samedi 30 août 2014| 84 riverains
 

La guerre des ondes reprend rue Marcadet

À gauche, Blandine Legrand, riveraine mobilisée contre les antennes relais, fait signer une pétition.

Depuis 2003, le voisinage du 173 rue Marcadet, dans le 18e arrondissement de Paris, s’oppose à Orange qui souhaite installer trois antennes relais sur le toit de l’immeuble. La mairie ne pouvant plus interdire la mise en place de ces stations, l’entreprise a débuté les travaux cet été et a ainsi relancé la mobilisation des riverains.

Depuis le début de l’été, un drôle de campement siège sur le trottoir devant le 173 de la rue Marcadet. Une petite table, des chaises pliantes et des banderoles orange s’invitent tous les matins sur cette portion de trottoir du 18e arrondissement de Paris. Autour d’un thermos de café et de quelques gâteaux, des riverains protestataires s’installent avec un seul mot d’ordre : pas d’antenne relais Orange sur le toit du 173.

Ce serpent de mer hante le quartier depuis bientôt dix ans. En 2003, Orange, qui a signé un contrat avec le propriétaire du bâtiment, demande l’autorisation d’installer trois antennes relais en haut de cet immeuble. En vertu de la Charte de Paris signée avec les opérateurs téléphoniques, la Mairie refuse à cause de la proximité d’une crèche, au 10, rue Achille Martinet, et d’une école au 4, square Lamarck. La société essuie un nouveau revers en 2006.

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Tous les jours les riverains surveillent l’entrée du 173 rue Marcadet.

Une charte caduque, un opérateur tout-puissant

L’affaire se tasse, mais les habitants restent d’autant plus aux aguets que la Charte de Paris est aujourd’hui caduque. « Il y a deux ans, les négociations pour son renouvellement ont échoué et les opérateurs ont refusé de signer, explique Blandine Legrand, qui siège quotidiennement devant le 173. Malheureusement Orange est dans son droit et ils peuvent maintenant faire tout ce qu’ils veulent... »

L’immeuble de cette quinquagénaire se trouve dans le faisceau de rayonnement des futures antennes. « Je subis déjà les ondes wifi de mes voisins, si Orange installe ses stations, je dois déménager... » Du côté de la société, on affirme que les antennes seront placées dos à l’école pour ne pas nuire aux enfants. « C’est faux ! réagit Blandine Legrand. Nous avons le dossier de présentation d’Orange qui montre la position des antennes : l’une d’entre elles rayonnera sur l’école Lamarck. »

Le 6 juillet 2012, un panneau de déclaration de travaux en vue de la mise en place d’une station relais est apposé à l’entrée de l’immeuble. « Pour nous ça a été un signal fort et ça a relancé la mobilisation », affirme Blandine derrière ses lunettes rondes. Les membres du collectif se relaient à "Marcadet plage", comme ils ont baptisé leur campement, et tentent tant bien que mal d’empêcher les employés d’Orange de monter sur le toit. Pascal Julien, élu Vert et adjoint au maire du 18e, s’invite même deux fois en haut de l’immeuble pour faire redescendre ces travailleurs importuns.

Face à l’opposition virulente du voisinage et des élus politiques locaux Orange s’engage auprès du maire Daniel Vaillant à interrompre les travaux. Ils ne reprendront pas avant la mesure de champs électromagnétiques réalisée à la rentrée dans au moins cinq appartements impactés par les antennes. « Pour nous c’est surtout un moyen de gagner du temps, glisse Blandine de manière sceptique, car en soi, ces mesures ne servent à rien... »

Un dialogue impossible

Mais le 14 août, Orange tente le passage en force. Dès six heures du matin les employés sont au pied de l’immeuble de la discorde. « Quand nous sommes arrivés à sept heures c’était trop tard, on ne pouvait plus les empêcher de travailler », regrette Blandine. Pascal Julien s’insurge lui de la « grossièreté » de l’entreprise « qui agit en douce sans prévenir personne. »

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Le panneau annonçant les travaux d’une station relais, "de destruction de la santé" ont rajouté les riverains.

Les salariés d’Orange vont alors décharger du matériel et œuvrer sur le toit toute la journée. Ils ont installé une armoire pour le fonctionnement des antennes, « mais on ne sait pas si elle est déjà connectée à EDF », explique Blandine. Pascal Julien assure que le directeur régional de l’entreprise a promis la tenue d’une réunion publique en septembre 2012 pour « s’expliquer » devant les riverains. Des palabres qui se résumeront sans doute à un dialogue de sourds, les habitants revendiquant l’abandon pur et simple du projet.

David contre Goliath

Leur pétition a recueilli 1 800 signatures et ils peuvent se targuer du soutien sans failles de l’ensemble du conseil municipal du 18e arrondissement depuis le début de leur combat en 2003. Cet appui politique est l’unique moyen de pression qui peut faire plier l’entreprise. La Ville de Paris accepte pour le moment de louer le toit de ses bâtiments aux opérateurs de téléphonie mobile. Ces derniers ayant revus leurs exigences à la hausse, la Charte de Paris n’a pas été renouvelée et la mairie a gelé toute installation sur ses bâtiments et elle menace désormais de déloger les stations relais déjà en place.

« L’autre solution peut venir du gouvernement, souligne Pascal Julien. Il faudrait une loi qui corrige le texte actuel datant de 2002 en imposant un rabaissement du seuil d’exposition autorisé. » En attendant, le plus ancien foyer de résistance parisien contre une antenne relais poursuit sa lutte.

Quelques drapeaux orange protestataires flottent aux fenêtres. Les élus, y compris ceux de l’opposition municipale, passent tous les jours saluer les "plagistes de Marcadet" et un rassemblement collectif et festif se profile à la rentrée. Et quand on interroge Blandine Legrand sur les chances de succès d’une mobilisation citoyenne contre une entreprise au chiffre d’affaire de 45 milliards d’euros, elle sourit : « Rappellez-vous que c’est David qui a gagné contre Goliath... »

Lire aussi :

- Téléphonie mobile : où sont les antennes relais de Free ?
- Téléphonie mobile, la nocivité des antennes en question

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1 commentaire
  • La guerre des ondes reprend rue Marcadet 29 octobre 2012 22:50, par nolko

    La seule façon pour faire plier les opérateurs, le médical une prise de sang avant pendant l’expositions aux ondes éléctromagnétiques des antennes qui montre baisse des globules blancs, rouges et ou plaquetteset une autre quelques temps après un endroit non exposé les globules remontent.
    Preuve irréfutable de l’implications de ces antennes, une action en justice enfin pour le démontage.

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