lundi 11 décembre 2017| 12 riverains
 

Les écologistes, deuxième force politique du 18e

L’élection européenne a montré que les principales forces politiques s’équilibraient dans le 18e arrondissement.

À rebours des scores nationaux, la mise en perspective des résultats des élections européennes dans le 18e arrondissement de Paris montre que trois blocs dominent à parts presque égales le paysage politique local : la gauche, la droite et les écologistes.

Faible progression du Front national, bond en avant spectaculaire des Verts, fort tassement du parti socialiste, maintien de la droite classique, net affaissement du Front de gauche, petite percée de la Nouvelle donne : s’il a été épargné par le séisme électoral des européennes, le 18e arrondissement de Paris, bastion socialiste depuis un quart de siècle, a enregistré néanmoins quelques petits soubresauts à partir desquels il serait hasardeux de tirer des conclusions prophétiques, vu la singularité de cette élection, en particulier un taux d’abstention supérieur à 50%.

Justement, premier fait marquant, à la différence de la plupart des autres élections, avec ses 47,6% de participation l’arrondissement a nettement mieux voté que la moyenne parisienne qui frise les 45%, et surtout, ce qui est exceptionnel, mieux que la moyenne nationale qui stagne à 43%. Cependant, l’abstention qui a été exactement de 57,4% est la troisième la plus élevée de Paris après le 19e, qui déteint le record avec 58,4%, et le 20e, où elle est de 52,8%. Dans les autres arrondissements, elle est inférieure à 50%. Ce qui confirme que c’est dans les quartiers populaires qu’on vote le moins.

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Avec 21,2 % des voix, le PS est arrivé en tête dans le bureau 37, rue Damrémont. Pour une participation de 52%.

Comme le reste de la capitale, le 18e reste réfractaire au Front national. Celui-ci n’y recueille que 9,3% des suffrages, pourcentage exactement identique à sa moyenne parisienne, mais très en-dessous des 25% nationaux. Son score parisien équivaut à moins du tiers de son résultat hexagonal ce qui représente un déficit énorme qui mériterait une analyse approfondie. Cependant ses 9,3% marquent une légère progression d’un peu plus de 2,5% par rapport à la dernière présidentielle et aux municipales cette année.

En recueillant 19,3% des voix, EELV (Europe Ecologie Les Verts) se hisse à la deuxième place juste derrière le PS qui ne rassemble que 22% des voix. Soit une chute de 21 points par rapport à la présidentielle et de 18 points par rapport aux municipales. S’il résiste dans le 18e un peu mieux que dans le 19e et le 20e (ces trois arrondissements faisant jusqu’alors figure de citadelle socialiste inexpugnable), le PS a obtenu cette fois ses meilleurs résultats dans quatre autres arrondissements plus classe moyenne (3e, 4e, 10e et 11e), dont un 25% dans le 3ème, son meilleur score. Est-ce le signe avant-coureur que son hégémonie sur le nord-est parisien populaire s’érode ?

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Les 31 listes en lice formaient de considérables tas de bulletins de vote dans les bureaux.

Parallèlement, comparé à la présidentielle et aux municipales, les Verts ont fait un bond respectivement de près de 14 et 7 points. Mais surtout, si on prend en considération le résultat de deux petites listes écologistes (Alliance écologiste indépendante – 1,7% - et le CAP - 2,2%), la mouvance écologiste totalise 23,2% ce qui la met au coude à coude avec la droite traditionnelle (UMP et UDI-Modem).

À la différence de la municipale où UMP et UDI avaient fait une liste unique qui avait recueilli 25,2% au premier tour, elles sont allées cette fois séparément à la consultation. L’UMP n’a fait que 13,9% et l’UDI-Modem 9,7%. Le total de leur deux scores donne 23,6%, ce qui représente une érosion minime de 2 points par rapport aux municipales.

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Avec 19,1 % des voix, l’UMP talonne le PS (21,1%) dans le bureau 46, rue Belliard. Où la participation s’est élevée à 55%.

En revanche, le Front de gauche fait deux fois moins bien qu’à la présidentielle où Mélenchon avait obtenu 15,3%. Cette fois-ci, il ne recueille que 8,3%. Ce score est cependant de 2,5 points supérieur à sa moyenne parisienne mais légèrement inférieur à ceux des 9e et 20e arrondissements, où il recueille ses meilleurs résultats (9,3 et 10,1% respectivement.) Pour les municipales parisiennes, Parti de gauche et PCF, principaux alliés du FG avaient fait listes à part dans les vingt arrondissements. Dès lors, on ne peut pas prendre cette élection comme élément de comparaison.

Enfin, il convient de noter la petite percée de la Nouvelle donne de Pierre Larrouturou, une sorte d’électron libre de la gauche passé auparavant chez les Verts et au PS. Il rassemble 4,9% des suffrages, un résultat au-dessus de sa moyenne dans la capitale qui est de 3,6%, et son quatrième meilleur résultat parisien. Dernier point, le laminage de l’extrême-gauche, aussi bien dans le 18e que sur Paris : Lutte ouvrière ne recueille que 0,7%, soit seulement 330 voix sur plus de 45 000 suffrages exprimés, et le NPA 1,3%, soit 602 suffrages. À elles deux, les deux formations ne parviennent pas à réunir 1 000 voix dans le 18e.

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51% de participation dans le bureau 6, rue Hermel, où les Verts l’emportent (24,3%) sur le PS (22%).

À l’issue de ces élections européennes, le paysage électoral du 18e arrondissement est assez distinct du paysage national. Il se compose de trois blocs à peu près de force égale, légèrement chacun au-dessus de 20% : un bloc constitué de la droite traditionnelle et du centre-droit, un bloc écologique et un bloc socialiste. Auxquels s’ajoutent deux satellites de force presque égale, le FN et le FG, en dessous de 10%.

Cette configuration risque d’entraîner une recomposition électorale aux prochaines régionales. Quant au paysage national, lui aussi se divise en trois blocs, mais un d’extrême-droite, un de droite traditionnelle et un bloc gouvernemental PS-Verts.

Radiographie des résultats à l’échelle parisienne

L’élection européenne a légèrement brouillé la donne politique parisienne. Ainsi, deux mois seulement après l’élection de la socialiste Anne Hidalgo à la mairie de Paris, l’UMP arrive en tête avec 22,6% des suffrages, soit un avantage de 3,5 points sur le PS. Confirmant cet avantage, le bloc droite traditionnelle et centristes fait 35,1% et le bloc socialistes et verts 32,9%.

Le PS réalise désormais ses meilleurs scores, entre 22,5% et 25%, dans quatre arrondissements centraux de classe moyenne (3e, 4e, 10e et 11e) et non plus dans ce qu’on peut appeler le haricot rose, à cause de sa configuration sur une carte - formé par le 18e, 19e et 20e -, autrement dit le nord-est populaire parisien.

L’UMP dans le 16e

C’est justement dans ces trois derniers arrondissements où ils recueillent entre 19,2% et 19,4%, que les Verts réalisent leurs meilleurs résultats et font pratiquement jeu égal avec le PS. Ces deux formations de la majorité gouvernementale recueillent, comme on peut s’en douter, leurs pires résultats dans le 16e : 3,9% pour EELV ; 8,2 pour le PS.

En revanche, c’est dans cet arrondissement que l’UMP obtient son meilleur résultat avec 46,1%. Ensuite son noyau dur est formé par les 7e et 8e arrondissements, où elle flirte avec les 40%. Son plus mauvais résultat (12,2%), elle le réalise dans le 20e

Nouvelle donne dans le nord-est

Dans les trois arrondissements du nord-est, le FN obtient des résultats frôlant son meilleur score (10,9% dans le 16e) : 9,7% dans le 19e, 9,3% dans le 18e et le 20e. Son second meilleur score, il l’obtient dans le 17e : 10,3%. L’allié de l’UMP aux municipales, l’UDI-Modem qui obtenu sur Paris 12,5% des voix, réalise son meilleur résultat dans le 6e (17%), puis dans le 7e (16,2%) et le 8e (16,1%).

Le Front de gauche ne franchit la barre des 10% de justesse (10,1%) que dans un arrondissement, le 20e. C’est dans les deux autres arrondissements voisins qu’il obtient ses deux autres meilleurs résultats, 9,3% dans le 19e et 8,3% dans le 18e. Avec 9,7%, l’UDI-Modem fait mieux que lui dans le 18e. Avec le 10e et le XIe, où elle recueille respectivement 4,9% et 5,1%, la Nouvelle donne, une formation nouvelle qui prétend être une force d’innovation sociale, fait ses meilleurs résultats variant de 4,6% à 5,1% dans le haricot rose.

Un FN ambivalent

En conclusion, cette élections européenne laisse entrevoir que des glissements dans la géographie électorale parisienne sont peut-être à l’œuvre, comme par exemple le déplacement du centre de gravité du PS des quartiers populaires vers ceux de classes moyennes, l’émergence dans les premiers du centrisme rivalisant avec le FG, d’une sensibilité à une innovation sociale avec la percée de la Nouvelle donne, et la forte progression des Verts. En revanche, la droite traditionnelle semble cantonnée dans ses fiefs classes moyennes supérieures et aisées. Quant au FN, il confirme son ambivalence, à la fois parti des classes supérieures et populaires.

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