jeudi 21 septembre 2017| 15 riverains
 

P-Y. Bournazel : « Nous avons posé de solides fondations »

Pierre-Yves Bournazel, tête de liste UMP aux élections municipales dans le 18e arrondissement de Paris, ne cache pas sa satisfaction : deuxième du second tour avec 37,57% des voix, l’opposition gagne trois conseillers d’arrondissement supplémentaires, dont un conseiller de Paris. Interview.

Pierre-Yves Bournazel attend Dixhuitinfo à la terrasse d’un café situé à deux pas de la place des Abbesses, dans le 18e arrondissement de Paris. Le second tour des élections municipales est passé depuis trois jours. Les traits du candidats UMP sont tirés : « Je vais prendre quelques jours de repos avant le premier conseil d’arrondissement du 13 avril 2014 », dit-il, avant de répondre à nos questions.

Dixhuitinfo - Avec du recul, comment analysez-vous votre résultat aux élections municipales ?

PIerre-Yves Bournazel - Dans le fief socialiste de M. Delanoë, maire sortant de Paris, l’arrondissement de la bande des quatre (Vaillant, Estier, Delanoë, Jospin), nous avons réalisé une très forte progression de près de 10 points (plus de 6 000 voix) par rapport à 2008. Nous dépassons la barre des 37,5%, soit le meilleur score du nord-est parisien. C’était un peu inattendu.

Voir les résultats du second tour des élections municipales

Vous n’aviez pas, à priori, de réserves de voix après le premier tour. Comment avez vous pu passer de 25 à 37% ?

Des électeurs ont voté Europe Ecologie-Les Verts au premier tour mais pour moi au second, car ils aiment bien mon profil d’homme de terrain, ma connaissance des dossiers, mon implication. Des personnes m’ont dit aussi : « Je vous aime bien, mais je vote pour la gauche car je souhaite avoir Anne Hidalgo comme maire de Paris ! » Je leur répondais : « Est-ce que vous pouvez plutôt me détester et voter pour moi ? » Nous avons évidemment récupéré des voix d’abstentionnistes.

Des électeurs de Roxane Decorte au premier tour se sont-ils reportés sur vous au second ?

Nombre d’entre eux n’ont pas apprécié sa trahison. La rivalité entre elle et moi est secondaire. Mais trahir ses valeurs, ça a choqué. J’ai reçu des mails de certains de ses colistiers qui se sont sentis eux-mêmes trahis.

Avez-vous bénéficié des voix du Front national ?

Oui sans doute. Je me suis adressé à tous les habitants du 18e, à leur intelligence et à leur responsabilité individuelle.

Avez vous l’impression d’avoir progressé en notoriété ?

Bien sûr. Dans le 18e arrondissement, en 2008, il n’y a aucun bureau de vote où nous sommes en tête. Cette année, nous avons cinq bureaux de vote où nous sommes devant. Dont le meilleur est à 57 %.

NDLR : En réalité, la liste UMP-Modem-UDI est en tête dans deux bureaux de vote, le 3, avec 56,42% et le 25 avec 51,53%. Elle est à égalité avec La liste d’Eric Lejoindre 50/50, dans le bureau 37, elle obtient 49,78% dans le bureau 46 et 47,66% dans le bureau 33.

Certes, mais, finalement, vous n’avez pas remporté la mairie du 18e...

Nous partons de très bas. Le rapport de force dans l’arrondissement était de ¾ des voix pour la gauche, ¼ pour la droite. Nous avons parcouru la moitié du chemin. C’est le plus difficile en politique. Nous avons posé de solides fondations qui nous permettent d’avoir la possibilité de gagner la prochaine fois.

Vous avez gagné trois sièges de plus au conseil d’arrondissement, dont un conseiller de Paris. Qu’allez vous en faire ?

Nous serons une opposition plus forte, plus légitime, plus crédible. Nous serons des opposants constructifs : lorsque la majorité proposera de bons projets, nous la soutiendrons ; lorsqu’il sera nécessaire de les amender, nous ferons des propositions en s’appuyant sur notre projet et notre travail dans l’intérêt du 18e ; et quand nous estimerons que cela ne va pas dans le bon sens, nous le dirons et le justifierons.

Qu’est-ce qu’un bon projet, pour vous ?

Celui qui porte une vision d’intérêt général, et qui répond concrètement à l’amélioration de la vie quotidienne des gens. Qu’il soit plein de bon sens et de pragmatisme et non enclin de dogmatisme et d’idéologie.

Que pensez-vous du nouveau maire du 18e, Eric Lejoindre ?

Jusqu’à présent, il était un candidat sous tutelle. Je l’invite à se libérer de toutes formes de tutelle. À lui de s’affirmer, car je pense qu’un maire doit être un homme libre et indépendant.

Vous avez beaucoup joué de votre propre personne dans cette campagne électorale. On vous a beaucoup vu vous mettre en scène. Pourquoi ?

Il faut identifier l’opposition, identifier son futur maire. C’est important l’incarnation. C’est amusant, car souvent les gens m’appellent M. Le Maire, mais plus souvent encore, M. Le député. Or, je ne suis ni l’un ni l’autre. Les gens s’habituent à me voir sur le terrain et pensent que je suis élu. Pour le coup, cela fait penser à la phrase de René Char : « À me regarder, ils s’habitueront. » Et donc ils finiront par voter pour moi. François Mitterrand disait aussi : « Il faut habituer les Français à voter pour vous. »

On vous a beaucoup vu aussi à la télé, vous êtes un bon client pour les médias ?

Je dis ce que je pense. Je suis libre. Je parle sans langue de bois et je ne parle pas avec les fiches de mon parti politique.

Vous aimez ça ?

Ni oui ni non. J’aime bien pouvoir m’exprimer car j’ai des choses à dire. Et quand on m’invite, j’y vais.

En 2008, vous avez déclaré à Dixhuitinfo : « Un jour je serai maire du 18e », vous maintenez ?

Ha oui ! Mais comme je n’ai pas réussi du premier coup, peut-être que je serai maire du 18e et de Paris en même temps.

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