mardi 23 mai 2017| 30 riverains
 

Régionales, les électeurs courtisés dans les rues du 18e

Bruno Le Maire, député Les Républicains de l’Eure, est venu soutenir son parti pour le deuxième tour des régionales, avec Pierre-Yves Bournazel, mercredi 9 décembre, rue Lepic, dans le 18e arrondissement.

Les candidats de droite et de gauche ont arpenté les rues du 18e arrondissement de Paris pour convaincre les électeurs, en particulier les abstentionnistes, de leur accorder leurs suffrages, dimanche 13 décembre 2015, au deuxième tour des élections régionales. Reportage dans les deux camps.

La campagne pour le deuxième tour des élections régionales s’achève sur fond de polémiques et d’invectives en Ile-de-France (IDF). La partie sera serrée. L’issue du scrutin est incertaine : les candidats perdent leur sang froid. A gauche, le candidat socialiste à la présidence de la région, Claude Bartolone, balance que sa rivale, Valérie Pecresse, Les Républicains (LR), défend « en creux », « Versailles, Neuilly et la race blanche ». Ulcérée, la candidate rétorque qu’elle va porter plainte contre lui pour « injures aggravées ».

« Claude Bartolone a évidemment volontairement tenu ces propos, indique Jean-Philippe Daviaud, élu PS du 18e arrondissement de Paris et colistier du président de l’Assemblée nationale. Il n’a pas apprécié les accusations de clientélisme en Seine-Saint-Denis, dont il est l’un des députés, portées contre lui par des élus LR. » Selon Jean-Philippe Daviaud, cette polémique n’aura « aucun effet sur le deuxième tour des régionales », dimanche 13 décembre 2015.

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Christian Honoré, élu LR du 18e, Bruno Le Maire, député LR et Pierre-Yves Bournazel, candidat LR aux régionales, rue Lepic, dans le 18e arrondissement de Paris.

En milieu de semaine, la campagne électorale ronronne encore. Mercredi 9 décembre, les militants Les Républicains du 18e battent le pavé métro Blanche. Dans le froid. Pierre-Yves Bournazel est aux commandes de la petite troupe. La tête de liste parisienne, qui a coiffé les socialistes sur le poteau au terme du premier tour dans la capitale, tracte à tour de bras. Bonne humeur générale : pour deux points d’avance, un sondage matinal donne Valérie Pécresse gagnante. « Ha oui, mais le vrai sondage, c’est dimanche dans les urnes », tempère Christian Honoré, élu du 18e et bras droit de Pierre-Yves Bournazel.

Enfin, une confortable berline blanche glisse le long du trottoir. Les militants reconnaissent le pilote : Bruno Le Maire, député Les Républicains de l’Eure. Il vient soutenir le candidat Pierre-Yves Bournazel. Lequel s’enthousiasme : « Bruno incarne le changement, la modernité. C’est un homme d’avenir. » Aux côté de Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement, ils partent à l’assaut de la rue Lepic. Premier bar. Café comptoir. « Pierre-Yves Bournazel est un garçon formidable, dit Bruno Le Maire. Je le connais depuis longtemps. Il sait se battre, sillonne son arrondissement depuis des années. Je partage avec lui ses idées de renouveau. »

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Delphine Bürkli, maire LR du 9e arrondissement et Pierre-Yves Bournazel, écoutent Bruno Le Maire échanger au téléphone avec l’incontournable figure montmartroise, Michou.

Le cortège repart. Quelques photographes. Une caméra tenue à bout de bras par deux étudiants en journalisme. Michel Langlois, conseiller du 18e, fait le guide. Il indique les commerces où il faut entrer dire bonjour. « Ho les beaux livres, la jolie viande, et ces remarquables fromages ! » Du classique en campagne. Redoutable d’efficacité, Bruno Le Maire, flanqué de Pierre-Yves Bournazel, serre des mains. Tape le bout de gras. Nouveau bar, dans une rue adjacente. On passe aux choses sérieuses : « Vu l’heure, c’est plutôt l’apéro, non », interroge le député normand, lequel mène désormais la danse. Va pour un verre de rouge et une tranche de pâté maison.

Les résultats du premier tour des législatives 2015 dans le 18e

« Voilà fait dix ans que je travaille dans le quartier et je n’ai jamais vu un élu de la majorité », dit le patron du troquet. « Ha et bien c’est pas étonnant, on nous raconte la même chose aux portes du 18e », reprennent Pierre-Yves Bournazel et Christian Honoré. A l’image des militants qui distribuent sans relâche les tracts dans la rue à côté, ils sont remontés à bloc : « On va gagner ! » « Oui, reprend Le Maire, Valérie Pécresse est une femme exceptionnelle. » Un ultime coup de rein. On tourne à droite dans la rue des Abbesses. Un dernier bar sur le trottoir de gauche. Et Bruno Le Maire tire sa révérence. Pile une heure après avoir débarqué place Blanche.

Les principaux enjeux des élections régionales dans le 18e

« C’est un élu de terrain, il est à l’aise, souligne Pierre-Yves Bournazel. Il écoute, ne craint pas le dialogue avec les riverains. C’est un soutien important. » Pour le candidat, aucun doute, l’élection est dans la poche : « Les habitants de la région ne veulent plus des socialistes. Ils incarnent l’échec. Claude Bartolone est responsable de la faillite du pays, complice de la hausse du chômage. » « Valérie Pécresse sera une présidente de région à temps plein, sans autre mandat, poursuit-il. Elle pourra mener des réformes en matière de transport, d’emploi ou de logement, autant d’échecs des socialistes en IDF. » Face à la liste d’union PS- Verts- Front de gauche, la droite n’a pas de réserves de voix. « Nous allons mobiliser les abstentionnistes du premier tour, calcule Pierre-Yves Bournazel. Quant aux électeurs du Front national, ils doivent savoir que s’abstenir, c’est donner sa voix à Bartolone. »

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Claude Bartolone, candidat PS à la présidence de la région IDF répond aux journalistes sous le parapluie de Daniel Vaillant, député du 18e.

La veille, la liste d’union de la gauche avait déjeuné dans un restaurant de la Goutte d’Or, en face de l’église Saint Bernard. Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe Ecologie les Verts, était assise à droite de Claude Bartolone. Marie-Pierre de la Gontrie, tête de liste PS pour les régionales à Paris, était placée à sa gauche. Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste était en face de lui. Il avait pour voisine, Anne Hidalgo, maire de Paris. Jean-Philippe Daviaud, candidat PS et conseiller régional sortant, Eric Lejoindre, maire du 18e et Daniel Vaillant, député de la 17e circonscription, participaient aussi à ce déjeuner.

Au café, sous l’œil des caméras de télé, les conversations allaient bon train, les sourires étaient entendus. Bouclée au lendemain du premier tour des régionales, la fusion des trois listes n’avait pas traîné. L’accord final intègre plusieurs propositions des deux listes minoritaires de gauche, dont des propositions majeures des écologistes : sortie du diesel, redevance poids lourds en transit, parc de logements rénovés d’un point de vue thermique, création d’un budget participatif... « Je suis confiant, les électeurs ne voteront pas Pécresse, a dit Daniel Vaillant. Pour eux, elle n’incarne pas le progrès. Certes, ce sera serré. Mais je saurais me contenter de cinq points d’avance. »

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Jean-Philippe Daviaud, élu PS du 18e et candidat aux régionales, Eric Lejoindre, maire du 18e et Anne Hidalgo, maire de Paris.

Sans Pierre Laurent, les convives ont ensuite rallié la Halle Pajol, à pied et sous une pluie battante, avant de bifurquer rue de l’Olive, ses bars, ses commerçants et son marché couvert, d’ailleurs désert au cœur de l’après-midi. Equipements en partie financés par le conseil régional d’IDF, ont rappelé les politiques aux journalistes toujours aussi nombreux dans leur sillage. « C’est important de montrer que la région investit dans les quartiers populaires », a expliqué Jean-Philippe Daviaud.

Et le candidat de souligner « l’importance du 18e dans le vote de dimanche » : « Au premier tour, le résultat de notre liste est très bon dans l’arrondissement. Mais il faut encore mobiliser les électeurs en raison d’une abstention forte. Une région à gauche, c’est important pour la vie quotidienne, en matière de logement en particulier. Et puis travailler avec une région à la couleur politique identique à celle du 18e, c’est plus facile. » L’affaire est désormais entre les mains des citoyens : ils auront le dernier mot dimanche soir.

Lire aussi : Régionales 2015, forte progression du PS, effondrement des Verts

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