jeudi 29 juin 2017| 10 riverains
 

Plume de radis, le cuir en toute fantaisie

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La sobriété de la devanture contraste avec le bric-à-brac savamment orchestré à l’intérieur.

Dans la vitrine de Plume de radis, sacs à main, portefeuilles, besaces, ceintures et bracelets s’exposent, sans ostentation, sur une étagère blanche aux lignes épurées. Touches de couleurs vives, rouge, bleu turquoise, orange ou violine, les accessoires en cuir attirent l’œil. Les formes sont basiques, mais chaque pièce possède un détail piquant : une pochette bleu pétrole à la découpe simplissime dévoile, sous sa surface ajourée, ses dessous rose fuchsia.

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« Je conçois chaque fois une pièce unique, en fonction des envies de ma cliente, » explique Sandra Baud.

La sobriété de la devanture contraste avec le bric-à-brac savamment orchestré à l’intérieur. L’espace clair accueille quelques meubles en bois sur lesquels sont disposés une multitude d’articles de maroquinerie aux finitions parfaites. Les petites sacoches au cuir marbré, les « broches fleurs » délicates ou les fines ceintures bicolores tendances illustrent la créativité et le savoir-faire de Sandra Baud, la maîtresse des lieux.

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La collection Branches de cerisier.
Au centre, le "Porte tout", le best of de Plume de radis. Photo ©J.B. Lacroix.

La jeune femme de 39 ans occupe la boutique du 25 de la rue Sainte Isaure depuis 2004. Cette année-là, elle fait le pari, CAP de maroquinerie en poche, de vivre de ses propres créations. « Avant de m’installer, j’ai fabriqué ma première collection dans mon petit appartement du 18ième arrondissement, rue Duhesme, raconte-t-elle. Des besaces en vinyle, ornés de motifs en piqûre de fil, comme celle-ci ». Elle en désigne un exemplaire parmi les dizaines de sacs accrochés à une étagère.

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"Broche fleur", savamment ouvragée.

Puis, Sandra se dirige vers l’espace atelier, séparé du reste de la boutique par une vieille machine à coudre. « C’est mon coin travail avec vue sur la porte d’entrée. Je découpe, assemble et coud mes modèles en gardant le contact direct avec ma clientèle. C’est d’autant plus important que je travaille sur commande. Je conçois chaque fois une pièce unique, en fonction des envies de ma cliente. »

Manches retroussées, la jeune femme travaille ces jours-ci à la conception d’un élégant étui à cigarettes. Ensuite ce sera le tour de cet antique sac en crocodile de passer entre les mains de la créatrice. « Il appartenait à une grand-mère qui l’a donné à sa petit fille, raconte Sandra. Cette dernière m’a confié la mission de lui redonner une seconde jeunesse. » Le sac sera démonté, réinventé et se réincarnera, au prix de longues heures de travail, en une pochette à main dans le vent. « J’aime les objets sur lesquels le temps n’a pas de prise, » ajoute Sandra dans un sourire.

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Un superbe sac cabas.
Les motifs sur le cuir sont réalisés par marquage à chaud. Comme tous les accessoires, les doublures sont en cuir.

Le cuir naturel, celui qui se patine avec le temps, constitue le matériau de base de la créatrice : « Je choisis moi-même les peaux chez mon fournisseur parisien, à la pièce. Du cuir de vachette, porc ou chèvre, strictement issu de l’abattage destiné à la consommation, puis tanné et teint selon des normes européennes respectueuses de l’environnement ». Entreposées sur les étagères de l’atelier, les feuilles de cuir surprennent par leur souplesse, leur douceur et la variété de leurs teintes.

Sandra travaille sans intermédiaire. Elle peut ainsi proposer ses créations à des prix raisonnables et adaptés à sa clientèle (un petit porte-monnaie « enveloppe », par exemple, une pièce unique, coûte 30 euros). Il s’agit principalement de personnes du quartier, toutes générations confondues. « Mon activité s’est développée via le bouche-à-oreille. Mes clientes sont fidèles. Nombre d’entre elles s’arrêtent en passant, juste pour papoter, » se réjouit-elle.

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La machine à coudre le cuir préférée de Sandra date des années 60.

Petite, Sandra se voyait psychologue : « C’était la profession de ma tante. Mais en fac, je me suis rendu compte que ma voie était ailleurs. » Elle devient iconographe, shampouineuse chez Dessanges, tout en fabriquant des chapeaux vendus en dépôt dans des boutiques parisiennes. Quitte à prendre exemple dans la famille, elle décide de suivre les traces de son arrière grand-mère, autrefois modiste à Paris. Au chômage, elle suit une formation de costumière habilleuse. Un stage chez le maroquinier de luxe Dognin, basé dans le 18e, lui donne le goût du cuir.

Fière du chemin parcouru, Sandra vit désormais correctement de l’activité de sa petite entreprise. Mais, Plume de radis, nom d’un bateau qu’elle aperçut un jour sur un port de la Méditerranée, lui permet avant tout de laisser libre cours à son imagination. « Le cuir offre des possibilités créatives inépuisables, s’enthousiasme-t-elle. De ce point de vue, je ne m’interdis rien. »

www.plumederadis.com

Plume de radis
25 rue Sainte Isaure 75018 Paris.
06 22 74 22 26
Sandra Baud vous reçoit tous les samedis de 12h à 19h
et du mardi au vendredi sur rendez-vous.

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1 commentaire
  • Plume de radis, le cuir en toute fantaisie 10 mai 2013 02:36, par Jenny

    Bonjour je ,m’appelle Jenny et je suis du Québec (Beauceville) j’aimerais un conseil pour m’acheter une machine à coudre le cuir. Quelle est la meilleure pour faire des choses délicate car je suis très habile et j’aimerais une bonne machine pour faire de tout. merci beaucoup j’attends de tes nouvelles. Jenny

    Répondre


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