lundi 18 décembre 2017| 38 riverains
 

Trois candidats en campagne au marché de l'Olive

Les militants du Front de gauche et ceux de l’UMP, sur le marché de l’Olive, samedi 10 mars 2012.

Pour appuyer son poulain à l’élection présidentielle, le Front de gauche avait organisé, samedi 10 mars 2012, une distribution de tracts sur le marché de l’Olive, dans le 18e arrondissement de Paris. Ian Brossat, élu PC du 18e, était sur place. Tout comme Roxane Decorte, élue UMP de l’arrondissement, et Daniel Vaillant, son maire PS, venus eux aussi soutenir leurs candidats respectifs. Au cœur de la 17e circonscription, qu’ils convoitent tous les trois lors des législatives de juin prochain. Reportage.

Comme tous les samedis, le stand du Parti communiste français est installé à l’angle de la rue de l’Olive et de la rue de la Guadeloupe, dans le 18e arrondissement de Paris. Les oranges de l’épicier apportent une tâche de couleur à ce carrefour gris. Samedi 10 mars 2012, après quelques éclaircies, les nuages se sont imposés dans le ciel parisien. Les passants commencent à affluer. C’est jour de marché.

À quelques mètres de là, dans la rue de l’Olive, les militants UMP ont installé une petite table. Ils sont placés entre l’épicier et un café qui ne désemplit pas. Une affiche de Nicolas Sarkozy et de Roxane Decorte, candidate aux législatives dans la 17e circonscription, a été placardée sur le stand de la majorité présidentielle. Les militants distribuent des invitations pour le discours du président candidat prévu le lendemain, à Villepinte (93).

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Trois partis politiques se disputent le pavé à l’angle des rues de l’Olive et de la Guadeloupe.

« Tiens, ils sont là, eux, » lance un militant Front de gauche dans un rire rauque. À l’angle de la rue de l’Olive et de la Guadeloupe, les militants communistes se rejoignent, se saluent. À 10h30, chacun se voit attribuer une pile de tracts à effigie de leur candidat, Jean-Luc Mélenchon.

« Nous sommes là tous les samedis pour vendre L’Humanité Dimanche, » explique Gérard, 63 ans. Il a été militant communiste de 1973 à 1988. « Je me suis réinscrit en 2009, quand je me suis rendu compte que la situation se dégradait. Nicolas Sarkozy a détruit les services publics, il a favorisé la pauvreté. C’est quelque chose qu’on peut voir dans le 18e arrondissement : les mendiants, les glaneurs. »

À ce moment, Ian Brossat arrive. Tout sourire, le candidat Front de gauche aux législatives dans la 17e circonscription de Paris, salue tous les militants venus tracter. Ils sont maintenant une dizaine à battre le pavé, à tendre les polycopiés. « Les séances de tractage sont importants, » commente Stéphane, 44 ans. Depuis 2009, il est militant pour le Parti de gauche, « pour être acteur du changement ». « Jean-Luc Mélenchon n’a pas accès aux médias, poursuit-il. Etre présent au cœur du quartier, c’est montrer que nous existons. »

Politesse

« C’est un exercice important, » commente Ian Brossat. « On peut dialoguer avec les habitants sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, pour se loger, par exemple. Le 18e arrondissement est un quartier rebelle. Le Front de Gauche est présent aux côtés des riverains dans leur lutte contre la casse des services publics. Il existe une cohésion entre les actes et les paroles. »

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Quelques passants s’arrêtent et discutent avec les militants.

C’est cela qui a séduit Fatima Hassoune, 44 ans. « Je suis déléguée de parent et je me suis battue contre les fermetures de classes, » affirme-t-elle. « Le Front de gauche a toujours été à nos côtés. Les autres partis ne faisaient que récupérer des victoires sans prendre part aux batailles. » Militante depuis un an, elle tracte avec plaisir et enthousiasme car, pour la première fois, elle votera pour quelqu’un et non contre.

Les badauds prennent les tracts avec politesse. Certains s’arrêtent et discutent avec les militants. « J’hésite entre Mélenchon et Hollande, » s’interroge Jean-Michel, 70 ans. Il habite le quartier de Château-Rouge. « Rien n’a changé entre Sarko et Chirac, explique-t-il. Dans le quartier, tout est devenu plus cher. » D’autres refusent catégoriquement le dialogue. « Ah non, je ne voterai jamais pour vous ! » s’insurge Édith, 80 ans. Ses yeux d’un bleu profond fixe un militant et, l’index levé, s’exclame : « Vous n’aurez jamais ma retraite, jamais ! »

Vers 10h45, cinq militants socialistes s’installent devant le stand du PCF. « Le changement, c’est Hollande ! » scandent-ils. « Le vrai changement, c’est Mélenchon », répond un militant du Front de gauche à la silhouette massive. Trois partis politiques se disputent maintenant le pavé à l’angle des rues de l’Olive et de la Guadeloupe. « Ça devient contre productif, » se désole Gérard.

Certains passants s’agacent. « Mais, je l’ai déjà ce tract, » lance l’un d’entre eux. Au fur et à mesure, la circulation se fait de plus en plus difficile dans la rue piétonne. Une valse improvisée se crée. Les trois partis avancent, reculent. Chacun tentant d’être devant les deux autres.

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Le marche de l’Olive est situé dans la 17e circonscription, que convoitent Roxane Decorte, Ian Brossat et Daniel Vaillant.

Vers onze heures, une femme blonde vêtue d’un long manteau bleu entre en scène. C’est Roxane Decorte, candidate UMP aux législatives pour la 17e circonscription. « Je ne crois pas qu’on gagne des voix en tractant, estime-t-elle. C’est plus pour sentir le cœur du quartier battre, entendre les attentes de nos concitoyens. »

Roxane Decorte porte dans ses bras une petite fille qui attire le regard des passants. « C’est le niveau zéro de la politique, » soupire un partisan de Jean-Luc Mélenchon. La fillette commence à s’ennuyer. « C’est sa première fois, » commente l’élue UMP avant de se voir entrainée par sa fille vers le stand PCF. « Tu veux un tract ? » lui demande un militant Front de Gauche avec sourire. « Vous allez me la traumatiser ! » rétorque Roxane Decorte.

La rumeur de la venue de Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement et candidat PS pour la 17e circonscription se fait de plus en plus persistante. « Ce serait une première, » lance Gérard, le communiste. Dans la rue de l’Olive, une silhouette imposante fend la foule. Daniel Vaillant arrive encadré par des militants socialistes.

Le maire de l’arrondissement serre la main des passants. Il salue ses deux adversaires de loin, puis s’arrête devant le stand du PCF. Le groupe autour de Daniel Vaillant discute, rit et organise la distribution des tracts pour le Parti socialiste. À l’angle de la rue de l’Olive et de la rue de la Guadeloupe, trois candidats aux législatives battent campagne. Trois candidats qui s’observent parfois en chiens de faïence.

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