu’à maintenant ! Stop à la gentrification forcée !!! Ce coin doit rester populaire !!! Laissez le Troquet, le Clair de Lune et la Chope ouvrir leurs terrasses jusqu’à 1h comme ça a toujours été le cas ! Vous êtes entrain d’asphyxier la nuit montmartroise……

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  • La gentrification suit son cours et tue à petit feu la nuit (la vie) parisienne...

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  • Les bars du carrefour Ramey - Clignancourt sous surveillance 17 mars 2015 15:44, par Barbès woman

    Le Rosie n’a pas été fermé 2 semaines, mais bien 4 semaines l’année dernière !! Le patron me confiait qu’il était à deux doigts de jeter l’éponge à cause de la virulence de certains voisins qui réclamaient purement et simplement sa fermeture du lieu.
    Que cherchent les riverains ? A tuer la vie nocturne de ce quartier si sympa ?
    C’est vrai que les clients débordent souvent sur le trottoir, mais c’est ça aussi, la vie dans une grande ville. Tout le monde ne veut pas d’une ville musée, d’une ville boulot, d’une ville poussette. Il faut savoir composer avec tout le monde.

    Aux riverains de voir s’ils ne peuvent pas, eux, s’y adapter. Est-ce qu’ils ont au moins essayé ? Non, ils pétitionnent, ils menacent. Ils se croient dans leur bon droit. Je trouve cela injuste. Quand on vient s’installer dans un quartier vivant et bruyant, on ne peut pas ensuite demander que tout s’arrête : il faut s’installer ailleurs. Il y a des quartiers résidentiels bien peinards en banlieue proche.

    Chers habitants des rues Muller et Clignancourt, allez faire un tour dans les rues de la Havane ou Santiago : les familles et même les vieux mettent leurs chaises dans la rue la nuit pour profiter de l’ambiance que mettent les jeunes dans les bars, écouter la musique, regarder les gens danser, humer la vie.
    Oui, la fête c’est la vie.

    PS : Pour info, à la Goutte d’Or où j’habite, les nuisances sonores ce sont essentiellement les camions-poubelles, qui défilent jour et nuit sous ma fenêtre. J’échangerai volontiers ma place contre la vôtre.

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  • La perte du droit d’utiliser une terrasse est certes un coup dur. Mais il est bien précisé dans les documents d’urbanisme qu’il s’agit d’un droit provisoire, révocable et que l’établissement doit être viable sans terrasse. D’autre part, s’il peut y avoir phénomène de gentrification, il y a aussi évolution des comportements de la clientèle depuis qu’il est interdit de fumer dans les locaux, et peut-être aussi des établissements, qui conduit à transformer la rue en annexe bruyante. On peut être populaire, faire la fête et savoir vivre.

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  • que ces riverains aillent vivre en banlieue !!! j’adore ce quartier ...je ne veut pas qu’ils crève a cause de ces pétionaires professionels !!!

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  • Marie Antoinette, l’épouse de Louis XVI, se plaignait toujours à son époux, le roi de France, du bruit causé à l’aube par la décharge des tonneaux et des marchandises sur le quai de seine, lorsqu’elle habitait aux tuileries.
    Exacerbé par ses plaintes abusives, le roi de France lui répondit un jour : " MA CHERE EPOUSE TU VEUX TUER L’ECONOMIE FRANCAISE"

    C’est ce que veulent ceux qui abusent. Paris est une capitale, par contre le tapage ce n’est pas bon mais le bruit normal fait partie de Paris, de son histoire et ceux qui veulent le calme doivent réfléchir avant de s’installer dans des quartiers populaires et animés...

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  • Dommage que le sens interdit Clignancourt qui permet à ce croisement de rues d’être effectivement plus convivial soit enfreint par des centaines de véhicules, autos et 2 roues, chaque jour. Que fait la police...?
    Quant aux nuisances, c’est comme les gens qui achètent un pavillon près de roissy et veulent ensuite faire dévier les avions...

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  • Le cancer de Paris : le riverain.

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  • Les bars du carrefour Ramey - Clignancourt sous surveillance 21 mars 2015 19:07, par Jacques du Ramey

    Ces pétionnaires sont les ennemis du peuple ! Ils devraient au moins respecter l’Histoire de Montmartre. Ces gens sont à vomir. Pourquoi ne partent-ils pas à la montagne ou à la campagne.
    Je serai partisan de déposer plainte contre ces mauvais citoyens qui font preuve d’un sentiment anti-fêtards qui rappellent de bien mauvaises périodes. On dirait des militaires en faveur du couvre-feu.
    A quand la création d’une association anti- méchants !

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  • Je suis effaré par la teneur de certains commentaires.

    Etant moi même riverain et appréciant ces bars, il était devenu évident que la situation n’était plus du tout géré par les établissements (avec une augmentation importante des nuisances). En effet, la fréquentation de ces bars a changé ces dernières années, avec bcp de monde qui vient d’autres quartiers (ce qui n’était pas le cas avant d’autant plus que ce quartier est loin de la "nuit montmartroise" mis en avant par certains commentaires)

    De nombreux bars sont présents dans le quartier depuis longtemps mais également des riverains !, et cela fonctionnait pas si mal sauf ces dernières années, signe de ce changement. Et il faut également voir que beaucoup de bars sont récents (arrivés bien après la grande majorité des riverains). L’exemple de Roissy est ainsi assez mal adapté.

    Quoi qu’il en soit, l’élaboration de cette charte a au moins eu pour mérite de permettre une meilleure prise de conscience par les établissements que des gens habitaient dans le quartier et il est à espérer que cela permettra une cohabitation harmonieuse de tout le monde

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