lundi 20 novembre 2017| 16 riverains
 

Un procès pour avoir vendu l'Humanité Dimanche sur le marché

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Pour avoir vendu l’Humanité Dimanche à la criée sur le marché Dejean, dans le 18e arrondissement de Paris, Lounis Ibadioune sera jugé, mercredi 18 février 2009, devant un tribunal de proximité. Ce militant communiste entend plaider la relaxe, au nom de la liberté d’expression.

« La relaxe et rien d’autre ! » Voilà ce que plaidera Lounis Ibadioune, mercredi 18 février 2009, devant le tribunal de proximité du 19e arrondissement de Paris. Les faits qui conduisent à la barre ce militant communiste de longue date remontent à deux ans. Un matin de 2007, comme tous les jours depuis une vingtaine d’années, Lounis Ibadioune vend l’Humanité Dimanche à la criée, sur le marché Dejean, dans le 18e arrondissement de Paris. « C’est une tradition reconnue par la loi, explique-t-il. L’Humanité Dimanche est un magazine d’opinion. À ce titre, nous avons le droit de le diffuser dans la rue. » Mais ce matin-là, en pleine campagne présidentielle, des policiers verbalisent Lounis. Motif ? Vente illégale de marchandise. 150 euros d’amende. Le militant refuse de signer le procès-verbal. Il ne payera pas.

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Jean-Luc Mélanchon, sénateur de l’Essonne et président du Parti de gauche, est venu soutenir Lounis Ibadioune.

L’affaire émeut le quartier et les élus de gauche. Gérald Briand, adjoint au maire PCF du 18e arrondissement, section au sein de laquelle milite Lounis Ibadioune, adresse un courrier de protestation au commissariat. Le maire lui-même, Daniel Vaillant, alerte la préfecture de police. Pour rien. Les commandements de payer succèdent aux lettres de rappel. L’amende grimpe à 172 euros. Finalement, la convocation au tribunal tombe en décembre 2008. « C’est un comble, s’exclame Lounis, posté ce dimanche encore, à l’angle des rues Dejean et Poissonniers, dans la Goutte d’Or. Passer devant un juge pour régler cette histoire, c’est bien la preuve que la liberté d’expression est en danger. » Jean-Luc Mélanchon, président du Parti de gauche a fait le déplacement dans le 18e. « Je viens soutenir Lounis, car il faut en finir avec ces dérives autoritaires, s’indigne l’homme politique, également sénateur de l’Essonne. Une police de la pensée semble s’installer dans le pays. Les militants politiques sont traités comme des criminels. »

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« Les attaques se multiplient à mesure que se dégrade le climat social. C’est tout simplement la démocratie qui est en danger. Je ne lâcherai pas, » explique Lounis Ibadioune.

Une pétition a recueilli près de 10000 signatures. « Des commerçants, des riverains du marché Dejean ont signé, raconte Jean-Pierre, fervent communiste depuis 1968, préposé à la distribution de tracts aux côtés du militant. Tous ne sont pas communistes, loin de là, mais ils aiment engager le dialogue avec nous. » « Notre discours est différent, reprend Lounis, c’est peut-être cela qui gêne aussi. » Ses camarades le soutiennent. « Bénévolement, chaque semaine et par tous les temps, les diffuseurs militants de l’Humanité Dimanche concourent au débat démocratique dans notre pays, » écrit son rédacteur en chef, dans le dernier numéro de l’hebdo. La semaine dernière, un meeting de soutien a rassemblé 250 personnes, salle de l’indépendance, dans le 18e. « Dans le contexte de crise du libéralisme, leur réponse est d’envoyer au tribunal ceux qui osent briser le consensus, » a fustigé Ian Brossat, élu du 18e et président du groupe communiste au Conseil de Paris.

Lounis Ibadioune symbole du pluralisme en danger ? Les médias nationaux se sont emparés de l’histoire. Mais, à cinquante ans, le bonhomme garde la tête froide. Il a beau se faire chambrer par ses camarades, il assume : « Je ne suis pas devenu une star, comme ils disent ! L’agitation médiatique ne me tourne pas la tête. Je suis dans l’action, c’est mon truc. Mais ce n’est pas à mon profit. Je lutte pour le journal et la liberté d’expression. » Militant communiste et syndicaliste depuis le début des années 80, ce gaillard en a vu d’autres. « Mais là, ça va trop loin, insiste cet ouvrier du livre, salarié des messageries de la presse parisienne. Les attaques se multiplient à mesure que se dégrade le climat social. C’est tout simplement la démocratie qui est en danger. Je ne lâcherai pas. »

Comité de soutien à Lounis Ibadioune, cliquez ici.

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