samedi 25 mars 2017| 50 riverains
 

En maraude avec la Bapsa au contact des sans-abris du 18e

La Brigade d’aide aux personnes sans abris (Bapsa) organise tous les jours des maraudes dans Paris pour proposer un hébergement d’urgence aux SDF. Reportage embarqué avec une de ses équipes dans le 18e arrondissement et les arrondissements limitrophes.

Christian et Alexandra sont tous deux flics. L’un est brigadier, l’autre est gardien de la paix. Ce soir, ils vont patrouiller en tenue dans les rues du 18e arrondissement de Paris pour proposer un hébergement d’urgence aux SDF. Ils font partie de la Bapsa, la brigade d’aide aux personnes sans abris, qui compte 70 personnes. Une branche sociale de la police nationale unique en France. Gérée par la Préfecture de Police de Paris, sa création remonte à l’hiver 1954-1955.

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Alexandra tente de convaincre Félix d’accepter un hébergement d’urgence.

Plusieurs équipes se relaient sur terrain, entre 6h30 et 23h. Le samu social leur transmet les emplacements de sans abris repérés grâce au 115. Les maraudes se rendent ensuite sur place pour proposer un hébergement d’urgence au centre d’hébergement et d’assistance aux personnes sans abris (Chapsa), à Nanterre (92).

La nuit s’annonce glaciale. Nous sommes fin décembre 2009 et les premiers flocons sont annoncés à Paris dans les jours qui viennent. « Il y a déjà eu 58 appels depuis le début de la journée. C’est une journée froide, donc chargée, » explique Alexandra.

19h : le départ est imminent. Première destination ? Le 18e, rue Aimé Lavy…

Rue Aimé Lavy
Derrière l’église Saint-Pierre de Montmartre, rue Aimé Lavy. L’endroit est connu de la Bapsa. Ce soir, trois personnes ont installé un abri de fortune fait de matelas à même le sol et de couvertures. Beaucoup de couvertures. Mais est-ce bien suffisant alors que la température flirte avec les valeurs négatives ?

La voiture s’arrête. Alexandra descend et engage la conversation : « Salut Patounet. On se connaît, on s’est rencontré, tu te souviens ? ». L’homme, Jean-Patrick, acquiesce. La jeune femme poursuit : « Comment vas-tu ? Il fait très froid ce soir. On peut t’emmener avec tes amis au Chapsa de Nanterre si vous le voulez. » Les trois personnes refusent. « Tu es nouveau toi, on ne se connaît pas. Comment t’appelles-tu ? » demande le gardien de la paix. « Je m’appelle Singh, répond l’homme emmitouflé sous deux couvertures. Tu n’as pas à manger ? ». « Non, je n’ai rien. Appelez le 115, ils vous apporteront du café chaud et des couvertures », conseille Alexandra qui ne peut rien faire de plus.

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Rue Aimé Lavy, derrière l’église Clignancourt.

La rencontre aura duré une dizaine de minutes. Dans la voiture, Alexandra explique que la Bapsa « propose juste de l’hébergement d’urgence. Pas de couvertures, pas de boissons chaudes. Nous ne sommes pas une association. On travaille dans l’urgence, du mieux que l’on peut, avec les moyens que nous avons. On essaye d’apporter un peu de bonne humeur… » Prochaine destination ? Le square Serpolet, toujours dans le 18e arrondissement.

Square Serpolet
Un sans abris a été signalé au 115, square Serpolet. Sur place, personne. Alexandra et Christian s’arrêtent et demandent aux passants s’ils ont vu quelqu’un. « Non, personne ce soir, précise une passante. D’habitude ils sont là –elle désigne un coin de rue abritée– mais ce soir… » Personne.

Gare Saint-Lazare
Appel du central, situé rue de la Villette, dans le 19e arrondissement. Un SDF vient d’être signalé devant la gare Saint-Lazare, dans le 8e arrondissement. « C’est pas loin, on y va. » Devant la gare, est assis Robert, 29 ans. Sur une bouche d’aération du métro, maigre source de chaleur, il lit, au milieu de la nuée de gens pressés de prendre leur train. « Bonjour, je m’appelle Alexandra, on est de la Brigade d’aide aux sans abris. On peut te conduire dans un endroit chaud pour la nuit si tu veux. » Robert accepte.

Dans la voiture, il raconte son histoire : immigré polonais, il vit en France depuis sept ans et travaille à Périgueux (24) comme boucher-charcutier. Il a même un appartement. Que fait-il dans les rues de Paris ? Il a perdu son passeport et son employeur, qui ne veut pas avoir d’ennuis, lui a demandé de le faire refaire. Il est arrivé il y a 5 mois, pensant que ça irait vite, mais se heurte à l’administration : « Au consulat, je dois venir avec un ami polonais pour prouver que je suis Polonais, mais je ne connais personne ici ». Depuis, il est à la rue. « Tu ne veux pas retourner en Pologne ? » demande Alexandra. « Non. Sarkozy dit que si tu es en France, tu dois parler français. Et bien voilà, je parle français, je veux rester. »

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La Bapsa sur le périphérique.

Ce soir, les 145 places du Chapsa de Nanterre sont toutes occupées. Christian appelle le commandant de la Bapsa, lui demande si des places sont libres dans les centres de Paris (la capitale compte 3900 places d’hébergement d’urgence, renforcé pendant les périodes de grand froid). Réponse dix minutes plus tard : une place est libre au gymnase Lancette, dans le 12e. Avant d’y déposer Robert, la Bapsa doit vérifier un dernier lieu.

Boulevard de Rochechouart Félix est couché sur un banc boulevard de Rochechouart, pas loin de Pigalle, sous trois couvertures. Alexandra s’approche et lui demande si ça va. Il dégage sa tête et s’interroge sur l’identité de la personne qui lui pose cette question. « C’est la Bapsa. On peut vous emmener dans un endroit chaud ce soir ». Félix refuse, la brigade repart, direction le gymnase Lancette. En chemin, Alexandra donne à Robert l’adresse de l’association la Maison dans la rue, gérée par Emmaüs. « Tu peux arriver le matin, prendre une douche et manger. Tu n’es pas obligé d’y rester. Vas-y ».

23h. La maraude de Christian et Alexandra est terminée. Retour au centre pour la rédaction du rapport et le debriefing avec les autres équipes. La nuit, associations et samu social prennent le relais pour apporter un peu de réconfort aux plus fragiles.

La carte google du reportage, c’est par ici.

Note : Tous les jours, des transports sont organisés vers le Chapsa (le centre d’hébergement de Nanterre), à 15h00 et 18h00 (départ 1bis avenue de la Villette). Retour à Paris le lendemain, à 9h00.

Où ça se passe:

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6 commentaires
  • La Bapsa, le 115 (Samu social), les centres d’hébergement, les services sociaux sont débordés en ce début de printemps 2010, "Année europeene de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale" : apres le "marketing vert", le "marketing social" !

    Voir en ligne : En maraude avec la Bapsa
    au contact des sans-abris du 18e

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  • Bonjour,
    J’ai loupé votre appel téléphonique, et ma messagerie était inaudible,
    Oui je suis intéressé pour des renseignements concernant la Bapsa, je suis à La Croix Rouge de Créteil depuis bientôt 1 an et effectué chaque vendredi une maraude en relation avec le 115 de Joinville 94.
    Merci de me rappeler demain ou autres jours à votre convenance, je garderai mon téléphone sur moi.
    Désolé pour cette mésaventure technique
    En attendant votre appel et avec tous mes remerciements.
    P. MARTEL
    06 03 24 68 62

    Répondre

  • La BAPSA comme les associations de secours type Croix Rouge sont démunis pour obliger des SDF à se rendre vers un lieu d’hébergement organisé pour les recevoir.

    S’ils sont dans un local privé , un hall d’immeuble par exemple qu’ils squattent pour la nuit en y laissant chaque jour leurs excréments ,

    que peut-on faire ?

    en fait c’est la gardienne de l’immeuble qui prend le risque de les expulser de l’immeuble en leur tirant les couvertures pour les réveiller et pour nettoyer les immondices qu’ils laisent

    ils la narguent ensuite toute la journée puisqu’ils s’installent sur un banc en face de l’immeuble , pour recommencer la nuit suivante , les résidents doivent marcher sur les couvertures au milieu des bouteilles de vin et de bière pour accéder à l’immeuble à partir de 21 h ou minuit selon la météo.

    encore une fois que peut-on faire ?

    Merci d’avance de votre réponse ( ca dure depuis 3 semaines)

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  • En maraude avec la Bapsa au contact des sans-abris du 18e 21 septembre 2012 14:01, par Paris9

    Des sdf sont installés dans notre rue du 9eme arrondissement.
    Certains sont là depuis des années au moins 12/13 ans.
    Depuis qu’un couple s’est installé devant la sortie de secours d’un hotel c’est la cauchemar.
    Pour avoir une pièce,ils font croire à certains habitants qu’ils surveillent les faits et gestes des rom qui viennent également se livrer à la mendicité.

    Notre rue est souillée, sent l’urine et les excrements, certains se masturbes en plein jour, urinent sur nos porte d’immeubles. Dorment devant nos sorties ...
    Il ne mendient plus mais nous agressent, nous insultent, nous suivent.
    Ils sont de plus en plus nombreux en état d’ébriété du matin au soir.

    Les commerçants et habitants sont en saturations total.
    Nous sommes nombreux à présent à devoir faire un détour pour éviter de passer devant eux.
    C’est invivable, les gens sont à cran.

    Une solution ?Des idées ?

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  • En maraude avec la Bapsa au contact des sans-abris du 18e 21 janvier 2013 10:45, par BAPSAman

    Je suis un ancien agent de la BAPSA et au vu de se que j’ai pu lire, la BAPSA sera imconpétente car son role est le soutien aux sdf, et seulement si il sont d’accord, votre cas relève d’une éviction c’est donc à la mairie de votre arrondissement qu’il faut en faire part et à votre commissariat, la BAPSA ne peu en aucun cas enlever des personns sdf d’un lieu sous prétèxte qu’il dérange car se serait contre la lois de libre circulation en france, même si je suis biend’accord que c’est inadmissible pour vous !

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  • Bonjour !

    je voulais savoir comment faut iil faire pour s’inscrire au groupe et participer aux maraudes ?

    merci pour votre retour !!

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