samedi 22 juillet 2017| 28 riverains
 

Lalie Walker relaxée dans l'affaire du Marché Saint Pierre

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a relaxé, vendredi 19 novembre 2010, l’écrivain Lalie Walker dans l’affaire qui l’opposait aux dirigeants du Marché Saint Pierre, magasin de tissus réputé du 18e arrondissement de Paris. Compte tenu de son rayonnement à Paris et en dehors de la capitale, le Marché Saint Pierre « peut-être source d’inspiration d’une œuvre de fiction », a estimé le tribunal.

Le rappel des faits en cliquant ici

« Je suis soulagée, a déclaré Lalie Walker, auteur d’Au malheur des dames, le polar visé par les dirigeants du Marché Saint Pierre. Ça fait du bien de savoir que le droit est aussi garant de notre liberté de créativité. Les parties civiles ont joué avec la liberté d’expression et de création. On se demandait, mes amis écrivains et moi-même, à quelle sauce nous serions mangés dans le futur si mon bouquin avait été condamné. La décision du tribunal consolide la jurisprudence en la matière. »

Les parties civiles ont été condamnées à verser 3 000 euros de dommages et intérêts à Parigramme, l’éditeur d’Au malheur des dames, le roman incriminé, et à Lalie Walker, son auteur. Le tribunal a souligné le caractère abusif de la procédure, en montrant l’inanité des prétentions des dirigeants du marché Saint Pierre, qui réclamaient deux millions d’euros et l’interdiction de l’ouvrage.

La théorie du complot battue en brèche
Dans la même affaire, le tribunal a aussi débouté la direction du Marché Saint Pierre de ses poursuites à l’encontre des époux Magdelonnette, deux salariés licenciés par le marchand de tissus en 2005 et 2006. Depuis, le Conseil de prud’hommes, la Cour d’appel et la cour de cassation ont reconnu ces licenciements comme « abusifs et sans cause réelle et sérieuse ».

Selon le PDG, M.Elbaz et le directeur du magasin, M. Gabbay, le couple, complice de Lalie Walker, avait fomenté un complot et téléguidé l’auteur dans la rédaction de son roman policier, afin de nuire au Marché Saint Pierre. Accusation sans fondement et « abus de citation directe », a estime le tribunal. Qui a condamné le Marché Saint Pierre à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à Hélène et Philippe Magdelonnette.

Lors de l’audience du 15 octobre 2010, les deux salariés, qui exigent leur réintégration dans l’entreprise, avaient répété qu’il ignoraient tout de l’existence de la fiction policière de Lalie Walker, jusqu’à l’assignation à comparaître devant le tribunal qui leur avait été signifiée en février 2010. Ils ont donc été entendus par la 17e chambre correctionnelle, comme ont été reconnus la bonne foi de l’éditeur et celle de l’auteur du livre Au malheur des dames.

Des accusations sans preuves irréfutables
D’ailleurs, au cours de cette audience, le ministère public avait estimé que Lalie Walker ne diffamait pas les dirigeants du Marché Saint Pierre, en soulignant que son roman ne nuisait pas à l’image du magasin : « Accusation sans preuves irréfutables », avait lancé le procureur à la partie civile, avant de réclamer la relaxe de tous les accusés.

Parigramme se félicite de la décision du tribunal. « Lequel a montré son attachement à la liberté de création littéraire, y compris lorsque cette dernière utilise des éléments de de réalité dans le seul but de nourrir une œuvre de fiction. » «  Ce jugement conclut donc une affaire, poursuit l’éditeur, qui avait suscité une grande émotion en raison des menaces qu’elle laissait planer non seulement sur un auteur et son éditeur, mais plus généralement sur les prérogatives de l’écrivain aujourd’hui. »

Le Marché Saint Pierre a toutefois la possibilité de faire appel du jugement.

Lire aussi sur le site :
- Le Marché Saint Pierre veut interdire un roman policier
- Lalie Walker : « Dans mon livre, le Marché Saint Pierre est fantasmé »

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