mardi 26 septembre 2017| 20 riverains
 

Subventions européennes, le parcours du combattant

Chantal Mainguené regrette le montage compliqué des dossiers pour obtenir des financements via le Fonds social européen.

Né dans le 18e arrondissement de Paris, le Réseau Môm’artre, spécialisé dans la garde d’enfants, s’est appuyé sur des fond européens pour financer certains de ses projets. Subventions appréciables, selon sa directrice, mais obtenues au prix de nombreuses tracasseries administratives.

« Ce n’est pas de l’aide à projet, mais de l’administratif. » Cette phrase de Chantal Mainguené, fondatrice et directrice du Réseau Môm’artre, résume son expérience avec le Fonds social européen (FSE), organisme qui soutient financièrement des projets pour l’emploi. Môm’artre, né dans le 18e arrondissement de Paris et spécialisé dans l’offre de solutions de garde pour enfants, a fait appel plusieurs fois à des fonds européens pour financer ses projets.

D’abords sur des micro-projets pour des montants de l’ordre de 20 000 euros. Puis en 2009 sur un plus gros projet, qui avait pour but de favoriser l’emploi des femmes, pour un montant cette fois ci de l’ordre de 50 000 euros. Une part importante donc, car en général cela représente la moité du financement du projet. Cependant, Chantal Mainguené insiste bien sur le fait que les fonds européens n’étaient pas indispensables et qu’elle aurait pu trouver des financements ailleurs : « Ça à aider à démarrer de nouvelles projets, mais je n’irai pas jusqu’à dire que sans le FSE on aurait pu rien faire. »

Un dossier difficile à monter

Pour obtenir le financement du FSE, encore faut-il réussir à monter un dossier. « Il faut rentrer dans des cases, tout ce qui les intéresse c’est l’emploi direct », explique Chantal Mainguené. Ce qu’elle regrette car le fonds européen passe à coté des autres missions du réseau Môm’artre, en particulier l’éducation des enfants qui pour elle « devrait concerner l’Europe ». Si bien que pour leur prochain projet, le réseau Môm’artre n’a pas réussi à trouver un axe qui serait validé par le FSE.

Une fois le dossier accepté, il s’agit ensuite de recevoir l’argent et la encore il y’a un problème : « Nous touchons les subventions extrêmement tard, prévient Chantal Mainguené. Il faut au minimum deux ans de trésorerie devant vous sinon c’est pas la peine de monter un dossier. » Une « aberration », selon elle, la France serait un des seuls pays européen à ne pas verser d’acompte sur les gros dossiers.

Des contrôles très stricts

Cela ne s’arrête pas la, il faut ensuite supporter des contrôles fréquents, en général sur une année. « Le Fonds social européen est une usine à gaz, on passe un quart de notre temps à gérer le dossier pour que tout soit comme ils veulent », s’exaspère Chantal Mainguené. Venant d’être contrôlée, elle raconte qu’elle a dix dossiers de pièces justificatives sur son bureau, qu’on lui a en plus demandé de doubler.

Surtout que si il y a des erreurs, cela peut mener à la suppression d’une partie de la subvention : « Deux ans après avoir demandé 50 000 euros, si une partie des justificatifs a été mal remplie, ils peuvent refuser de verser la subvention en entier, alors qu’on comptait dessus », explique Chantal Mainguené.

« Une Europe plus moderne »

A l’avenir le réseau Môm’artre évitera de passer par le FSE. « Pour des montants inférieurs à 200 000 euros, ça n’a aucun intérêt, estime Chantal Mainguené. Ce n’est pas en phase avec nos réalités à la fois économique, de terrain et de rythme d’entreprise ». Elle continue cependant de croire à l’Europe, elle la voudrait juste « plus moderne » et « un peu plus en phase avec le terrain ».

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