jeudi 25 mai 2017| 202 riverains
 

L'hôpital Bichat dans la tourmente des attentats

En 2015, 80 000 personnes sont passées par les urgences de l’hôpital Bichat. Photo d’archives.

Une quinzaine de victimes des attentats parisiens du vendredi 13 novembre 2015 ont été hospitalisées à l’hôpital Bichat-Claude Bernard, dans le 18e arrondissement de Paris. A l’image de tous les hôpitaux d’Ile-de-France, l’établissement avait activé le Plan blanc, dispositif exceptionnel de mobilisation prévu en situation de crise.

Les urgences de l’hôpital Bichat-Claude Bernard, dans le 18e arrondissement de Paris, n’ont pas chômé depuis les attentats du vendredi 13 novembre 2015. « Nous avons reçu une quinzaine de patients présentant des blessures d’urgence relative, indique le docteur Christophe Choquet, responsable d’unité fonctionnelle des urgences de Bichat. Si elles sont rapidement prises en charge, ces lésions et plaies générées par des balles de gros calibre au niveau des membres inférieurs, ne mettent pas la vie du patient en danger. »

Si les urgences ont eu beaucoup de travail, elles n’ont pas été débordées. « Dans le cadre du Plan Blanc, l’hôpital est devenu rapidement opérationnel, souligne Christophe Choquet. Nous étions au service des victimes. En outre, beaucoup de patients ont jugé préférable de rester chez eux pour des soins bénins ». Enfin, le médecin indique qu’au niveau de la répartition des blessés, « la proximité géographie a joué un rôle majeur ». L’hôpital Bichat a été beaucoup moins sollicité que, par exemple, la Pitié Salpétrière, proche des lieux des attaques terroristes.

Blessures d’armes de guerre

Les hôpitaux militaires ont l’habitude de traiter les blessures d’armes de guerre comme le fusil d’assaut Kalachnikov. Mais l’hôpital public est rarement confronté aux gros calibres. Pas le choix, vendredi dernier, à Bichat. « La prise en charge est la même, explique Docteur Choquet. C’est l’importance des lésions qui en fait la gravité. » Au service chirurgie par exemple, où la plupart des blessés ont été envoyés, « les équipes sont habilitées à soigner des blessures de ce type, même si elles ont peu d’expérience dans ce domaine ».

Comment s’est traduit le Plan Blanc à Bichat ?
Levé lundi 16 novembre 2015, ce plan d’urgence prévoit des mesures exceptionnelles. En terme de soins, des priorités sont dégagées, des lits sont mis à disposition, du personnel est rappelé. Aux urgences de Bichat, vendredi soir, quatre médecins séniors et trois internes étaient sur place toute la nuit. Soit un doublement des effectifs. Des médecins et du personnel paramédical sont aussi venus spontanément en renfort. Le Docteur Choquet a noté « un phénomène de solidarité exceptionnel ». Selon lui, le service est « tout à fait capable de s’adapter dans l’heure pour gérer un flux important de blessés ». Des priorités sont dégagées : « On traitre d’abord les blessés plus touchés, même si on doit continuer à faire fonctionner normalement le service et donner l’assurance à tous ses usagers qu’ils seront soignés. »

Quelques « psycho-trauma », comme le désigne l’urgentiste, se sont présentés spontanément aux services des urgences depuis le week-end. Spectateurs directs ou indirects de scènes violentes, choqués par les événements, en état psychologique fragile, ils manifestent leur trouble par des situations de stress. « Après leur admission aux urgences, explique Christophe Choquet, ils sont examinés puis dirigés vers le psychologue du service. »

« Charges émotionnelles importantes »

Et la réaction du personnel de Bichat ? « Les équipes sont préparées à des situations particulières, mais dans ces circonstances là, elles font face à des charges émotionnelles très importantes, dit le docteur Choquet. Une séance de débriefing sur l’organisation est prévue cette semaine pour connaître le ressenti du personnel. Nous sommes attentifs aux plus jeunes, qui sont moins préparés à ce type de lésion. »

L’intervention policière du mercredi 18 novembre 2015, à Saint-Denis, ville de banlieue proche de Bichat, n’a pas eu d’impact sur le travail de l’hôpital, affirme le médecin. Si les équipes se tiennent « prêtes en permanence pour faire face à des événements exceptionnels  », elles n’ont pas été sollicitées : « Nous devons être capable d’assurer une prise en charge maximale des patients et faire preuve d’adaptation dans n’importe quelle circonstance. C’est notre travail. »

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