lundi 24 juillet 2017| 248 riverains
 

250 euros le tête à tête de trois minutes avec Martin Parr

Moyennant 250 à 400 euros, près de 350 personnes ont posé devant l’objectif du photographe Martin Parr, samedi 25 juin 2011, dans les studios de l’agence Magnum situés dans le 18e arrondissement de Paris. L’opération lucrative, baptisée "Magnum Days", n’a guère mobilisé les habitants du 18e.

« Venez avec votre objet fétiche, votre animal de compagnie ou votre partenaire et entrez dans le monde de Martin Parr », avaient suggéré les organisateurs de l’agence Magnum en annonçant la présence de l’artiste dans leur studio du 18e arrondissement de Paris, samedi 25 juin 2011. Un appel largement entendu puisque devant l’objectif de l’artiste, chacun y est allé de sa touche d’originalité. Comme ce jeune homme d’une trentaine d’année, venu du 16e arrondissement de Paris, avec son club et sa balle de golf. Un choix qui lui vaudra un « c’est génial, merci beaucoup ! », de Martin Parr.

Dehors, certains font la queue depuis plus de quatre heures pour avoir le privilège de poser devant la star britannique du portrait. Coiffe indienne aux plumes jaunes et noires, fleurs hawaïennes autour du cou, robe d’avocat, vestes et T-shirts aux couleurs flashy, talons rouges flamboyant et lunettes noires, c’est un véritable défilé de mode. On compte également de nombreuses femmes enceintes. Des jeunes mamans viennent aussi se faire photographier avec leur bébé. Les plus audacieux sont venus avec leur animal de compagnie : chat et chien mais aussi hamster, poisson rouge, ou lapin nain. De quoi faire sourire l’artiste.

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Un golfeur du 16e arrondissement pose devant l’objectif de Martin Parr.

Pour les organisateurs, « l’événement attire beaucoup de gens du quartier, lesquels commencent à connaître le travail de Martin depuis son exposition à la Goutte d’Or ». Pourtant, dénicher un riverain du 18e dans le studio n’est pas facile : la majorité des clients vient des 14e et 16e arrondissements. Est-ce une question de pouvoir d’achat ? Car pour emporter le portrait réalisé par Martin Parr, et signé de sa main, il faut compter entre 250 et 400 euros, selon les modèles. De quoi en décourager plus d’un. En témoigne cette phrase de « parisiennette », une riveraine du 18e arrondissement et blogueuse amoureuse de Paris, qui réagit sur le réseau social Twitter : « Je ne peux pas m’offrir une photo à 250€… j’aurais bien aimé, j’aurais posé avec mon plan de Paris. » Des prix prohibitifs pour un quartier populaire que Martin Parr commence pourtant à bien connaître.

Après beaucoup de patience, c’est le moment tant attendu : un tête à tête en studio avec Martin Parr. Les privilégiés ne passent pas plus de trois minutes en compagnie de l’artiste, efficacité oblige. Fidèle à lui même, Martin Parr installe ses modèles d’un jour dans un décor fleuri, rouge et bleu, aux allures de tapisserie démodée, et commence à shooter. Quelques clichés, quelques poses et surtout, un mot d’ordre, « no smile », ne souriez pas. Ce qui a le don de déconcerter un public déjà stressé et impressionné. C’est justement ce que recherche l’artiste.

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Jim Goldberg et son polaroïd, en action rue Hégésippe-Moreau.

Dehors, à l’angle des rues Hégesippe-Moreau et Etienne Jodelle, les photographes Bruce Gilden et Jim Goldberg proposent également leurs talents, à l’aide d’un appareil argentique pour l’un, d’un polaroïd pour l’autre. Contrairement à Martin Parr, chaleureux mais expéditif, Bruce Gilden se lance dans de véritables conversations avec ses modèles, à condition que ceux-ci parlent anglais, bien sûr. Avant de commencer, il lance avec ironie : « J’espère que ça vous plaira, sinon, plaignez-vous à Magnum ! »

Au total, près de 350 personnes sont venues se faire photographier par les trois artistes. Belle opération pour l’agence photo. « Au delà de cet événement, Martin Parr a un projet en tête, explique Lorenza Bravetta, directrice du développement de Magnum. Il fait signer des décharges aux personnes photographiées. » Lequel ? Mystère, elle ne souhaite pas en dire davantage. Quant à savoir si Parr est particulièrement attaché au quartier, elle ne le croit pas : « Sa présence dans le 18e arrondissement est simplement liée à la localisation de son agence. »

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