vendredi 20 octobre 2017| 18 riverains
 

La dame et les p'tits oiseaux de la porte de Clignancourt

A la manière de Mary Poppins, une dame sans-âge, manteau marron, pantalon noir et chaussures à semelle compensée, nourrit régulièrement les pigeons du 18e arrondissement de Paris. Rencontre et diaporama du côté de la porte de Clignancourt.

La scène, typique de la vie du 18e arrondissement de Paris, fait penser au film Mary Poppins de Disney, où une vieille femme, assise sur les marches de la cathédrale londonienne de Saint-Paul, nourrit les pigeons de quelques graines. À ceci près qu’elle n’est pas assise et que personne ne chante.

La dame s’est installée en début d’après-midi à l’angle des boulevards Ney et Ornano. Nous étions le fin février 2010, un vendredi après-midi, mais l’histoire aurait certainement pu se dérouler un autre jour.

Le soleil brillait, cet après-midi là. La chose est suffisamment rare à Paris pour être relevée. Devant les grilles du restaurant universitaire, elle a adossé son cabas rouge, l’a ouvert et en a sorti un sac de riz. Elle a arraché un des angles de ce dernier et déversé l’intégralité de son contenu sur le trottoir. Le sac n’était pas encore vide qu’une nuée de pigeons a fondu sur le sol, picorant frénétiquement les grains.

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Un peu de riz : il n’en faut pas plus
pour attirer des pigeons affamés

Pendant la pause déjeuner des volatiles, la dame en a profité pour nettoyer les plaques d’égouts et les nids-de-poules à proximité en les vidant de l’eau qui y croupissait. Elle a balayé ensuite le trottoir, pour éliminer les quelques plumes laissées par les pigeons les plus pressés. Aucun grain de riz ne fut évidemment retrouvé.

La dame se moque bien qu’à Paris, pour des raisons sanitaires, il est interdit de nourrir les pigeons. Elle encourt même une amende de 35 euros. Qu’importe, personne ne la voit. La scène a ceci de curieux qu’elle se déroule au milieu de l’agitation des passants pressés d’attraper le PC3. L’ont-ils seulement remarqué cette dame, avec sa pelle et son balai ? Une question qui pourrait être retournée aux volatiles, bien ingrats envers leur bienfaitrice...

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4 commentaires
  • bonjour,
    Je ne suis pas parisienne, mais je passe de temps en temps lire vos articles et celui ci m’a touché profondemment.cette dame que je n’imagine pas si vieille , est une dame de tous les temps, elle aurait tres bien pu sortir d’un roman de Zola, fouler les pavés d’un Paris du 15eme siecle, mais non elle vit a notre epoque ,ce 21emesiecle.elle est touchante et tendre, elle se fout du monde qui passe, elle brave la loi effrontement sans laisser de traces,juste ce petit film , ces quelques photos et cet article paru dans votre journal....si par malheur la police la verbalisait, je vous laisse mon adresse mail, faites le moi savoir , je paierai son amende...
    Gardons ces personnages atypiques, ils font partie de notre patrimoine.
    bravo pour votre article
    Léa

    Répondre

    • Cette dame qui habite dans mon quartier est gardienne d’immeuble, et nourrit les pigeons dans la cours d’immeuble, le problème c’est le roucoulement et les fientes des pigeons.J’aime les pigeons mais pas ceux qu’on voit à Paris.

      Répondre

      • Sans jouer les rabat joie, il est interdit de nourrir les pigeons à Paris, dans leur intérêt et surtout dans celui des riverains. Une petite affichette le rappelle en haut de l’église vers la mairie, à deux pas du domicile de cette dame...

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    • Connaissant de vue cette dame habitant ma rue, je n’adhère pas du tout à la vision poétique que vous en faites. Pendant des années, elle n’a cessé de déverser des kilos de riz dans la petite cour de son immeuble et, chaque matin, aux aurores, les pigeons se précipitaient par centaines sur ces quelques mètres carrés, bataillant à coups de bec afin d’obtenir quelques grains pendant que les autres guettaient, perchés sur chaque rebord de fenêtre (dont la mienne !), saccageant les plantes et fleurs des habitants. C’était une scène digne du film "Les oiseaux" de Hitchcock, et s’il y avait eu une sorcière infernale, Mme C. aurait tenu ce rôle à merveille, bien loin de la féerique Mary Poppins ! Le soir, le riz, à nouveau déversé dans la petite cour, faisait la joie des rats. Il a fallu des années de bataille juridique pour que cela cesse, avant qu’elle ne se décide à sévir dans la rue, et pas seulement du côté de la Porte de Clignancourt.

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