lundi 21 août 2017| 11 riverains
 

Alain Bashung raconté par la Goutte d'Or, son quartier

Chloe Mons, l’épouse d’Alain Bashung, sa fille, Poppée, Daniel Vaillant, maire du 18e, lors de l’inauguration du square dédié au chanteur, jeudi 21 juin 2012.

Le chanteur Alain Bashung a vécu les dernières années de sa vie dans le 18e arrondissement de Paris. Ceux qui l’ont connu dans le quartier de la Goutte d’Or, racontent un homme humble et discret. Dont la mémoire est désormais honorée d’un jardin à son nom.

C’est au bout d’une allée paisible et privée, la Villa Poissonnière, dans une grande maison de style, que le chanteur Alain Bashung a passé les dernières années de sa vie. Avec sa famille, ils y avaient élu domicile en 2005. Sa femme, Chloé Mons, y réside toujours, avec leur petite fille de 11 ans, Poppée. « Un havre de paix » au milieu de la Goutte d’Or, qu’ils avaient « choisi pour son jardin », explique la veuve du rocker. Un jardin, certes petit, mais charmant, avec de grands arbres qui lui donnent un côté intimiste. Et puis le 18e, « un quartier très hétérogène, petit monde merveilleux où l’on passe des boubous africains au chic des Abbesses » décrit Chloé Mons, convenait bien au couple. C’est d’ailleurs non loin de là, rue Marcadet, qu’Alain Bashung est né en 1947, avant de partir pour l’Alsace, où il a été élevé par ses grands parents.

À la Villa Poissonnière, petit chemin pavé bordé de jardins attenants à de grandes maisons datant du 19e siècle, l’ambiance est familiale. Chacun se connaît et nombreux sont ceux qui se souviennent de la star de la chanson française. Parmi les voisins, celui qui est certainement le plus proche du couple est Christian Galan, installé dans l’allée depuis plus de 30 ans. Il se rappelle avec humour de l’arrivée d’Alain Bashung : « Il s’était trompé de maison la première fois qu’il est venu, il est allé dans le jardin du voisin. »

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La Villa Poissonnière, dans la Goutte d’Or, où vécu Alain Bashung.

Discret mais généreux

Rapidement, Christian, cuisinier de profession mais passionné de jardinage, s’est occupé du jardin de la famille Bashung. Le chanteur ne répétait pas chez lui, mais il lui faisait parfois écouter ses morceaux et lui avait un jour demandé des idées pour un disque de reprises. « Chaque fois qu’il a fait un concert dans le 18e, à l’Elysée Montmartre ou la Cigale, il m’a invité » , raconte le voisin jardinier. Chaque année, il était présent à la “Fête des Jardins” organisée entre les habitants de la Villa Poissonière. « Il était très timide », explique Christian,« on en venait à oublier qu’il était une star ».

Discret, c’est l’adjectif que les habitants du quartier reprennent souvent pour qualifier le chanteur, qui se déplaçait presque toujours en taxi. Dans la rue de la Goutte d’Or, où se trouve l’entrée de la Villa Poissonière, un commerçant suppose qu’« il était plus souvent du côté de Montmartre ». Mais discret ne veut pas dire absent. L’interprète de Gaby oh Gaby était présent à sa manière, dans l’ombre. En reversant par exemple une partie des bénéfices d’une de ses tournées, 10 000 euros chacune, à deux associations de la Goutte d’Or, l’"Arbre Bleu" et "Les Enfants de la Goutte d’Or".

Alain Bashung voulait aider les jeunes de son quartier et avait demandé conseil à la mairie pour entrer en contact avec ces associations. Daniel Vaillant, le maire du 18e arrondissement, se rappelle d’un « un homme tout simple avec plein d’amour ». Lydie Quentin, directrice de l’association Les Enfants de la Goutte d’Or, se souvient que lorsqu’il a donné cet argent en 2006, il a souhaité le faire discrètement, « sans présence médiatique ». Elle l’a rencontré et ils ont discuté durant plus de deux heures du fonctionnement de l’association : « Il s’était montré très intéressé, il voulait comprendre ce qu’on faisait. » Elle aussi parle d’une personne très modeste.

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Le square Alain Bashung, situé à 400 m du domicile du chanteur, dans la Goutte d’Or.

Un client normal

En 2007, Alain Bashung fut le parrain de la Fête des Vendanges de Montmartre, puis du Centre musical Barbara Fleury Goutte d’Or. Entre deux tournées, deux sessions d’enregistrement, il revenait dans le 18e, où, avec Chloé Mons, ils avaient leurs habitudes. Le responsable de la brasserie Wepler, place de Clichy, monsieur Alain, se souvient de cet habitué « discret » et « un peu énigmatique », qui se « comportait normalement, comme n’importe quel client ». La Mascotte, rue des Abesses, faisait aussi partie des restaurants qu’il aimait, et que sa femme continue de fréquenter.

Quand Alain Bashung est mort en 2009 d’un cancer du poumon qui le rongeait depuis plus d’un an, Christian Galan a planté un oranger du Mexique à sa mémoire à l’entrée de son jardin. Aujourd’hui, c’est un square entier qui porte son nom, au 16 rue Jessaint, à 400 mètres de là où il habitait. L’inauguration a eu lieu le 21 juin 2012, jour de la Fête de la musique, en présence d’une chorale d’enfants du quartier, du maire de Paris Bertrand Delanoë, de Daniel Vaillant, de sa femme et de ses proches. L’ambiance était « humaine et chaleureuse », telle que l’a voulue Chloé Mons, et telle que lui l’aurait certainement souhaitée.

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