lundi 27 mars 2017| 27 riverains
 

Drôle de micmac pour un relogement express

Une dizaine de familles de demandeurs d’asile, hébergées dans un hôtel rue des Poissonniers, dans le 18e arrondissement de Paris, a dû quitter les lieux du jour au lendemain, début avril 2010, pour la lointaine banlieue. En cause : l’hôtel, qui ne répondait pas aux normes.

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M. Dayaharani, réfugié Sri Lankais. Ses enfants sont Français.

L’affaire remonte au 31 mars dernier. Une dizaine de familles, demandeuses d’asile et en situation régulière, prises en charge par le Casp, le Centre d’action sociale protestant, et hébergées dans un hôtel meublé 29 rue des Poissonniers, se voient sommées par l’association de quitter les lieux du jour au lendemain, sans plus d’explications. Le responsable de l’hôtel explique avoir « été prévenu par le veilleur de nuit, vers 21h, le mercredi 31 mars 2010. Le Casp demandait aux familles dont il s’occupait de quitter l’hôtel, au plus tard le 1er avril à midi ».

Car depuis 1er avril 2010, le Samu Social de Paris (SSP) a pris le relais du Casp, et s’occupe désormais de la gestion de l’hébergement des familles demandeuses d’asile, dont celles qui vivaient rue des Poissonniers. L’organisme social n’a pas voulu continuer la collaboration avec l’hôtel et a relogé les familles en banlieue dans un autre hôtel meublé, à Épinay-sur-Seine et Noisy-le-Grand.

Hôtel pas aux normes
Pourquoi ce relogement ? Valérie Coton, chargée de la communication au SSP explique : « Nous avons fait une visite de l’hôtel en mars 2010 et nous nous sommes aperçus qu’il ne répondait pas aux normes (mauvais état de certaines chambres, suroccupation, plafonds et sols pas à niveau, serviettes et papier toilette non fournis, etc.). Nous avons informé le Casp que la collaboration avec cet hôtel ne pourrait pas continuer et nous avons pris la décision, pour le bien-être et la sécurité des familles, de les reloger. C’est vrai, parfois, c’est un peu loin... »

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L’hôtel meublé, rue des Poissonniers

Cet hôtel serait-il dangereux pour les uns et pas pour les autres ? Sandrine Poutonnet, chargée de la communication du Casp renvoie la balle à la Préfecture de Police. « Celle-ci nous transmet une liste des hôtels non-conformes, or celui-ci n’en faisait pas partie. ». D’ailleurs, une quinzaine de familles qui ne sont prises en charge ni par le Casp, ni par le Samu Social, vivent toujours sur place.

Autre question : les enfants sont scolarisés dans les écoles primaires rue Richomme dans le 18e. Que vont-ils devenir ?

« J’étais hébergé à l’hôtel depuis trois ans. Trois de mes quatre enfants sont scolarisés rue Richomme. Pour l’instant, nous faisons les aller-retour depuis Épinay, mais le rythme est dur », explique M. Dayaharani, salarié dans un restaurant de La Défense qui soulève le peu d’information autour de ce relogement. « Je souhaite rester à Paris. » Plus d’une heure de trajet, contre cinq minutes auparavant, et un réveil aux alentours de 5h30. « Les changer d’école ? Je ne sais même combien de temps nous allons rester à Épinay ! » Le relogement est en effet provisoire, d’une durée d’un mois.

Le relogement express a ému les autres parents d’élèves et le directeur de l’école maternelle, qui ne disposaient pas mardi d’informations de la part du Casp. Idem à la mairie du 18e où personne n’avait été prévenu. L’effet, sans doute, du week-end prolongé de Pâques.

« C’est un parent concerné par le relogement qui m’a averti le 1er avril. Personne ne nous avait prévenu ! » déclare Laurent Ribaut, le directeur de la maternelle. « D’un point de vue pédagogique, c’est très déstabilisant pour les enfants de quitter l’école en milieu d’année, ainsi que pour l’équipe enseignante qui a mis en place des activités, et pour les autres enfants, qui voient leurs copains partir du jour au lendemain. »

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Signature mardi 6 avril d’une pétition mise en place par des parents d’élèves

Au SSP, Valérie Coton affirme, que les familles « ont été informées qu’elles seraient prises en charge par nos soins au 1er avril 2010 et qu’elles devaient déménager », ce que confirme le Casp. Quand cette information a-t-elle été donnée, a-t-elle bien été reçue et pourquoi ne pas avoir averti les écoles ? Il semblerait que ça ait coincé à ces niveaux là.

Du côté des parents d’élèves, l’heure est à la solidarité et la mobilisation. Une pétition a été lancée réclamant au Samu Social de trouver une solution pour héberger les familles à proximité de l’école. Elle avait recueilli, mardi 6 avril, une centaine de signatures.

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2 commentaires
  • Une précision pour l’auteur de cet article :
    c’est la CAFDA : Coordination d’Accueil des Familles Demandeuses d’Asile et non le CASP qui s’occupait auparavant de ces familles et de leur logement.
    Dominique Jacques, parent d’élève, école Richomme

    Répondre

    • Drôle de mic-mac
      pour un relogement express
      9 avril 2010 17:17, par Dixhuitinfo.com

      Bonjour
      La Cafda est le nom de la plateforme qui prend en charge les familles demandeuses d’asile et qui est gérée par le Casp.
      Bien cordialement
      Dixhhuitinfo.com

      Répondre


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