mercredi 28 juin 2017| 22 riverains
 

« A Barbès le mélange religieux fonctionne »

Kiosquier sous la station de métro Barbès Rochechouart, dans le 18e arrondissement de Paris, Samir Lebcher était aux premières loges lors de la manifestation de soutien à la Palestine, samedi 19 juillet 2014. Il raconte.

Quand Samir Lebcher, 29 ans, revient sur les affrontements qui se sont déroulés en marge de la manifestation pro-palestinienne du samedi 19 juillet 2014, son regard s’assombrit. « La bêtise humaine n’a pas d’explication, affirme-t-il. Ce qu’ont fait les casseurs est dégueulasse et ça dessert la cause palestinienne. » Une cause avec laquelle il est en accord : « Il faut dénoncer ce qui se passe là-bas, nous sommes citoyens du monde avant tout. »

Derrière le comptoir de son kiosque à journaux situé sous la station de métro Barbès-Rochechouart, dans le 18e arrondissement de Paris, le jeune homme, chapeau vissé sur le crâne, est calme et souriant. Ce marocain d’origine est né à l’hôpital Lariboisière, de l’autre côté de la rue. Il a vécu jusqu’à ses 12 ans rue des Islettes, à quelques mètres du métro Barbès et de ce kiosque, qu’il a toujours connu.

« Les casseurs ne venaient pas du quartier »

Samir Lebcher est formel, les casseurs qui ont affronté la police ne venaient ni du quartier de Barbès, ni du 18e arrondissement. « À l’origine, il y avait des femmes et des enfants dans la manifestation, explique-t-il. Vers 15h30, j’ai vu des bandes de jeunes sortir du métro et descendre le boulevard Barbès en direction de Château Rouge. J’ai compris que ça allait mal tourner. »

JPEG - 76.3 ko
Le kiosque à journaux de Samir Lebcher est situé sous la station de métro Barbès Rochechouart.

En 2009, Samir reprend le kiosque où travaillait son père depuis 1976. Le jeune homme était alors chauffeur de bus à la RATP quand son père libère le poste. Il n’a pas hésité à changer de casquette pour reprendre l’affaire paternelle. « Je ne connaitrai jamais l’âge d’or de la presse comme l’a vécue mon père, concède-t-il. Je ne suis pas ici pour être riche, mais j’aime ce travail et ce quartier que je fréquente depuis toujours. »

Aujourd’hui, Samir connaît tout le monde. Des habitants du quartier, aux policiers qui patrouillent, la poignée de mains pour les accueillir est la même. « Ici, c’est comme au bled, mais avec des trottoirs parisiens, s’amuse-t-il. On peut se retrouver avec des amis prendre un café, manger des pâtisseries orientales sur des terrasses conviviales. »

« La violence n’a pas augmenté »

Il ne peut croire que les violences de la manifestation du samedi précédent soient un reflet de tensions de son quartier. « Barbès est l’exemple d’un mélange religieux qui fonctionne, assure-t-il. Il y a des commerçants de toutes origines, de toutes confessions avec qui ont peut parler du conflit Israélo-palestinien. Ici, tout le monde veut que ça se calme. »

Ventes de cigarettes, de médicaments ou encore vol à la sauvette, le kiosquier est conscient des problèmes rencontrée à Barbès et dans la Goutte d’Or. Mais, selon lui, la violence n’a pas augmenté ces dernières années. « Avec la réouverture du cinéma Louxor l’année dernière et l’inauguration de la brasserie en octobre prochain, le quartier devrait aller mieux », estime Samir Lebcher, avec optimisme.

Lire aussi : « Vous savez où c’est la Palestine ? » Choses entendues à la manif interdite

Où ça se passe:

Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

Partagez cet article:


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Les commentaires sont modérés à priori, soit avant publication sur le site. Dixhuitinfo.com ne publiera pas les contenus illicites. N'hésitez pas à déclarer tout contenu que vous jugeriez illicite à l'adresse mail redaction@dixhuitinfo.com
 
Derniers commentaires
Les plus lus
Thèmes