samedi 22 juillet 2017| 27 riverains
 

Mizi expose ses "Ballades urbaines en 18e" au Saraaba

La photographe Mizi vit dans le 18e arrondissement de Paris, qu’elle arpente depuis des mois, appareil photo en main. Son travail, « Ballades urbaines en 18e », est exposé jusqu’au 31 août 2009, au Saraaba, dans la Goutte d’Or. Portrait d’une voyageuse invétérée.

Mizi possède un pied-à-terre à Château Rouge, dans le 18e arrondissement de Paris, depuis dix ans. La jeune femme avoue pourtant méconnaître son quartier : jusqu’à l’année dernière, elle l’a longtemps fréquenté en pointillé. En effet, Mizi a beaucoup voyagé. Études d’histoire, apprentissage de la langue russe qu’elle parle couramment, elle s’est engagée voilà une quinzaine d’années avec le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) : interprète au service d’une mission dans le Nord Caucase, à deux pas de la Tchétchénie, une république russe rebelle. «  Un hasard, reconnaît Mizi. J’ai répondu à une annonce. Ma fibre humanitaire s’est réveillée ensuite. »

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Devant une banque, rue Ordener.
©Mizi

Née à Rennes, de parents fonctionnaires abonnés aux déplacements et petite fille de militaire jadis en service dans les colonies, Mizi se joue elle aussi des frontières. Au service de l’action humanitaire, elle arpente les zones de guerre aux confins de l’Europe. Quand elle souffle quelques jours dans son appartement de la rue de Panama, c’est pour mieux larguer les amarres ensuite. Elle s’envole pour la république de Touva, au nord de la Mongolie, avec Action contre la faim. Puis c’est le Burundi, en Afrique centrale. Le CICR à nouveau, dont elle devient déléguée. Le Proche-orient, l’Asie centrale… Mais, un beau jour : « J’ai dit stop ! J’étais lasse, raconte Mizi. Je suis rentrée à Paris en octobre 2008 et j’ai décidé de poser mes valises. »

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Montage du marché Dejean.
©Mizi

La voyageuse est volontairement clouée au sol. Mais elle ne renonce pas au grand large, le 18e arrondissement comme nouvel horizon. « La photo est une passion tardive, admet Mizi. Un matin, au levé du soleil, je me suis penchée à ma fenêtre. J’ai vu, d’un côté, le Sacré-Cœur touché par un arc-en-ciel. De l’autre les toits de l’église Saint-Bernard nimbés d’une lumière orange. J’ai tout photographié. » C’était un vieux numérique à l’écran cassé. Qu’importe ! « Cet appareil photo est devenu un intermédiaire. Il a transformé mon regard et sublimé ma vision de l’arrondissement. » La photographie aiguise les sens. « Elle permet de repérer des éléments invisibles à l’œil nu, des perspectives originales formés par des éléments de décors urbains, comme les panneaux de signalisation, » souligne Mizi.

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Rue Doudeauville.
©Mizi

Ses pérégrinations la conduisent aussi à photographier les graffitis, notamment ceux peints le long des lignes de chemin de fer qui sillonnent le nord du 18e arrondissement. « C’est un moyen d’expression intéressant, une manière pour leurs auteurs d’affirmer des revendications qu’ils ne seraient pas capables de verbaliser autrement, explique-t-elle. Les tags égayent la ville, soulignent le mobilier urbain. Il est souvent question de prisons, de flics. Cela me rappelle parfois les zones de conflits. » Mizi porte un regard « positif » sur le 18e arrondissement. Ses photographies lui permettent également de partager ce point de vue.

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« Mon appareil photo a transformé mon regard et sublimé ma vision de l’arrondissement. »

Les affiches collées un peu partout dans le quartier retiennent aussi son attention. Souvent l’œuvre de collectifs africains, ces bouts de papier multicolores annoncent des concerts, des réunions évangélistes ou l’élection locale de miss Sénégal, par exemple. « C’est la preuve que les communautés noires ont aussi droit à l’image dans le quartier. Elles s’approprient les moyens de communication et l’espace public (en particulier les barrières de chantier) comme bon leur semble. » C’est une forme d’intégration dans l’arrondissement. Un autre moyen de s’enraciner dans l’espace géographique. À l’image de Mizi et de son appareil photo, en somme. D’ailleurs, Mizi, surnom que des amis lui ont donné voilà longtemps, signifie racines de l’arbre, en langage Burundi.

Le blog de Mizi, cliquez ici

Exposition « Ballades urbaines dans le 18e »
Du 14 juillet au 31 août 2009
Entrée libre

Espace Saraaba, 19 rue de la Goutte d’Or, Paris 18e

Programme complet du Saraaba en cliquant ici

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