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Forte progression du PS, effondrement des Verts

Pour matérialiser la fusion de leurs listes en vue du second tour des régionales, PS, Verts et Front de gauche s’étaient donnés rendez-vous, mardi 8 décembre 2015, dans un petit bistrot du quartier de la Goutte d’Or. Avant d’arpenter à pied les rue du 18e arrondissement de Paris. Un air de campagne sous la pluie, au fil des quartiers en mutation du 18e : Halle Pajol, marché de l’Olive, « des lieux emblématiques ayant bénéficié des financement de la région Ile-de-France ces dernières années », ont expliqué les candidats. Lesquels ont tous affiché leur « confiance » pour le deuxième tour du scrutin.

Sur la photo, à partir de la gauche : Jean-Philippe Daviaud, élu du 18e et conseiller régional PS sortant, Anne Hidalgo, maire de Paris, Claude Bartolone, candidat PS à la présidence de la région IDF, Emmanuelle Cosse, EELV, Daniel Vaillant, député de la 17e circonscription de Paris, Eric Lejoindre, maire du 18e. Manquent sur l’image Pierre Laurent, Front de gauche, qui s’est éclipsé après le déjeuner et Marie-Pierre de la Gontrie, tête de liste socialiste à Paris. PhB

Le 1er tour des élections régionales, dimanche 6 décembre 2015, dans le 18e arrondissement de Paris, a révélé le très bon résultat de la liste conduite par le socialiste Claude Bartolone, l’effondrement des Verts, le tassement de la droite alliée aux centristes et le score médiocre du Front national.

A l’inverse de la tendance nationale, les élections régionales dans le 18e arrondissement de Paris ont été marquées lors du premier tour, dimanche 6 décembre 2015, par un spectaculaire bond en avant de 7,6% du parti socialiste (PS) par rapport à 2010. Sa liste conduite par Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale a recueilli 37,29% contre alors 29,60%. En outre, ce résultat est de 13,93% supérieur à sa moyenne hexagonale et de 5,89% à sa moyenne parisienne.

Cette progression est à mettre principalement au compte de l’effondrement, tout aussi spectaculaire, d’Europe écologie les Verts (EELV) qui a perdu presque la moitié de ses électeurs par rapport aux précédentes régionales, dégringolant de 25,50% en 2010, à 14,36% cinq ans plus tard. Les Verts perdent ainsi leur place de seconde formation de l’arrondissement pour se retrouver désormais troisième derrière la droite classique.

Redistribution des cartes

L’alliance les Républicains-Modem avec 20,31% maintient son étiage, bien qu’elle enregistre un tout léger tassement de 0,59% comparé aux suffrages qui s’étaient portés cinq ans auparavant sur la liste UMP. L’excellent résultat de la liste conduite par le PS ne peut être imputé à un sursaut de son électorat mais plutôt à un transfert de voix, la participation n’ayant pratiquement pas progressé entre les deux consultations. Elle a été de 46,96%, juste 1% de plus que la fois antérieure. Ce taux est le second le plus faible de Paris, juste derrière le 19e, où l’abstention y frise les 57%. A l’image des européennes, les régionales ne font pas recette dans les arrondissements populaires du nord-est de la capitale.

Ce premier tour se caractérise donc dans le 18e par une surprenante redistribution des cartes au sein de la gauche au profit du parti de gouvernement. Lequel, au niveau national, est sorti très affaibli de ce scrutin. Dans une nette moindre mesure, le Front de Gauche en a aussi profité. Avec 10,13%, il améliore de 1,9% son précédent score confortant sa place de quatrième. Il a réduit son écart d’avec les Verts à 4,23% alors qu’il était supérieur à 17%. Cependant, il est talonné par le FN avec 9,67% qui progresse de près de 3% dans l’arrondissement.

Pas de vague FN

Comparé à sa moyenne nationale, le Front de Gauche fait plus que deux fois mieux et un peu plus de 3% par rapport à sa moyenne parisienne. L’hégémonie de la gauche sur l’arrondissement n’a nullement pâti de la déperdition des 11,14% des suffrages enregistrés par les Verts. Son total de 61,78% marque un recul de seulement 1,62%. Or à l’échelle nationale, la gauche plafonne à 36,4%, et au niveau parisien, elle se situe juste à 0,2% au-dessus de la barre des 50%.

L’autre singularité de cette consultation, c’est que le FN, conduit par Wallerand de Saint Just, qui fut son candidat lors des dernières municipales dans le 18e, n’a pas été porté ici par la vague qui a fait de lui le premier parti de France et le premier parti ouvrier du pays. Dans l’arrondissement, l’électorat, très majoritairement populaire, demeure réfractaire à l’extrême-droite. Toutefois, dans trois bureaux de vote, il est au-dessus de 20% : René Binet, où, avec 25,58%, il recueille son meilleur score, à l’un des trois bureaux de Béliard (22,27%), et à Charles Hermitte (20,41%).

Les Républicains-Modem stagnent

Enfin, paradoxalement, malgré la stagnation des Républicains-Modem, la droite classique a progressé de 2,6% grâce au 3,6% de Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan qui dépasse les 5% dans un seul bureau, celui de Vauvenargues. A noter qu’une liste intitulée Union des démocrates musulmans était en lice. Elle a obtenu 0,32% soit 144 suffrages au total. Si dans la plupart des bureaux, elle n’a eu aucune voix, elle a cependant fait 4,80% à celui de la rue Labori, ce qui représente 22 bulletins.

Lire aussi :
- Le PS en tête du premier tour des régionales dans le 18e (résultats)
- Les principaux enjeux des élections régionales dans le 18e

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Découvrez tous nos articles géolocalisés sur le 18eme arrondissement en un clin d'œil

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3 commentaires
  • Forte progression du PS, effondrement des Verts 9 décembre 2015 09:42, par Xoune

    "Dans l’arrondissement, l’électorat, très majoritairement populaire..."
    Vous vous baladez parfois à Jules Joffrin, Lamarck-Caulaincourt, Montmarte, Abesses, rue du Poteau, rue Ordener etc ? Ca représente pas mal de monde non ?
    Vous avez regardé le prix de l’immobilier dans ces coins, le type de CSP qui y réside et leur revenus moyen ?
    Arrêtez un peu la paluche sur le "populaire", ça en devient grotesque...

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  • Forte progression du PS, effondrement des Verts 11 décembre 2015 14:23, par Ricardo Uztarroz

    Majoritairement n’est pas synonyme d’exclusivement. Oui, il y a des poches résidentielles bourgeoises, voire même très bourgeoises (rue Junot), et il y a des quartiers que se « boboïsent » (Les Abbesses). Cela n’empêche pas que le 18e est très majoritairement populaire, comme au demeurant le 19e , le 20e. Les données démographiques le prouvent.

    En effet, la population du 18e est composée à 70% d’ouvriers, employés et professions intermédiaires, catégories socio-économiques que l’on qualifie de populaires. Le revenu moyen fiscal de 31 520 euros (foyer fiscal comprenant trois personnes), soit mensuellement 2 600 euros. L’arrondissement ne compte que 29% de diplômés de l’enseignement supérieur contre 39% sur l’ensemble de Paris. Les sans-diplômes sont 20%. Les titulaires d’un CAP ou d’un brevet professionnel sont 30%.
    Si on compare ces données avec celles du 17e ou pire du 16e, il ne fait pas l’ombre d’un doute que le 18e arrondissement mérite bien qu’on le qualifie de très majoritairement populaire.
    CQFD

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  • Forte progression du PS, effondrement des Verts 12 décembre 2015 00:31, par Xoune

    1) Vos chiffres datent de 2006.
    2) L’hétérogénéité de l’arrondissement ne permet pas une analyse globalisante et encore moins de le qualifier de "très majoritairement populaire".
    3) "Voire même" ne se dit pas.

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