jeudi 29 juin 2017| 12 riverains
 

Le droit pour tous avec les avocats du bus de la solidarité

Le bus de la solidarité a reçu 864 personnes, en 2011, dans le 18e arrondissement.

Animé par des avocats bénévoles, le bus de la solidarité conseille gratuitement les habitants du 18e arrondissement de Paris, tous les mardis soir, avenue de la porte de Montmartre. Reflet de la paupérisation de la population, la fréquentation du bus croît régulièrement depuis sa création en 2003. Reportage.

Le soleil commence à décliner sur l’avenue de la Porte de Montmartre, 18e arrondissement de Paris. Il est 17h, mardi 13 mars 2012. Le bus bleu de la solidarité est stationné face au numéro 14. Dix-sept personnes patientent sur le trottoir. Ils attendent d’être reçu par l’un des trois avocats présents dans le bus. Yann Tanguy, juriste associatif, les accueille et les aide à définir leur problème.

Le bus de la solidarité a été créé en 2003, à l’initiative du barreau de Paris, de la Ville et de l’association Droits d’Urgence. Les consultations y sont gratuites et anonymes. « Cette opération veut rendre le droit accessible à tous, dans la continuité de la politique du barreau de Paris, » explique Emmanuelle Delnatte, 32 ans, avocat et responsable de l’action.

Symbole de la crise

Depuis sa création, près de 28 000 personnes ont été reçues dans le bus, qui assure aussi des permanences dans les 13e, 14e, 17e et 20e arrondissements de Paris. Un chiffre en constante augmentation. « En 2011, la permanence du 18e arrondissement a accueilli 864 personnes, poursuit Emmanuelle Delnatte. C’est l’arrondissement où nous travaillons le plus. » Une tendance portée par le tissu associatif et social du quartier qui oriente les gens vers les avocats du bus.

« Le public a changé, souligne Emmanuel, avocat de 48 ans. Il travaille dans le bus depuis 2004. On a de plus en plus de salariés qui viennent pour des cas de licenciements économiques. » Symbole de la crise, les exclus des premières années ont laissé place à une classe moyenne qui se paupérise. « Nous traitons essentiellement du droit de la famille, du travail, des étrangers et du logement, », précise-t-il.

Devant le bus, une femme attend son tour. « C’est un écrivain public qui m’a conseillé de venir ici, » dit Aïcha*, qui vit dans le 18e. « J’ai fait une demande de logement social dans l’arrondissement voilà un an, explique-t-elle avec un sourire gêné. Mais je ne sais pas à qui m’adresser pour savoir où en est mon dossier. On m’a dit qu’il fallait les emmerder pour que mon dossier avance. Mais, je ne sais pas qui emmerder. »

La lumière

« Nous faisons surtout du conseil, » explique Denis, avocat de 46 ans. D’ordinaire, il conseille des entreprises. Dans le bus, il s’occupe du droit du travail et se confronte à « la vraie vie ». « En vingt minutes, on ne peut que les orienter dans leurs démarches. Nous sommes comme un exutoire et l’anonymat leur permet de parler plus librement. » Pour lui, son engagement, bénévole et anonyme, est une nécessité, inscrite dans le serment des avocats.

« Ils sont la lumière qui nous montre le bon chemin, » confie Alain*. Agé d’une quarantaine d’année, cet homme a des difficultés pour renouveler son titre de séjour : « Après l’entretien, j’y vois plus clair. Ces avocats sont toujours de bon conseil. » Aïcha ressort du bus. Elle semble apaisée. « Ca m’a fait du bien, concède-t-elle. J’ai pu parler avec l’avocat de mon problème de logement. Il m’a dit qu’il fallait envoyer une lettre à la mairie. J’espère qu’ainsi j’aurai un toit rapidement. Inch’Allah. »

* Les prénoms ont été modifiés.

Plus d’informations
Le Bus de Solidarité
Tous les mardis, de 17h à 20h
14, avenue de la Porte de Montmartre

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