mardi 27 juin 2017| 23 riverains
 

Erin et Thomas solidaires avec les victimes de la rue Myrha

Erin et Thomas vivent près de l’immeuble qui a brûlé le 2 septembre 2015.

Erin et Thomas sont à l’origine de la collecte participative mise en place pour venir en aide aux victimes de l’incendie de la rue Myrha, début septembre 2015. Voisin du drame, le jeune couple témoigne et raconte son quartier, celui de la Goutte d’Or, dans le 18e arrondissement de Paris.

De cette terrible nuit, Erin et Thomas n’ont rien oublié. « Des cris de femme m’ont réveillée vers 4h40, raconte-t-elle. J’ai pensé à une dispute conjugale. Puis, j’ai entendu comme des coups de feu. Et encore des cris. » « J’ai ouvert la fenêtre, poursuit Thomas. Une énorme colonne de fumée s’est dressée sous mes yeux. Tout près, le feu faisait rage. Les flammes étaient hautes. Des corps étaient allongés sur le trottoir. J’ai voulu appeler les pompiers. Dans la panique, j’ai composé le 17 au lieu du 18. Les policiers n’étaient pas encore au courant. »

Lire aussi : Huit morts, un suspect, la rue Myrha traumatisée par le feu

L’incendie qui vient de se déclarer au 4, rue Myrha, ce mercredi 2 septembre 2015, dans le 18e arrondissement de Paris, va entraîner le décès de huit personnes, dont deux enfants. « Les pompiers sont arrivés tandis que nous nous préparions à descendre dans la rue, reprend Erin. Une vingtaine de véhicules au total, en comptant le Samu, la police. On regardait les flammes, l’immeuble qui brûlait, le feu crépitait. Nous avons vu les pompiers descendre des corps sans vie à l’aide de leur grande échelle. Ils ont aussi sauvé des enfants. Des blessés ont été conduits en bas de chez nous. »

Enfant du 18e

Étudiant en philosophie, Thomas, 24 ans, enfant du 18e arrondissement, vit dans le quartier de la Goutte d’Or depuis plusieurs années. Erin, sa compagne, étudie le droit en France depuis trois ans. La jeune femme, 24 ans aussi, est américaine. C’est elle qui a eu l’idée d’organiser une collecte participative pour venir financièrement en aide aux victimes : « Aux États-Unis, quand survient une tragédie, la mobilisation des citoyens est naturelle. C’est la première fois que j’assiste à un tel drame. On se sent impuissant. Alors il faut aider en fonction de ses moyens. »

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Le 4, rue Myrha, quelques jours après l’incendie meurtrier.

Thomas s’est chargé de la logistique. Choix de la plateforme de financement participatif, Ulule, contacts avec la mairie du 18e, coup de téléphone à Dixhuitinfo pour recueillir les fonds et relayer l’information, rencontre avec l’association Paris aide aux victimes, chargée de recenser les besoins les plus urgents, l’affaire a été rondement menée. « J’ai arpenté le quartier, rencontré particuliers et commerçants, raconte Thomas. La plupart ont montré beaucoup d’enthousiasme et salué l’initiative. Mais pas tous : quelques commerçants ont refusé d’afficher l’annonce de la collecte dans leur boutique et, à part une radio locale, aucune association, pourtant en nombre dans le 18e, n’a relayé l’information. »

Mise en examen

Un homme a depuis été mis en examen et écroué pour destruction et dégradation par incendie ou moyen dangereux ayant entrainé la mort de huit personnes. « Un SDF connu dans le quartier, mais qui a un peu la tête du coupable idéal, estime thomas. Certes, les questions de drogue, de pauvreté, de surpopulation tels qu’on en rencontre dans le coin entraînent parfois des comportements fous. Mais allumer deux fois un feu au même endroit à deux heures d’intervalle, ce n’est pas un coup de folie. C’est un acte réfléchi, une volonté claire de détruire. »

Lire aussi : Une collecte pour les victimes de l’incendie rue Myrha

Le soir précédent le drame, le quartier était agité. « Comme souvent », dit Thomas. « Mais je l’adore, renchérit Erin. La mixité n’y est pas un vain mot. Ce n’est pas un endroit prétentieux. Mon père est nigérian et c’est un plaisir de croiser ici toutes ces personnes d’origine africaine. Aux États-Unis, c’est différent. Les gens se mélangent moins. Y compris à Washington, la capitale fédérale. » Erin et Thomas sont ravis du succès de la collecte : presque 2300 euros récolté, sur un objectif initial de 1000 euros. Les dons sont ouverts pendant dix jours encore. « Finalement, les Français sont généreux », dit le jeune couple à l’unisson.

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